Robert Kok, ancien grand footballeur | Coopération
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Robert Kok, ancien grand footballeur

25 février 2021

 

Alors qu’il était au LS, Robert Kok, 63 ans, grand attaquant, avait été élu meilleur joueur étranger évoluant en Suisse (saison 1980-1981). « À cette époque, rappelle-t-il, il n’y avait qu’un seul étranger autorisé par équipe. » Formé à l’Ajax d’Amsterdam il a été confronté à la concurrence. «Des tests sont organisés pour en faire partie. Sur 300 personnes, ils en prennent 30. C’est dans ce genre de moment-là, notamment, que tu apprend à devenir un compétiteur. Même si vous ne jouez pas avec la 1ère équipe ou êtes titulaire, des portes s’ouvrent.» Au-delà de son immense talent, Robert Kok en a été un grand, de «combattant», un terreau qu’il a cultivé tout au long de sa carrière. 

Un compétiteur

Son premier contrat pro? «Je l’ai signé, j’avais 17 ans.» Au Stade d’Ajax, il figure sur la photo, en compagnie des illustres, immortalisés. « Il manque Cruyff et Neeskens, partis à Barcelone.» Il a aussi forgé sa mentalité dans ce grand club. Sa première apparition? C’était contre la Juventus en Coupe des Champions. Il a joué 15 minutes. il avait 17 ans. La pression est omniprésente. « Quand tu joues avec l’Ajax, tu es obligé de gagner.» Gagner, voilà encore un tempérament verbeux qu’il a exporté. 

Depuis un certain nombre d’années, Robert Kok travaille comme indépendant dans le monde de l’immobilier. « Je donne aussi des coups de main à mon fils Sonny (31 ans, ancien footballeur, attaquant-buteur comme san papa). Il est à la tête d’une société - Kokoconcept S.a.r.l- qui s’occupe de la rénovation et de l’installation de cuisines, peinture, déménagements, entre autres.

Pas toujours diplomate

Aujourd’hui, quand vous repensez à votre vie, vous arrive-t-il de vous dire: Robert, là, tu aurais dû t’y prendre autrement?
(Il sourit)- Je n’ai pas toujours été très diplomate. Dès fois, j’aurais mieux fait de me taire, mais je ne suis pas hypocrite. Quand je jouais avec Servette - le président s’appelait Carlo Lavizzari (1980- 1989) -, le club m’avait suspendu quelques mois parce que j’avais demandé où l’entraîneur Jean-Claude Donzé (ancien gardien) avait trouvé son diplôme l’entraîneur. J’ai alors évolué avec la 2e équipe. Bien sûr, je n’étais pas content mais ça été un moment sympa. Mon salaire -un bon- est resté le même. À la fin de la saison, je suis parti à Zurich. 

Quels valeurs vous ont transmis vos parents?
Le respect, de ne pas être arrogant avec les autres, d’être correct avec tout le monde. Ils me disaient: Robert, n’oublie jamais d’où tu viens.

Pas la boxe !

Votre papa a été boxeur...
...Il a été pro, chez les poids welters (71-72kg). Il a été champion des Pays-Bas dans cette catégorie. En Italie, mon papa avait combattu pour le titre européen. Il a été battu aux points.

Et la boxe, ça vous aurait tenté?
(Il rit)- Ouh, là, là, non! Ce n’était pas mon truc, ramasser des coups, ça non! En revanche j’ai participé à des entraînements de boxe, avec mon papa, c’était dur mais j’ai aimé. J’en garde un bon souvenir. J’avais 10-12 ans. Avec Servette, sur mon instigation, on avait assisté à des soirées de boxe, à Plainpalais. J’y avais vu Jean-Marc Tonus, Mauro Martelli, Michel Giroud, pour ne parler que d’eux. Inoubliable.

Si vous n’aviez-pas été footballeur, quel autre sport vous aurait plu?
J’ai pratiqué le basket, le handball mais je me suis tout de suite senti bien avec le foot. Si je n’avais pas réussi, j’aurais travaillé dans la restauration. Mon papa avait 3 restaurants, à Amsterdam. Il est décédé à 50 ans. C’est jeune. Je pense que j’aurais assuré sa succession.

La demande de Wolfisberg

Cela fait 40 ans que vous êtes en Suisse. Pourquoi n’avoir pas entrepris les démarches pour obtenir la nationalité helvétique?
Je suis Néerlandais et la chose n’est pas possible avec les Pays-Bas. La loi l’interdit. Si j’avais pris la nationalité suisse, j’aurais perdu mon passeport et cela, je ne le voulais pas. C’est logique. Alors entraîneur de l’équipe de Suisse, Paul Wolfisberg qui souhaitait me sélectionner m’avait demandé de prendre la nationalité helvétique. En revanche, mes enfants, nés en Suisse, ont les deux passeports. 

Y a-t-il un événement qui a modifié ou changé votre vie?
Quand j’ai quitté la maison pour aller à Lierse SK en Belgique). J’avais 20 ans, je me suis rendu là-bas tout seul. Mais à un moment donné, je me suis posé la question: veux-continuer le voyage ou rentrer aux Pays-Bas? 

La concurrence fait avancer

Avez-vous beaucoup travaillé pour devenir le footballeur que vous avez été? 
La base, je l’ai apprise avec les copains à l’école, dans la rue, dans les jardins d’Amsterdam puis travaillée aux entraînements. À Ajax, au niveau juniors, il y a beaucoup de concurrence. La base? Tu la sais où tu ne la sais pas. 

Avez-vous toujours occupé le poste d’attaquant?
Oui, à gauche. Ou comme centre-avant. Avec Ajax, j’occupais ce poste-là. Le nombre de buts que j’ai marqué durant toute ma carrière? J’en ai marqué pas mal (une kyrielle), mais je ne suis pas comme Ronaldo qui comptabilise tout (il rit)

L'intérêt de la Fiorentina

Globalement, êtes-vous satisfait de votre carrière?
Oui, en Suisse, j’ai joué dans des grands clubs. Si j’ai un regret? Quand j’étais à Lausanne, le club, alors présidé par Georges Suri, avait été contacté par la Fiorentina. Sur le moment, on ne m’avait rien dit, c’est bien après que je l’ai su. Je trouve ça regrettable. En 1981, Metz, entraîné par Kasperczak, avec lequel j’avais joué, s’était intéressé à moi. Je n’y suis pas allé. J’étais au LS, toujours sous contrat (3 ans), qui était bon. 

Vous êtes-vous enrichi avec le football?
J’ai bien gagné ma vie. Quand je suis arrivé au LS (en 1979), je touchais frs 2000.- par mois, plus les primes qui étaient hautes. Il y a eu aussi une prime à la signature, très intéressante. Après, ça a changé. À Metz, les conditions étaient à peu près les mêmes, mais Metz, c’est une ville industrielle....Je me souviens que j’étais arrivé en voiture à Lausanne, en provenance de Metz. Il n’y avait personne au stade. Je me suis dit: qu’est-ce que tu fous là et je ne savais pas où loger. Je suis quand même resté à Lausanne.

La société change

Vieillir vous fait-il peur?
Oui et non. Les années passent vite, mais il y a encore des choses à faire, et puis, il y a les petits-enfants.

Qu’est-ce qui vous anime, aujourd’hui? 
La vie, j’aime la vie, mes enfants -4- mes petits-enfants -3–, ma compagne qui est à mes côtés depuis 22 ans, j’aime dire qu’elle est ma femme (sourire). Mon moteur, c’est ma famille. C’est tout simple, mais c’est sain.

Qu’est-ce qui vous déplaît dans le monde actuel?
La société a changé, les mentalités aussi, les gens ne sont plus les mêmes, ils sont plus agressifs et acceptent de moins en moins de chose. On y décèle du racisme même quand il n’y en a pas. C’est comme ça, il faut faire avec. La période que nous vivons n’aide en rien. En revanche on s’aperçoit, commence à comprendre que la vie n’est pas que sophistication et opulence et il y a une prise de conscience qui se fait. On réfléchit davantage, revient à des choses plus simples et c’est tant mieux.

Palmarès

  • Robert Kok est né le 26 juin 1957 à Amsterdam.
  • Ancien grand footballeur, attaquant (à gauche, centre-avant, mais aussi à l’aile droite).
  • 1974-1977: Ajax Amsterdam
  • 1977-1978: K. Boom (Pays-Bas)
  • 1978-1979: Lierse (Belgique)
  • 1979: Metz (1 mois)
  • 1979-1984: Lausanne-Sports
  • 1984-1988: Servette
  • 1988-1991: Zürich
  • 1991-1992: Bâle
  • 449 matches, 151 buts.
  • En 1980-1981, il a été élu meilleur joueur étranger évoluant en Suisse.
  • Avec les Pays-Bas (équipe B), il compte 20 sélections.
  • Champion de Suisse avec Servette (1984-1985)
  • Vainqueur de la Coupe de Suisse avec le LS en 1981. Et en a perdu 3 (une avec le LS et deux avec Servette).

 

 

Vidéo :

 

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