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René Gloor, ancien grand athlète

15 juin 2021

 

Enfant, il ne dessinait pas très bien. «Néanmoins, j’aimais déjà le dessin», se rappelle René Gloor, 64 ans, ancien grand champion en athlétisme, homme à plus de 8 mètres, il y a une quarantaine d’années, athlète en avance sur son époque. Et puis, il y a 5 ans, par hasard, il s’est mis à peindre et les couleurs ont pris, à l’image de la sauce pour un cuisinier. 

Atteint alors dans sa santé, la peinture a été, pour René Gloor, une thérapie. 
Un art qui évite de gamberger alors que les médicaments altèrent l’estomac. «Cette activité nouvelle pour moi a décuplé mon intérêt.» Il regarde le décor autour de lui, avec ses répartitions de lumières. «Avec les couleurs, il y a eu un échange, sorte de dialogue intimiste, puis des mélanges inconnus, enfin des expérimentations touchant diverses techniques.»

Riedbachstrasse 71

Selon les sujets, nés de son imagination surtout, René Gloor sait de quelles couleurs il a besoin. «Parfois, des effets surgissent, sont renversants, je suis surpris. Il aime la nature, les ballades, ce qui est beau et René Gloor prend des photos. «Il m’arrive, aussi, d’en prendre en regardant un journal. Il faut savoir s’inspirer de tout.» Dans ses peintures acryliques, sur toile ou papier, il y a de la profondeur, une belle imagination, des couleurs vives et travaillées, sur des sujets divers développés par son talent. Car René Gloor en a, avec le plaisir-passion comme alliés. Il faut aller voir son exposition, à Berne, Riedbachstrasse 71 (B20 serviced apartments), qui se tient jusqu’au 28 juillet 2021 (de 9 à 17h).

Qui vous a inspiré?
J’ai suivi des cours à Morat. J’ai été inspiré par Ines Dubois, qui m’a appris beaucoup de choses, la joie de peindre. À Anet (commune bernoise appelée Ins en allemand), où je me rends aussi, il y a Stefanie Bersot, avec laquelle j’échange aussi. Leur technique m’inspire, je me sens proche de leur vision, de cette connaissance. 

Jamais fini !

Etes-vous d’accord si je vous dis que la peinture, à l’image de votre grande spécialité en athlétisme le saut en longueur, est un alliage de mouvements et de technique?
En peinture, le mouvement n’est pas le plus important, néanmoins, il existe une relation artistique-technique, comme le fait d’améliorer sa performance. Au départ, dans les deux domaines, tout était inconnu. Au saut en longueur, tu ne sais pas à combien de mètres tu atterriras. Dans la peinture, tu as une toile devant toi, tu as une idée et les possibilités sont immenses. Tu ne sais jamais quand tu as fini.

Mais il y a bien un moment où vous décidez que...
...Oui, chez moi par exemple, j’accroche une toile, une semaine après, je me dis que c’est pas mal ou alors, je la reprends et je la retravaille avec d’autres couleurs. Je suis attentif aux couleurs, aux proportions. La couleur n’est pas plus importante que le sujet, c’est la manière dont elle est disposée qui l’est. 

Dali a dit

Cette exigence, cette recherche de la perfection...
...Je l’avais quand j’étais athlète, elle ne m’a jamais quittée. Je n’étais jamais content. Je suis resté critique envers moi-même. Dans la vie j’ai à chaque fois cherché le chemin pour s’améliorer. Encore aujourd’hui. On retrouve le sportif que j’ai été. La perfection? Salvatore Dali en parle. Il a dit: «N’aie pas peur de la perfection, tu n’y arriveras jamais.» J’ai trouvé ça tellement beau que ses paroles figurent sur ma carte de visite. 

À considérer ce qui vous arrive, regrettez-vous de ne pas avoir commencé à peindre avant?
Non, mais la peinture m’a régénéré, m’a permis de souffler, de vaincre une période très compliquée, de l’oublier et de la surmonter, d’orienter de façon différente ma concentration, de me projeter dans un autre monde: créer ce qui est voulu et ce qui arrive par hasard. C’était le bon moment, car j’avais du temps et il n’y avait plus de stress. Je ne travaillais plus, j’avais quitté le Crédit Suisse qui a été mon employeur durant 30 ans.

De la clarinette, mais...

Pourquoi la peinture et pas la musique, par exemple?
Jusqu’à 20 ans, j’ai joué de la clarinette. Ma maman était organiste (elle a joué dans des églises) et mon papa jouait de la flûte traversière. Mais en ce qui me concerne, poursuivre dans la musique n’était pas ma décision, mais dans le sport, oui.

Quand peignez-vous?
Surtout le soir, jusqu’à minuit, une heure du matin. Il y a des semaines où je peins beaucoup et des semaines où je ne touche pas le pinceau. Mais je suis vite en manque. Si je rêve la nuit de peinture, de mes toiles? Oui, de temps à autre. Je vais vous faire une confidence: chez moi, mes toiles, elles bougent. Au lieu de changer les meubles de place, ce sont mes toiles que je déplace. C’est une nécessité.

Autre expo en octobre?

Une autre exposition est-elle prévue?
Si tout va bien, en octobre à Ins (ou Anet). Des personnes m’ont dit: et si tu peignais des sujets relatifs au sport? L’idée est bonne, pour des calendriers, des agendas, des cartes. J’y réfléchis. Par exemple, peindre une piste avec un horizon au bout à définir, lui donner un effet et une profondeur avec de la couleur, oui, pourquoi pas?

 

 

Palmarès

  • René Gloor est né le 3 novembre 1956 à Soleure.
  • Ancien grand champion en athlétisme, spécialiste du saut en longueur. Il a aussi pratiqué le 100, le 200 et le 400m.
  • Il a été à 10 reprises champion de Suisse du saut en longueur, il l’a été 3 fois 
  • sur 200m et une fois sur 100m.
  • Records personnels: 8,07m au saut en longueur (le 31 mai 1982 à Zofingue). Deux ans plus tard, René Gloor a réussi 8,11m mais avec un vent trop fort (+2,2 m/s). Il a couru le 100m en 10’’43, le 200m en 20’’84 et le 400m en 46’’55.
  • René Gloor a participé aux JO de Los Angeles en 1984. Élimination en série qualificative avec 7,71m (13e). Il a raté la finale pour 5 centimètres. Rageant!
  • Il a participé à un championnat du monde (Helsinki en 1983). Et à 3 championnats d’Europe, dont 2 en salle.
  • Il a été à 3 reprises champion du monde MASTERS au saut en longueur, catégorie 40 ans) avec un bond à 7,31m, 45 ans avec 6,60m et 50 ans, avec 6,38m. Et il a terminé une fois 2e au triple saut.
  • Durant une dizaine d’années, René Gloor a entraîné des sauteurs en longueur  et des sprinters au TV Länggasse. 

 

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