Jacky Delapierre, grand dirigeant | Coopération
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Jacky Delapierre, grand dirigeant

08 juin 2021

 

Dans quelques jours, Jacky Delapierre, enfant de Prilly, fêtera son anniversaire, trouvera 69 bougies allumées sur le gâteau, qu’il s’agira d’éteindre d’un souffle. Le patron d’Athletissima - meeting planétaire - a du coffre, une envergure. Il est un grand dirigeant respecté et un héros au quotidien, que l’on aime à suivre, et, sa modestie dut-elle (toujours) en souffrir un des derniers sinon le dernier boss humain. «Mes parents n’avaient pas d’argent. Je sais d’où je viens. N’ayant pas  d’appuis nécessaires, je n’ai pas pu faire d’études. Comme je n’étais pas un bon élève à l’école, que je n’aimais pas, j’entends encore des professeurs me dirent: «Vous ne ferez rien dans la vie!» 

Une saine curiosité

Ce qu’ils ne savaient pas ces pédagogues, par refus de voir ou de savoir, c’est que l’élève Jacky Delapierre était d’un naturel curieux, désireux d’apprendre et voir des choses, de savoir la vie; des choses de la vie. Il ne cherchait pas à se faire un film, plutôt à approfondir et à analyser des circonstances le regardant. «Je suis un autodidacte en totalité qui a su saisir les opportunités.» Et quand il entend dire «Quelle chance tu as de faire ça!», il se braque. «La chance, on l’a au loto: c’est cocher les cinq bons numéros. La chance, elle se conquiert, c’est celle que tu es allée chercher en travaillant, que tu as séduite si souvent qu’elle t’a choisi. Si j’en suis là (très sollicité Jacky Delapierre au bénéfice d’un réseau énorme s’est investi dans de multiples autres d’engagements), c’est parce je suis lié par le travail, pas par la chance.»

A la Vaudoise

Il a effectué Jacky Delapierre, un apprentissage de commerce, gravissant un à un les échelons dans divers lieux, avec assurance, jusqu’au poste de Directeur  régional à la Vaudoise. Il est plutôt terrien que citadin. «À l’époque, j’ai travaillé dans des régions situées à l’extérieure d’une ville et là j’ai compris que sans une équipe autour de toi, tu ne peux pas faire grand chose. J’ai compris, aussi, que ces gens-là savaient ce qu’était la vie; avec eux, à leur contact, tu apprends ce qu’est l’humilité.» 

Dans l’aventure Athletissima en piste depuis 1977, les retours sur terre de Jacky Delapierre, après d’innombrables voyages lointains ou pas en avion ont été une source de réconfort consistant à revoir un entourage rassurant. L’enthousiasme  était supérieur aux éreintements, cet état est toujours valable aujourd’hui, dans la mesure où ce patron dynamique n’est pas dans le narcissisme, mais dans la quête de partage. Parce que c’est humain, indispensable, ne serait-ce que pour comprendre le vrai de la vie. 

Le détail est important

Etes-vous un perfectionniste?
(Du tac au tac)-Non, mais je suis très exigeant, j’ai un caractère fort, quelqu’un de très respectueux. Dès fois, je suis un peu chiant mais le détail est important. Jamais je n’ai eu un mot blessant vis à vis d’une personne. Si je monte d’un ton, c’est pour m’élever contre un résultat qui ne va pas. Des personnes ont appris des choses par ce contact-là, qui contient toujours un fond de vérité. Il ne faut pas être naïf, il faut respecter les gens.

Mais certaines se sont senties peut-être blessées...
...Ce qui m’ennuie, c’est que des gens se sentent ou se soient sentis blessés. Ça me laisse des traces parce que ce n’est pas ce que je voulais. Néanmoins, j’ai un peu de peine à supporter l’incompréhension des personnes par rapport à certaines de leurs habitudes. 

Si vous étiez un politique, pour quel parti vous engageriez-vous? 
Le parti radical, j’ai ma propre politique de droite. Le sport et la politique n’ont jamais fait bon ménage, cela s’est toujours mal terminé. Je choisi ma politique au travers du sport. Je m’adapte. 

Le dépassement de soi

Dans le monde de l’athlétisme, qu’aimez-vous plus particulièrement?
J’ai pratiqué ce sport, l’exigence réclamée aux entraînements me plaisait bien. Le défi est personnel. La préparation est individuelle, elle permet une certaine souplesse, quand la situation l’exige. L’athlétisme, c’est le dépassement de soi, qui est propre à tous les autres sports individuels. Vous ne pouvez pas tricher, en athlétisme, tout est mesuré et chronométré. Cette exigence et cette rigueur, on les retrouve partout, elles m’ont aidé dans ma vie professionnelle. 

L’athlétisme cherche à développer son attractivité. Vous êtes un visionnaire. Comment voyez-vous son avenir?
Cela doit passer par plus d’universalité, pour se rapprocher du top niveau. Ce sport doit encore aller découvrir l’Océanie et l’Afrique. On a encore du chemin à parcourir pour que les structures tiennent la route, pour être à la hauteur de beaucoup d’autres sports. La Fédération mondiale et les 5 autres fédérations continentales n’ont pas réussi à unifier les structures car il y a en jeu des intérêts financiers, politiques et personnels. Au niveau des meetings, ça se passe bien parce que nous travaillons ensemble, l’entente est bonne pour la bonne et simple raison que nous sommes une grande famille.

Cuisiner? Une évasion

Vous aimez cuisiner, inventer des saveurs. Auriez-vous pu ouvrir un restaurant? 
Non, mais je recherche également l’excellence en cuisine, la création de plats élaborés. Il faut que cela soit fin. Je suis éclectique, je fais aussi bien des bricelets qu’un rouget à la minute. La cuisine, pour moi, c’est une détente inspirante. Je suis dans un autre monde.

Vous rappelez-vous un plat de votre enfance?
Le poulet. Comme ma famille n’avait pas de sous, le dimanche, on mangeait du poulet. Ma maman, avec rien, elle faisait tout. On a toujours bien mangé et sainement. Ma grand-maman m’a appris que pour cuisinier il faut utiliser deux ingrédients: le sel et le poivre. Je «fais» bien les spaghettis cuits à la poêle.

La recette?
Vous cuisez les spaghetti dans l’eau durant 3-4 minutes, pas plus. Ensuite, vous prenez la poêle dans laquelle vous mettez du poivre concassé, que vous faites chauffer. Quand tout est à point, vous mettez les spaghetti dans la poêle avec deux louches d’eau de cuisson. Puis, lorsqu’ils sont al denté, vous prenez du Parmesan que vous râpez et vous brassez le tout. Pas de beurre, pas d’huile. C’est exceptionnel.

En tant que dirigeant œuvrant dans le monde du sport, vous n’avez obtenu aucune distinction, ni même nommé...
...J’avais été désigné manager vaudois et manager romand. Le trophée que j’avais reçu, je l’ai déposé au bureau. Le succès? Vous ne l’obtenez pas tout seul. Vous été honoré, mais il y a toujours une équipe derrière vous et si je ne peux pas partager ce moment, ça ne m’intéresse pas de le vivre.

Mike Powell, une référence

Quels sont les athlètes figurant à votre Panthéon?
Mike Powell, qui est mon athlète de référence. Bien que toujours détenteur du record du monde du saut en longueur, il est resté le même. Il y aussi Allen Johnson (110m haies), qui est venu 13 fois de suite à Athletissima. Et chez les dames, l’Américaine Farmer-Patrick sur 400m haies. Sandra courait avec une jupette, elle savait faire le show, en restant humble. Quand un athlète a du succès, ça devient parfois un peu plus compliqué.

Avec quel genre d’athlète avez-vous plus de peine?
De manière générale, je n’aime pas la suffisance. J’éprouve de la peine avec des athlètes qui pensent être des stars mais qui ne le sont pas. Des vrais stars? John Walker, Carl Lewis, Usain Bolt. Avec ce genre d’athlète, il n’y a jamais de problème. «Ne t’énerves pas, Jacky, je prends le bus», m’ont-Il dit. Ici, il n’y a jamais eu d’athlète avec des caprices, on ne m’a jamais demandé une Bentley. Des athlètes ont émis des exigences, qui n’étaient pas des caprices, qui n’ont rien à voir avec leur rang. Si Usain Bolt mangeait après les autres, c’est parce qu’il voulait être tranquille. C’est tout.

Curiosité inspirante

Une personne vous a-t-elle inspiré tout au long de votre parcours athlétique?
Ma curiosité. J’ai toujours apprécié de me rendre sur des grands événements pour voir comment ça se passe, «piquer» des idées, par exemple, et me poser des questions du genre: comment je pourrais les appliquer à Athletissima et si je le fais, y’a-t-il une valeur ajoutée? Je me suis rendu à quelques reprises à la Coupe Spengler à Davos. Dans la station, il y avait des oriflammes, j’ai trouvé ça génial, j’en ai parlé à qui de droit à Lausanne, et tout le monde fut conquis. Cela a passé, notamment, par l’achat de 200 poteaux en aluminium. On est à l’origine du retour des oriflammes à Lausanne.

Qu’est-ce qui vous plaît dans la vie qui est la vôtre?
J’ai eu la liberté de pouvoir faire ce que je voulais. Je le dois à ma famille, à mon employeur, ça n’a pas de prix.

Le temps qui passe vous fait-il peur?
Non, parce que je suis fataliste. Je n’ai qu’une vision, elle a trait à la pérennité de l’événement Athletissima. J’ai eu beaucoup de vies dans ma vie: familiale et professionnelle, sportive et tout ce que j’ai réuni et réussi, je le dois aussi à mon expérience éprouvée, ressentie et partagée.

Quel est le talent que vous aimeriez avoir?
J’aimerais savoir chanter. Quand je suis en voiture avec mes petits-enfants et que je me mets à chanter, ils me disent d’arrêter, ils se fichent de moi (rire). On s’amuse bien. Cela étant, je suis un fan d’opéra. 


Palmarès

  • Jacky Delapierre est né le 2 juillet 1952 à Prilly.
  • Ancien athlète et il est le patron d’Athletissima depuis 1977, année du premier meeting.
  • Il a été un coureur de demi-fond. Ses records personnels? 48’’3 sur 400m et 1’49’’22 sur 800m.
  • A plusieurs reprises, il a été champion de Suisse junior, et il a été médaillé d’argent chez les élites. 
  • Il a participé aux championnats d’Europe junior.
     

Vidéos 

Athletissima, Jacky Delapierre

Athletissima, Jacky Delapierre,2

 

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