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Sébastien Clivaz, arbitre international de basket

04 mars 2021

 

Il a une folie passionnelle, Sébastien Clivaz, 36 ans, pour le basketball, dont il est (encore) un jeune loup. Depuis tout petit il aime son jeu, sa dramaturgie et tout ce qui l’entoure. «Mon papa a été dirigeant et un peu arbitre», précise-t-il. «Je dois avoir ça dans les gênes.» L’arbitrage? Il a découvert ce monde en «sifflant» des U13. «J’ai tout de suite aimé ce rôle en étant au service du jeu et, en l’occurrence, de permettre à des jeunes de pouvoir jouer.» 

En 2000, Sébastien Clivaz a été nommé arbitre régional et, une année plus tard, il sifflait au niveau national. Son implication dans ce domaine, ses compétences et une passion sans frontière l’ont hissé au plus haut. N’est-il pas, depuis août 2019, arbitre en EuroLeague -la 2e ligue du monde après la NBA- qui est l’équivalent en football de la Champion’s League? « L’EuroLeague  a toujours été un rêve, et cela s’est transformé en objectif », explique-t-il. «De recevoir une invitation pour prendre part au cours avant-saison 2019 a été pour moi une grande satisfaction. Le travail avait porté ses fruits.» 

Baptême à Berlin

Au début de la saison 2019-2020, Sébastien Clivaz avait déjà dirigé quelques matches d’EuroCup et les feedbacks ont été très bons. Place dès lors à l’EueoLeague. «Mon baptême du feu s’est déroulé à Berlin (Alba Berlin contre Étoile Rouge Belgrade). Pour ce match, j’ai décidé d’inviter des personnes qui ont été là pour moi à chaque étape de ma carrière et qui m’ont soutenu pour être arbitre. Même mon formateur en Mini-basket était là. C’était fou et spécial à la fois de les avoir avec moi au bord du terrain.» 

Vous arbitrez en EuroLigue, l’autre rêve n’est-il pas d’accéder aux JO?
En décidant de rejoindre l’EuroLeague, j’ai mis entre parenthèses ce rêve olympique. Les JO sont sous l’égide de la FIBA et la Fédération internationale a pris le parti depuis quelques années de ne plus convoquer les arbitres officiant en EuroLeague. Il est dommage que la politique prenne ainsi le dessus concernant les arbitres. Mais en acceptant d’aller en EuroLeague, je savais qu’ils ne me convoqueraient plus. 

Le 3x3 est attrayant 

Vous avez été responsable du développement du 3x3 en Suisse, qui connaît un grand succès dans le monde. Le 3x3 est-il l’avenir du basket?
Je ne parlerai pas d’avenir. Pour moi, le 3x3 est un très bon complément au basketball traditionnel, comme il est pratiqué partout. Le 3x3 est une compétition attrayante qui draine énormément de monde. C’est spectaculaire, au niveau du rythme, des tirs, des dunk (smashes), et le tout en musique. L’image du 3x3 est très bonne, elle est un très bon vecteur pour la promotion du basketball. Pour les équipe de Suisse 3x3, c’est aussi l’opportunité de se qualifier pour des compétitions majeures. Team Lausanne est un bon exemple puisque cette équipe figure parmi les meilleures de la planète. 

En tant qu’arbitre, vous arrive-t-il d’être déstabilisé?
Ça peut arriver, bien entendu. Mais en préparant les matches de manière minutieuse, il y aura beaucoup moins de surprises, quelque soit la ligue dans laquelle tu arbitres. Que je siffle en première division suisse ou au plan international, ma préparation est la même et ma concentration sur le parquet est extrême. Je sais tout ou presque des joueurs et je n’entends pas le public.

Beaucoup d'articles

L’arbitrage au basketball est beaucoup axé sur l’interprétation....
...C’est vrai, alors comment gérer le mauvais coup de sifflet. Sur le moment, il faut se dire que c’est fait, on analysera cette action après. Soit nous en discutons lors d’un temps mort, ou alors le plus souvent après la rencontre. Il faut accepter de se tromper, cela nous permet aussi de s’améliorer. Les problèmes du basketball? Son règlement comporte beaucoup d’articles et comme ils changent souvent, je comprends que les gens ne le connaissent pas parfaitement. En tant qu’arbitre, nous sommes le garant du règlement, nous devons donc souvent nous adapter rapidement car notre mission est que le match se déroule bien. 

Il n’y a pas de trio arbitral fixe. Dès lors, cela ne pose-t-il pas un problème au niveau de la complémentarité? 
On doit savoir comment communiquer et évoluer ensemble. Avant un match, nous discutons beaucoup. Comment va-t-on collaborer? Comment couvrir les rebonds? On défini des zones. Comme nous ne sommes jamais éloignés, il  suffit d’un regard, d’un geste pour se faire comprendre. Notre travail en amont est hyper important. Nous n’avons pas d’oreillettes car nous ne sommes jamais trop éloignés les uns des autres et il y a de nombreux arrêts de jeu permettant la communication. 

Des projets sont nés

L’idée d’être président d’un club de basket vous a-t-elle titillé?
Pas encore, car ce n’est pas le moment. Il est vrai que j’aime mener des projets, les lancer et les développer, donc bien entendu que cela m’intéresserait, mais j’ai le temps. Je me forme pour cela avec un CAS (Certificate of Advanced Studies) en management et politique du sport, auprès de l’UNI de Lausanne. Et je vais enchaîner avec un second en Leadership et Pilotage du sport.

Ces certificats peuvent vous ouvrir d’autres portes....
...Sans doute et c’est la raison pour laquelle je me forme. On ne sait jamais quand la carrière d’un sportif s’arrête. 

À propos de projet, vous en avez réalisé un pendant le confinement de mars dernier...
En mars, j’ai lancé ce projet qui se veut rassembleur dans le sport sous le nom de Never Stop Learning. Ma volonté est de rassembler tous les acteurs du sport et de tout sport. Le but? Que chacun comprenne mieux la fonction de l’autre afin que l’on puisse mieux communiquer ensemble. Pour moi, c’est la clé du développement du sport. On est tous des passionnés donc écoutons-nous. 

Il s’agit donc d’une plateforme...
... Avec deux amis, ancien arbitres, Olivier Parenteau et Stephan Wirz, nous avons développé une plateforme sur laquelle chaque semaine des personnalités de haut niveau s’expriment. On peut s’y abonner, pour suivre les conférences en direct, où les gens ont l’opportunité de poser des questions ou de revoir les sessions en replay. Pour l’instant, il s’agit d’une plateforme basketball. Quand tout sera prêt techniquement, nous voulons ouvrir à d’autres sports. Je suis persuadé qu’un arbitre de volleyball pour m’apporter des éléments bénéfiques pour ma formation ou qu’un entraîneur de football m’apprendra beaucoup au niveau de la gestion de son staff technique. Je pourrais citer des exemples durant des heures.

Aux services des autres

Quels sont vos principaux traits de caractère?
Je suis un travailleur infatigable. Je mets de la passion dans ce que je fais. Je suis à l’écoute et je trouve toujours du temps pour les gens. Je suis aux services des autres. 

Au quotidien, peut-on facilement vous « fragiliser »?
Non, parce que j’ai pris la bonne habitude de toujours travailler en allant dans le détail et en créant des bases solides. Que cela soit dans le basketball ou dans la vie de tous les jours. Bon, on sait tous que le quotidien est fait d’impondérables, mais c’est volontiers que je m’y adapte.

Quel est le défaut qui vous irrite le plus chez les autres?
Le mensonge, quand les gens mentent, manipulent la vérité. L’expérience m’aide à relativiser maintenant.

Mon métier, ma passion

Avez-vous décidé de mener la vie qui est la vôtre?
Oui, j’ai cette chance, c’est un privilège. J’ai pris des risques, fait des choix dans ma vie qui n’ont sûrement pas tous été compris mais, tous les matins, je kiffe me réveiller et faire les tâches qui sont les miennes. Comme responsable 
des arbitres, j’aime être à l’écoute, prodiguer des conseils et bien sûr être là pour aider les gens quand cela est nécessaire. Je ne compte pas mes heures, c’est souvent comme cela quand on lie passion et travaille. 

Est-il vrai que vous suivez (surtout) les résultats du FC SIon et de FR Gottéron?
Clivaz, c’est un nom valaisan mais j’ai tout le temps vécu à Fribourg. Dès mon plus jeune âge, j’ai partagé les deux: FR Gottéron et le FC SIon et le Valais.  Si je connais le président du FC Sion Christian Constantin? Non, mais je le suis depuis de nombreuses années et j’aurais plaisir à le rencontrer. J’aime apprendre des autres et je suis persuadé qu’il aura mille anecdotes et conseils sur le foot, comme joueur et bien sûr comme président. 

...Et sur l’arbitrage aussi...
...Oui, je vois où vous voulez en venir...(il sourit). On pourrait assurément échanger sur l’arbitrage, pour que nos deux fonctions cohabitent mieux. Je vous laisse organiser une rencontre? (Clin d’œil)

Qu’est-ce qui pourrait vous faire arrêter le basket?
Peu de choses (Courte pause) Que je ne me reconnaisse plus dans ce qui se fait, en est une.

Palmarès

  • Sébastien Clivaz est né le 17 novembre 1984 à Fribourg. Il est originaire de Crans-Montana. Marié, un enfant.
  • Depuis janvier 2015, il est Referee Manager de la Fédération de Suisse de basketball, Swiss Basketball. 
  • Il est responsable de l’Arbitrage en Suisse: gestion et développement des arbitres, formation et suivi des arbitres et des cadres, support pour les responsables régionaux, organisation des cours de formation.
  • Arbitre: en EuroLeague depuis août 2019. Arbitre de FIBA Champions League saison 2016 à 2019. Arbitre international FIBA depuis février 2011. Arbitre 1ère division suisse depuis janvier 2004. Arbitre de série nationale depuis septembre 2001.
  • Divers fonctions dans le basketball (depuis 2002)
  • FIBA Referee Instructor, depuis mai 2017.
  • Il a été Président de l’Association Fribourgeoise de basketball (AFBB) de janvier 2015 à juin 2018. 
  • Il a été membre du Comité et Président des arbitres pour l’AFBB (Association fribourgeoise de basketball) de juin 2007 à juin 2015.
  • Il a été membre de la Commission fédérale Mini-basket de Swiss Basketball de 2006 à 2018.
  • Il a été responsable de nombreux projets (de 2016 à 2019) dont responsable du développement du 3x3, dont l’équipe de Suisse féminine s’est qualifiée pour le tournoi qualificatif des JO de Tokyo. 

 

Vidéo 

 

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