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Michael Ngoy, ancien grand hockeyeur

01 juin 2021

 

Il a mis fin à sa carrière, Michael Ngoy, 39 ans, le 5 avril de cette année pas comme les autres, très compliquée. À Ambri, à la feu Valascia, lieu mythique, qui a laissé sa place à une nouvelle patinoire, opérationnelle bientôt. Adieux à huis clos pour le Vaudois emblématique, légende de son sport avec, selon les comptables, 1042 matches de LN à son compteur. «Physiquement, avoue-t-il sincèrement, face au soleil à Bellinzone, ville aimée mais qu’il quittera bientôt pour emménager avec sa famille du côté de Châtel-St-Denis, j’aurais pu jouer encore 3 ou 4 ans. Des tests l’ont prouvé. Mais ma tête était déjà partie et si à mon âge il n’y a plus le mot hockey écrit en majuscule dedans, ça ne va pas.»

Une école en ligne

Depuis un certains temps, Michael Ngoy rencontre plein de gens différents qui ont des projets. Il est entré dans le monde de la communication-marketing. En 2019 il a créé sa société NCAcademy (Ngoy Connected Academy, le siège se trouve à Fribourg) qui a accueilli ses premiers élèves en 2020. «Le siège, dit-il, n’est pas important dans la mesure où tout de passe à distance. Pour imager, on est une école en ligne. On travaille avec une plateforme informatique, qui a été notre plus gros défi. Il fallait que l’utilisation des services applicatifs de cet environnement soit accessible à tout le monde, quel que soit le moyen: tablette, ordinateur, téléphone, etc.» (www.ncacademy.ch).

Des sportifs ou pas

La NCAcademy ne délivre pas de brevet fédéral, décerné uniquement par la Confédération «Mais notre travail consiste à préparer les personnes pour les examens. Nous les accompagnons», souligne Michael Ngoy. Cette académie propose des formations professionnelles en gestion d’entreprise, mais elle va se développer, viser d’autres formations (ressources humaines, notamment). Le temps travaille pour elle. «Je n’enseigne pas, précise-t-il, si je le faisais, je ne serais pas crédible. Comme le serait un directeur d’école s’il était agent de joueurs. Des formateurs travaillent pour nous. Ce sont des gens d’expérience (pratique) et de qualité.» La NCAcademy aide, notamment, les sportifs dans leur reconversion professionnelle «Mais la demande est tout aussi importante sinon plus chez les non-sportifs» ajoute Michael Ngoy. «En principe un brevet fédéral est convoité par une personne qui a déjà de l’expérience. »

Dans la tranquillité

Votre carrière de hockeyeur au plus haut niveau a duré 20 ans et vous y avez mis fin, à 39 ans. Comment expliquez-vous cette longévité extraordinaire? On dit que vous êtes casanier. Est-ce un début d’explication?
(Il sourit)-...L’endroit où je préfère être, c’est à la maison, c’est vrai, avec ma femme et mes enfants (Michael Ngoy a 2 filles et deux garçons). En fait, j’ai toujours été comme ça, à la recherche de la tranquillité, même avant d’avoir des enfants. L’hygiène de vie? Bien sûr, elle est importante, vitale, si on veut durer, éviter que ça coince. Tout autre choix est impossible. Quand le hockey était en pause (entre-saison), je me rendais au fitness, je bossais comme un fou. Encore aujourd’hui, je suis au fitness tous les jours et je «fais» du vélo. Il m’arrive de rentrer à la maison dans un état...

Pubalgie chronique

Vous avez été rarement blessé, on se trompe?
J’ai vécu des saisons compliquées (2008-2010). Je jouais avec FR Gottéron. J’ai souffert d’une pubalgie chronique, des adducteurs. Au hockey sur glace, ce sont eux qui sont le plus sollicités. Ça a duré 3 ans.

L’idée de tout arrêter vous a-t-elle effleuré l’esprit? 
Oui, parce que je n’arrivais pas à m’en sortir. Une autre fois, je m’étais sorti une épaule, on m’a opéré, mon indisponibilité a duré 5 mois. On te le dit et tu serres les dents, sachant que tu vas pouvoir rejouer au hockey, guéri. Avec la pubalgie, tu ne sais pas, sur les radios tu ne vois rien. Le club n’a rien pu faire. Je me suis rendu aux Etats-Unis à mes frais. Il fallait que je m’en sorte. Il n’y a pas de recette miracle: quand tu as une pubalgie il faut guérir à 100% pour se débarrasser de toute appréhension. Sinon, c’est la récidive.

Merci M. Serge Pelletier

Quand votre carrière a-t-elle véritablement commencé? Qui l’a orientée?
En 2006-2007, à l’arrivée de Serge Pelletier en tant qu’entraîneur à Fribourg. 
Il m’a conseillé et appris plein de choses, a défini mon rôle et ses contours. Là c’était parti, je savais que j’en aurais pour 10 ans. Au moins. Au LHC lors des 4 premières saisons, je me cherchais un peu, j’avais plein de doutes. 

L’adrénaline, elle se manifestait comment?
Avant un match, tout mon corps était en alerte et l’excitation était particulière: ça te prends aux tripes, dans la tête, il y a de la rage, en fait, c’est difficilement explicable, les sensations sont uniques. Cette saison (2020-2021)? Avec le huis clos, je n’ai ressenti aucune adrénaline. Rien. Comme d’autres sports, le hockey ne peut pas vivre sans public. Le public le grandit, le public te subjugues, l’état de grâce n’est jamais loin. 

En 20 ans de carrière, avez-vous rencontré la routine?
La routine débouche sur du négativisme. Avec elle, tu es «mort». Au hockey, tu peux «faire» tous les jours la même chose, mais la performance, elle seule, sera différente. C’est là qu’intervient un énorme travail mental, par une remise en question quotidienne. Parce que tu n’as aucun contrôle sur ta performance, qui dépend de tellement de choses. 

Les réseaux sociaux

Dans le quotidien, qu’est-ce qui vous énerve?
La société change mais il faut s’adapter. Les réseaux sociaux m’énervent. À la maison, quand mes enfants sauront ce que c’est, ce que ça veut dire, leurs méfaits, ça va être la «guerre». Ça me rend malade. Il faudra être persuasif, très fort dans les explications.

Quel est le principal trait de votre caractère?
C’est d’être toujours le meilleur. Je suis un compétiteur-né et le fait d’être un gagneur m’a permis d’arriver aussi loin, et de tenir aussi longtemps. J’aime le hockey mais je ne suis pas un amoureux du hockey. 

Le poisson maudit

Est-ce seulement le jeu de hockey qui a maintenu votre enthousiasme?
Il y a le jeu, bien sûr, qui ne me manque pas, aujourd’hui. Mais le vestiaire, oui. C’est l’endroit où on apprend à vivre ensemble et où tout se dit, un vestiaire est rempli d’âmes, les émotions s’y entrechoquent. Un match se gagne là, dans cet endroit qui nous appartient. Je me rappelle un 1/4 de finale de play off. Avec FR Gottéron, nous avions éliminé le grand Berne (saison 2007-2008). C’est dans le vestiaire qu’on avait dessiné notre succès. 

Quel est le métier que vous ne ferez jamais?
Pêcheur. Quand je vois un poisson frétiller, je peux m’évanouir, je peux vomir. Je n’en ai jamais mangé. Cette phobie des poissons je ne me l’explique pas et je l’ai depuis tout le temps. Quand mes enfants en mangent, je détourne mon attention. 

DG d'un club?

Pour vous, le connu est-il toujours rassurant?
Oui, évidemment. Présentement, je me trouve dans une phase d’inconnus, ce qui est excitant. Je vais emménager dans la région de Châtel-St-Denis, que je ne connais pas, mes enfants vont-il s’acclimater? Sur le court terme cette fois, mon académie va-t-elle bien fonctionner? Marcher? Au hockey si tu performes, tu va pouvoir continuer. Le contrat te garantit un salaire, mais ça ne te garantit pas où tu va jouer.

Serez-vous un jour à nouveau dans le monde du hockey?
Je me verrai bien directeur général d’un club, dans l’administratif. On peut me contacter, tout est ouvert.

Palmarès

  • Michael Ngoy est né le 10 janvier 1982 à Lausanne.
  • Ancien hockeyeur, défenseur. Il a été professionnel durant 20 ans et a mis fin à sa carrière le 5 avril 2021 au terme de la rencontre entre Ambri, son club, et FR Gottéron (2-3).
  • Il a disputé en LN (ligue nationales) 1042 matches.
  • Il a joué au LHC (1998 à 2005, Élites A, LNB, aujourd’hui Swiss League, et en LNA, aujourd’hui National League. 
  • Puis avec FR Gottéron (2005 à 2016). Enfin avec Ambri (de 2016-2017 à 2020-2021). 
  • Michael Ngoy a connu la promotion en LNA avec le LHC en 2001.
  • Il a été international suisse à une vingtaine de reprises. 
  • Il est au bénéfice d’un Brevet fédéral de spécialiste technico-gestionnaire, obtenu en 2017.

 

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