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Sébastien Gacond, ancien triathlète

15 avril 2021

 

Un ingénieur informatique, qui plus est EPFL, pratique plus qu’un métier. Sébastien Gacond, 43 ans, vit dans ce monde-là, qui est multiple. «Il est vaste, les nouvelles technologies me passionnent», dit-il, chez lui à Savièse, avec vue sur la plaine d’en bas. 

Il a créé une s.à.r.l. à son nom: «PG Management», mais il travaille pour la société Quevita à Olten, qui a des projets liés au sport et a développé une application pour des courses virtuelles. «A cause de la pandémie, on a dû se réinventer», d’où est né viRACE. Très impliqué dans cette orientation, Sébastien Gacond s’occupe plutôt de la partie technique. Idem pour 2PEAK, une autre plateforme et app mobile qui propose des plans d’entraînements dynamiques et personnalisés, tenant compte de la fatigue, du temps à disposition de chaque athlète, par exemple.

Triathlète à temps plein

À côté du sport, Sébastien Gacond a toujours travaillé «Pour mon équilibre, pour ne pas penser qu’au sport 24 heures sur 24, préparer mon avenir, pour avoir autre chose dans la vie sitôt la fin de ma carrière.» Ses études, il les a terminées en 2004, et il a été «Un triathlète à temps plein, mais pas avec le statut de pro», avec à côté des petits mandats relatifs à son travail, qui lui permettaient de tourner financièrement.

Un triathlète est-il foncièrement contre une spécialisation?
Contre? Non. Il a choisi. Il se doit d’être complet dans les trois disciplines (natation, vélo, course à pied). Le fait d’entreprendre un travail spécifique pour chaque sport évite de tomber dans la routine. En cas de blessure, on peut compenser, entraîner l’une ou l’autre des disciplines. 

Discipline et rigueur

Le fait de pratiquer le triathlon, et avant la natation, vous a-t-il permis de faire des études?
Non, étant livré à nous-mêmes, on apprend ce qu’est la discipline et la rigueur. On s’érige des structures. Alors étudiant à l’EPFL, j’avais redoublé la première année, ayant raté les examens. La mise en place de passablement de choses a eu pour effet que la suite s’est bien passée. Mes études ont duré 
4 ans et 6 mois (à l’époque).

Remplaçants aux JO

Vous étiez remplaçant aux JO de Pékin en 2008. Comment avez-vous vécu cette situation, comme une frustration?
Non, je l’ai bien vécue et je savais les règles du jeu. Comme j’étais sur place, j’avais un orteil dedans (il sourit), mais il manquait le plus important. J’avais effectué toute la préparation, qui a duré plusieurs semaines: à Davos et à Saint-Moritz puis en Corée du Sud. À Pékin, il n’y avait pas encore de relais par équipes. Cette épreuve est apparue en 2009. 

Dans votre sport, qu’avez-vous le plus aimé: les compétitions, le milieu du triathlon...
...Les deux. Le triathlon, c’est une grande famille, en Suisse, à l’international. Ce sont 80, 90 ou 100 athlètes qui tournent. On voyage beaucoup. En 2006, je me rappelle avoir pris 55 fois l’avion, en une année. En nombre d’heures, c’est comme si j’y était rentré un lundi et sorti le mercredi de la semaine suivante, 10 jours après. Je m’étais amusé à calculer ça. 

Un bémol en course

Dans quelle discipline étiez-vous le moins performant?
La course à pied. C’était mon point faible. Peut-être à cause de ma grandeur, ma foulée était lourde et pas très fluide. Grâce à la natation (brasse) qui permet un bon développement du corps, des jambes en particulier, j’avais de la facilité avec le vélo. Même en étant un spécialiste de la brasse, je me débrouillais bien dans le libre. 

Financièrement, qui vous a aidé?
Pour les grands championnats (Europe et monde), la Fédération payait les voyages. On avait un petit budget, 2 à 3000 francs par année, pour aller à des épreuves Coupe du monde, ou à des camps d’entraînement. Quand ça dépassait, on mettait de notre poche. Je pouvais compter sur un panachage de sponsors, différents équipementiers (Asics pour la course à pied et Scott pour le vélo, Mako pour la natation). Parfois, il fallait jongler et être ingénieux. Au lieu de passer par les bureaux de la Fédé pour un billet d’avion, je cherchais à en acheter un moi-même sur internet. J’ai pratiqué de la sorte à plusieurs reprises. Il m’arrivait de voyager avec mes camarades, de me trouver dans le même avion qu’eux, en ayant payé mon billet frs 1000.- moins cher.

Mondiaux de 2006, le Top!

Y a-t-il une course, un événement dont vous êtes particulièrement fier?
Au niveau sportif, c’est ma sélection obtenue en Allemagne en 2005, pour les championnats d’Europe de Lausanne, alors que je n’étais pas en équipe nationale (Sébastien Gacond a vu blanchir des visages ce jour-là). Et les Mondiaux de 2006 à Lausanne suivis par environ 60’000 personnes. Quelle ambiance! Je m’en rappelle aussi car j’ai connu un ennui technique à vélo, moi qui n’en avais jamais connu jusque là: une jante à éclaté à l’Avenue des Bains (très en pente), dans la descente. J’avais fini dans les bottes de paille, puis dans le 2e groupe de coureurs. La poisse!

Êtes-vous nostalgique?
Non, mais il m’arrive de convoquer quelques souvenirs et ça me fait du bien.

Bébé-nageur à la Chaux-de-Fonds

Quels autres sports auriez-vous pu pratiquer, sérieusement, si la natation et le triathlon n’existaient pas?
J’ai pratiqué du ski de fond, du VTT, avec la natation, en parallèle. Je ne sais pas, mais un sport d’endurance, surtout pas un sport de balle. J’aime la nature et la montagne.

Vous souvenez-vous où tout a commencé?
À La Chaux-de-Fonds, comme bébé-nageur. J’ai été baigné dans le sport: papa pratiquait le ski de fond et la course à un bon niveau et ma maman a fait partie de l’équipe de Suisse de ski de fond, sous le nom de Gränicher. Mes parents ne m’ont jamais poussé à faire du sport, mais ils m’ont toujours soutenu, donné les moyens dans ma démarche. 

Sincèrement, vous attendiez-vous à réaliser la carrière qui a été la vôtre?
J’ai toujours bossé, j’ai mis de la persévérance dans tous mes travaux, quels qu’ils soient. Ça m’a aidé pour la suite: à gérer la pression, au niveau moral, à respecter les délais. Le sport est une école de vie et de la vie. Mais il a manqué la cerise sur le gâteau: participer à des JO. J’étais à ceux de Pékin, mais sur le banc.

Palmarès

  • Sébastien Gacond est né le 24 décembre 1978 à La Chaux-de-Fonds.
  • Ancien nageur et triathlète. Sa carrière au plus haut niveau a duré 11 ans (1999-2010). Ses clubs: le club de natation de La Chaux-de-Fonds, le Vevey-natation et Lausanne natation 

NATATION

  • En 1999, il a été champion de Suisse du 200m brasse (grand bassin). Il a aussi terminé 3e lors des championnats de Suisse 1998 (en petit bassin) et 2000.

TRIATHLON (Aux JO, aux Mondiaux et aux Européens, les distances sont: 1500m pour la natation, 40km en vélo, 10km en course à pied).

  • Il effectue ses débuts en 2001. En 2005, il fait partie du cadre national. Et à partir de cette année-là, Sébastien Gacond participe à des épreuves Coupe du monde (2005 à 2010).
  • Il participe aux Mondiaux de 2006 (à Lausanne) et de 2008 (à Vancouver). 
  • Pas de Mondiaux en 2007 (événement entrant en collision avec une épreuve Coupe du monde à Pékin).
  • Il participe aux Européens de 2005 (à Lausanne), 2007, et fait l’impasse en 2008.
  • Sébastien Gacond est qualifié pour les JO de Pékin, mais il est remplaçant. Il se trouve sur place. Les autres Suisses sont: Olivier Marceau, Sven Riederer, Reto Hug.
  • En 2004, il est 4e aux championnats de Suisse.
     

 

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