Gérard Castella, ancien footballeur et entraîneur | Coopération
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Gérard Castella, ancien footballeur et entraîneur

11 mars 2021

 

Partout où il a montré son amour pour le football, dont il est un serviteur aimé et reconnu -ou vice versa-, Gérard Castella, 67 ans, s’est toujours intéressé à la formation, donner une chance aux joueurs d’évoluer avec la premier équipe, d’intégrer son contingent. «Mais il faut être bon», précise-t-il. 

Ce qui énerve le Genevois, c’est quand l’argent est prioritaire dans tout. «L’aspect est important pour un joueur qui a 25-26 ans, parce qu’il doit pouvoir vivre, assurer l’avenir de sa famille. Mais à 17-18 ans, quand l’argent prend le dessus sur l’aspect sportif, ça, je ne comprends pas. Tous les jours, on discute avec les jeunes, on leur dit de rester (encore) ici, où ils ont toutes les conditions pour bien progresser. Combien de jeunes joueurs sont partis à l’étranger et ne jouent pas. Il font par la suite des pieds et des mains pour revenir et ceux qui sont restés jouent en 1ère équipe. Je n’en veux pas aux joueurs, j’en veux plus à leur entourage.»

Un appel de Spycher

En 2017, Christoph Spycher (42 ans, défenseur, ancien international) directeur sportif des YB, joint Gérard Castella (les deux hommes se connaissaient pour s’être rencontrés dans le cadre des «talent manager») pour lui proposer un poste. «À l’ASF, j’y étais depuis 8 ans (2009 à 2017), le job était très intéressant, j’avais encore un an de contrat. J’avoue avoir beaucoup réfléchi. Pourquoi? Parce que j’étais à un an de la retraite.» Son contrat venait à échéance le 30 juin. Dernièrement, il a été reconduit pour une saison supplémentaire (2021-2022). 

Gérard Castella nous reçoit dans la salle des trophées, ou musée, du club bernois. Privilège. 

Affaires de principes

Un grand entraîneur a dit un jour: le système de jeu n’est pas important, ce sont les joueurs qui font l’animation...
...Le système de jeu est important, mais ce sont surtout les principes de jeu qui le sont plus. Que fait-on quand nous sommes en possession du ballon? 
Que fait-on à la perte du ballon? L’entraîneur, le coach doit avoir une idée de jeu très claire, après il doit accorder une certaine liberté aux joueurs. La possession du ballon (même à un très haut pourcentage, comme le montrait le grand Barcelone), ne garantit pas la victoire. À la fin, c’est l’efficacité qui doit est supérieure à la possession. 

En tant qu’entraîneur, faut-il se méfier des mots à l’heure de la théorie? 
Il y a la théorie du plan de match pour savoir comment on veut jouer. Ensuite, il y en a une ayant trait à la partie motivation. Là, il faut trouver les mots dans l’espoir qu’ils touchent les joueurs, aller sur un point sensible mais on ne doit jamais être arrogant,

La partie motivation

On imagine que la partie motivation...
...Oui, j’aimais bien cette partie-là, mais il ne faut pas en être prisonnier car ce n’est pas toujours nécessaire. Il est difficile de se renouveler dans la mesure où il faut éviter d’être tout le temps sur l’émotionnel.

En 1999, vous êtes entraîneur à Servette. Vous occupez la 2e place derrière le LS, que vous battez à Lausanne 5-2, le 2 juin. Vous êtes champion de Suisse. Vous souvenez-vous de ce que vous aviez dit à vos joueurs avant la rencontre?
J’avais, avec le staff, trouvé le « truc » pour aider l’équipe. Le match d’avant, le LS avait gagné contre Zurich, à Zurich. À la fin de la partie, les Lausannois avaient eu une attitude de champion, ils faisaient la fête sur le terrain. Ils étaient euphoriques. Alors qu’ils n’avaient rien gagné du tout. J’ai ressorti ces images et je l’ai ai utilisées pour ma théorie de motivation. J’ai dit à mes joueurs: le LS est déjà champion, ils nous manquent de respect. On a joué en 3-4-3 alors que d’habitude on évoluait en 3-5-2. Oui, je pense que ce jour-là, j’ai été bon (sourire)

La star, c'est...

Pour quelle faute, ou situation, avez-vous le moins d’indulgence?
Sur le fait de ne pas avoir le sens du collectif, de se la jouer perso, d’avoir un comportement individualiste, minimaliste, égoïste. Le foot est un jeu collectif et quand j’étais joueur, c’était déjà comme ça: c’est de souffrir ensemble, gagner ensemble, parfois perdre ensemble; c’est faire la passe juste, elle est aussi importante que de marquer soi-même. Les relations et les combinaisons techniques dans le jeu me plaisent beaucoup. Pour moi, l’ÉQUIPE, c’est la star.

Et votre tolérance, elle se situe où...
...Là où l’erreur est humaine: une appréciation, pour une faute tactique ou une faute technique, par exemple.

Alors footballeur, quel (autre) talent auriez-vous aimé avoir?
Ce qui m’a manqué, c’est d’avoir un peu plus de confiance et d’agressivité (saine). J’étais un bon joueur avec le ballon mais trop gentil dans les duels. A l’époque, personne ne donnait des outils pour s’en sortir. C’est aux YB (Young Boys) où j’ai appris à être plus agressif, plus dur et l’entraîneur était Konietzka (prénom Friedhelm, mais surnommé Timo, en référence à sa ressemblance au maréchal soviétique Semon Timochenko). 

Calme et réflexion

Etes-vous croyant?
Oui, mais peu pratiquant. En revanche, je sais qu’il y a quelqu’un au-dessus de nous qui nous guide. J’ai eu une éducation chrétienne, avec le catéchisme, la première communion, la confirmation. Petit, mes parents qui étaient fribourgeois, nous emmenaient le dimanche à l’église. Il m’arrive parfois de m’y rendre. Le calme incite à la réflexion. 

Quel est votre club de cœur?
Le Servette FC, bien sûr. Enfant, j’aimais déjà ce club. Sa couleur grenat. Dès 14 ans, j’y ai joué, j’ai été junior avant d’évoluer avec la première équipe. J’avais 17 ans et le coach était Jürgen Sundermann. Mais c’est Jean Snella (grand entraîneur français) qui m’avait incorporé dans la 1ère équipe. Il faut toujours remercier la personne qui t’a donné la première chance et avoir une pensée pour elle. Et j’y ai passé 3 ans comme entraîneur. Ça marque un homme. 

Plus beau qu'un titre

Votre carrière est riche. Y a-t-il encore de la place pour un rêve?
Je ne parlerai pas forcément de rêves mais plutôt d’objectifs: c’est developer encore la formation, d’amener encore plus de joueurs en 1ère équipe de YB, leur faire comprendre ce qu’est le haut niveau. Mon plaisir? C’est voir un jeune joueur en 1ère équipe. Pour la formation, c’est encore plus beau qu’un titre de champion. 

Avez-vous des obsessions?
Oui, je suis obsédé par la technique, les contrôles, la première touche de balle, l’orientation, le fait d’avoir les 2 pieds. Il s’agit d’aspects très importants. Tu peux répéter tous les mouvements possibles mais si la technique ne suit pas, tu auras de la peine à jouer à un haut niveau. On perd un match plus fréquemment techniquement que tactiquement. 

Un monde égoïste

Qu’est-ce qui vous déplaît dans le monde d’aujourd’hui.
On est dans un monde d’égoïste, où l’intérêt personnel passe souvent avant l’intérêt collectif. On vit aussi dans un monde de la communication mais j’ai le sentiment que les gens se parlent de moins en moins, que les échanges entre quatre yeux se font rares. Je «maîtrise» les outils de communication, mais ce n’est pas ma génération. Je les utilise beaucoup dans le travail, mais je préfère les vrais contacts plutôt que les SMS ou les mails.

Que détestez-vous, par-dessus tout?
L’injustice. Je suis sensible à ça parce que je suis issu d’une famille nombreuse et modeste. Le fossé s’agrandit de plus en plus entre les gens qui n’ont rien et les riches. Il y a des pays qui ont du pognon et le peuple crève de faim, des enfants qui ne peuvent pas se nourrir. L’exploitation d’organes ça me dégoûte, l’abus sur des enfants aussi. J’associerai à tout ça ceux qui maltraitent les animaux. Et je suis inquiet pour la planète, elle souffre, on doit faire quelque chose rapidement. 

Y a-t-il un métier que vous n’auriez pu jamais exercer?
Croque-mort.

Palmarès

  • Gérard Castella est né le 2 mai 1953 à Genève.
  • Ancien joueur de football -milieu de terrain - et entraîneur.
  • Depuis 2017, il est chef de la formation aux Young Boys. Il est le coach des coaches puisqu’il est responsables des entraîneurs des M17, M18 et M21. Il fait aussi le relais entre l’entraîneur des M21 et l’entraîneur de la 1ère équipe. 
  • Gérard Castella fait partie de la Commission sportive du club « On se réunit 6 à 7 fois par an, pour parler stratégie, notamment. » Et il fonctionne comme « bras droit » au plan technique et du coaching des entraîneurs et sur le suivi des joueurs M17, M18 et M21.

SON PARCOURS DE JOUEUR: 1971-1975: Servette. 1975-1977: CS Chênois. 1977-1979: Young-Boys. 1979-1983: Lausanne-Sports (LS).

SON PALMARÈS DE JOUEUR: vainqueur de la Coupe de Suisse 1981 avec le LS. 240 matches de LNA. International Juniors et Espoirs.

SON PARCOURS D’ENTRAÎNEUR: 

  • 1983-1985: Etoile-Carouge. 1985-1986: Vevey. 1986-1987: Meyrin. 1987-1989: Etoile-Carouge. 1989-1993: Urania Genève Sport (UGS). 1993-1996: Meyrin. 1997-1999: Servette. 2000-2002: Etoile-Carouge. 2002-2003: Saint-Gall. 2003-2006: LS. 2006-2008: NE Xamax. 2008-2009: Servette. 
  • De 2009 à 2017, il a été entraîneur des équipes de Suisse juniors M18, M19, M20. 
  • Entraîneur, il a été champion de Suisse avec Servette en 1999. Champion de Suisse avec NE Xamax en 2007 ( LNB, promotion en LNA) et avec UGS (1990), 1ère ligue, promotion en LNB. 

SON PALMARÈS D’ENTRAÎNEUR

  • Avec Etoile-Carouge, promotion en LNB en 1984.
  • Avec UGS, promotion en LNB (Champion de Suisse de 1ère ligue) en 1990.
  • Avec le FC Meyrin, 2 promotions: (de 2e ligue jusqu’en LNB) en 1995 et 1996.
  • Avec Servette, champion de Suisse en 1999.
  • Avec le LS, il a fêté 2 promotions (de 2e ligue inter jusqu’en LNB), en 2004 et 2005.
  • Avec NE Xamax, promotion en Super League (champion de Suisse LNB) en 2007.
  • Il a été durant 20 ans, consultant football à la TSR devenue RTS. Il l’est encore à la Radio romande, quand on le sollicite pour des événements majeurs.
  • À Genève, Il a effectué un apprentissage de compositeur-typographe durant 4 ans, - il y est resté jusqu’à l’âge de 30 ans - à la Société générale d’imprimerie. « C’était la caverne d’Ali Baba. » 
  • Il a travaillé durant 10 ans à la SBS (à la caisse puis à la comptabilité). 

 

Vidéos 

Journal Canal reçoit Gérard Castella

Servette coiffe Lausanne et GC au poteau en 1999 

 

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