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Oscar Londono, ancien footballeur

29 avril 2021

 

Oscar Londono a fêté ses 50 ans en février et il est serein; comme apaisé. Sa grandeur d’homme est restée la même, façonnée là où il est né et cultivée tout au long de sa vie, riche en rencontres et en expériences. La famille a toujours été son socle. «A mon âge je relativise, je n’ai plus envie de me soucier de ces petits détails qui perturbent, qui te bouffent de l’énergie pour rien. J’ai pris du recul, la COVID est arrivée, d’autres priorités aussi et la famille en est une. J’ai perdu des amis chers et je relativise beaucoup, depuis. On joue au football, on peut en voir à la TV et s’il n’y a pas de spectateur ce n’est pas la fin du monde. Il faut faire avec ou sans les choses; les prendre ou les considérer comme elles sont, comme elles devraient être.» 

Ainsi, Oscar Londono est un sage aimé, qu’il fait bon suivre, qui dit des choses, après analyses. «Je ne suis pas du genre à tourner autour du pot.» Cet homme de cœur, nous l’avons rencontré ou plus justement retrouvé à Nyon, en face de l’UEFA, au Centre sportif de Colovray. La mi-temps a duré 60 minutes.

Le bateau au quotidien

Il est né en Colombie, à Bucaramenga, la ville des parcs. Puis, il a bourlingué, un peu. Oscar Londono, 50 ans, a eu durant des années, où des saisons pour parler le langage football, un pied en France voisine et l’autre à Lausanne, de l’autre côté du lac Léman. Il jouait avec le LS. «Tous les jours, se rappelle-t-il, le regard pétillant, j’ai pris le bateau. Durant 4 ans. J’étais un frontalier. À force, le capitaine me reconnaissait et c’était un mordu du LS. Il m’a eu invité dans la cabine de pilotage. Il m’a même permis de tenir la barre du gouvernail. C’était magnifique! On partait de Lausanne et il me disait: regarde le radar, tu prends cette direction, tu vois le Casino d’Evian, va tout droit.» Forcément inoubliable. 

Après avoir quitté sa famille tôt, à 11 ans, ses grands-parents, où il habitait, et résidé à Djibouti (pays de l’Afrique de l’Est) où son beau-père y avait ouvert la première laiterie dans cette République, Oscar Londono a posé ses bagages à Evian. «J’ai effectué des études littéraires dans un internat de cette ville; mais un jour j’en ai eu marre, je ne me voyais pas mon avenir dans ce domaine étant plus attiré par les langues.» Il a alors entrepris des études commerciales. «J’ai un bac en poche.» Les études? « J’ai croché pour faire plaisir à mes parents (il sourit) parce que dans ma tête, il y avait le football, que lui. Combien de fois je me suis répété, en fait tout le temps: «Oscar, il faut que tu réussisses, Oscar tu dois réussir.» Mission accomplie avec talent, celui qui a toujours le dernier mot.

Nuits au débarcadère

Vous est-il arrivé de rater le bateau?
Oui. Après un match joué à l’extérieur; à Saint-Gall, par exemple, quand on rentrait très tard. Alors je dormais dans la salle d’attente du débarcadère. Je n’avais pas un gros salaire; surtout, je ne voulais pas embêter des gens. Sitôt arrivé chez moi quelques heures et une traversée plus tard, la première chose que je faisais, c’était me reposer. Le lendemain d’un match, on avait congé.

Une saison à Sion

Avant de retrouver le Stade nyonnais en septembre 2020 - Oscar Londono  a été le coach de la première équipe de 2016 à 2018- vous avez été l’adjoint de Stéphane Henchoz, alors entraîneur du FC SIon.
En mai 2019, Frédéric Chassot, alors membre du FC SIon, me contacte et me demande si j’étais intéressé par ce poste. D’abord surpris, je lui demande: qui est l’entraîneur? Je travaillais chez Schneider Transports à Meyrin (depuis très longtemps), je leur ai expliqué la situation et ils m’ont libéré. En parallèle j’avais un engagement chez Team Vaud à Lausanne, structure de formation qui a pour but d’améliorer la formation des jeunes les plus talentueux. Je l’ai quittée aussi. À Sion, je me suis engagé pour un an, avec un contrat pro portant jusqu’en juin 2020, en n’excluant pas de prolonger l’aventure pour le cas où il devait y avoir une suite.

Et Henchoz a quitté le club...
...C’est lui qui est parti, il n’a pas été viré. Après une bonne série, l’équipe a perdu quelques matches, elle était toujours qualifiée en Coupe de Suisse. La direction du club lui a imposé un autre adjoint (Christian Zermatten), qui s’est retrouvé à mes côtes. Stéphane n’a peut-être pas apprécié qu’on lui impose une personne. Ricardo Dionisio a été nommé à Noël. Il était mon assistant à Nyon quand j’étais coach de la 1ère équipe (elle joue en Promotion League). Dionisio a été licencié. J’ai quitté le FC Sion aussi, au terme de mon contrat. 

Et Christian Constantin?
Il ne s’est jamais mêlé de nos entraînements, il n’a jamais critiqué nos choix, ceux du coach. Il n’y a jamais eu de chicanes entre nous. Lui et moi, on s’est quittés en très bons termes.

Les émotions du jeu

Qu’aimez-vous par dessus tout dans le football: le jeu, son milieu ou tout ce qui l’entoure?
Le jeu, bien sûr. Le fait d’avoir été joueur dans ma tête. Les émotions liées à ce sport, les bonnes connections sur le terrain, avec tel ou tel joueur. J’aime la vie de groupe, les ambiances et les odeurs d’un vestiaire. On vit dans une bulle, et elle est vraie. 

Au fil des années, qu’est-ce qui vous a transformé personnellement? 
Jusqu’à 18 ans, j’étais un attaquant, je marquais des buts. Puis, j’ai reculé, j’ai joué comme milieu défensif, plus tard comme latéral droit et défenseur central. Avant je n’allais pas aux duels, j’y suis allé par la suite parce que mes différents postes l’exigeaient. Ça m’a transformé, mon registre a évolué et s’est complété. 

Et ces transformations,  ces adaptations...
...Je les ai connues durant presque toute ma carrière et je me sers de ça, de ce bagage, de ces multiples positionnements pour transmettre aux jeunes ce qu’ils requièrent. Je comprends ces postes pour les avoir servis et analysés. 

Retour au stade nyonnais

Depuis septembre 2020, vous êtes responsable technique junior au Stade nyonnais....
...Je supervise le mouvement junior, composé de 13 équipes. Je planifie les entraînements, je recherche des entraîneurs - Il y a eu un certain nombre de départs l’année dernière-, je forme des coaches. J’assiste à des matches, je suis tous les jours à Colovray. Il y a énormément de choses à mettre en place, 
il faut penser à la prochaine saison. Je suis en lien avec le président junior. Je suis là pour aider. Les tâches sont nombreuses et on commence à avoir de la stabilité au niveau des jeunes. 

Votre contrat au Stade nyonnais...
Oscar Londono joint le geste à la parole - Un serrage de mains. 
 
Que vous ont transmis vos parents?
Le respect, qui est la base de l’éducation, l’honnêteté et la serviabilité, les valeurs liées au travail. 

Plus formateur que coach

Quelle est votre philosophie, dans le football?
Je suis plus un formateur qu’un coach. J’aime découvrir des joueurs, des talents, les suivre, tout faire pour qu’ils puissent, un jour, évoluer avec une première équipe. Quand cet accompagnement-là abouti, je peux vous dire que la satisfaction est énorme. Il faut de la patience et elle doit se situer de part et d’autre. J’ai aussi été entraîneur des jeunes à Servette. J’en ai vu un certain nombre accéder à la 1ère équipe. Quel bonheur! Je leur disais: «J’ai effectué ma part de boulot, à vous de faire le vôtre pour rester au plus haut niveau.»

La patience, justement...
...Elle n’est pas donnée à tout le monde d’autant qu’aujourd’hui et de plus en plus, les gens veulent tout tout de suite. Même si un jeune éprouve de la peine au début, il faut être patient, lui donner un chance, lui faire comprendre ça. Je lutte contre la sanction immédiate, contre les adeptes de la science infuse. On est là pour apprendre, d’ailleurs on apprend toute sa vie. Même si je connais un peu le football (modestie...), j’apprends tout le temps, des autres surtout. Il faut savoir apprendre des autres.

Palmarès

  • Oscar Londono est né le 7 février 1971 à Bucaramanga (Colombie). Il est au bénéfice du passeport suisse depuis 2001.
  • Ancien joueur de football. Sa carrière professionnelle a duré 20 ans (de 18 à 38 ans).
  • Il a remporté la Coupe de Suisse avec le LS en 1998 et en 1999 et avec Servette en 2001. 
  • En 2000, il a été finaliste avec le LS (défaite contre Zurich).
  • Oscar Londono a évolué avec le LS (1990-1994), Granges (1994-1995), Kriens (1995-1996), retour au LS (1996-2000), Servette (2000-2008).
  • À Servette, il a été responsable des M21, puis entraîneur-adjoint de Joao Alves, jusqu’en février 2012. En janvier 2014 il quitte Servette (dissension avec l’ancien  portier Pascal Zuberbühler, avec lequel «Ça ne passait pas.»
  • De 2016 à 2018, il a entraîné la 1ère équipe du Stade Nyonnais (Promotion League).
  • Il a été entraîneur-assistant de Stéphane Henchoz au FC SIon.
  • Depuis le 1er septembre 2020, Oscar Londono est responsable technique au Stade nyonnais. Il supervise le mouvement juniors.
     

Vidéos 

FC Sion, entrainement, ici

Les enfants du Servette, ici

Nyon-Kriens, 2018, ici

 

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