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Russie

3 jours à travers la Sibérie

02 septembre 2018

 

- « 6 heures avant la prochaine pause, profitons de sortir nous dégourdir les jambes ». Le train s’arrête pour 30 minutes. 

Trois jours durant nous prenons un train local à destination de Novossibirsk afin de rejoindre Irkoutsk. Nous sommes dans un vieux wagon, dans un compartiment à quatre couchettes. Cet espace sera notre lieu de vie alors que les paysages de la Sibérie défilent face à nous. Le chef de wagon est la personne de référence, souvent des femmes aux lèvres rouge écarlate qui tranchent avec leur teint pâle. Elles ont la réputation d’être froides, antipathique et autoritaire. Est-ce que la compagnie embauche son personnel pour perpétuer l’image ? Toujours est-il que la femme du wagon précédent correspond parfaitement à la description, même si par moment Fibie arrive à lui décrocher un sourire. Notre chef de wagon est incroyable, Sergei est un homme dont les rondeurs semblent caractériser son état d’esprit. Il est doux, attentif, voire même attentionné à ses passagers. Souriant, il ouvre sa cabine pour laisser recharger le matériel électronique de quatre familles, y compris la nôtre. Il rit lorsque Nayla fait la courate avec Igor dans l’allée. Il ne haussera pas la voix lorsque je renverserai par inadvertance tout son bidon d’eau sale dans le wagon sans me laisser la possibilité de l’aider à nettoyer. Voilà pourquoi nous offrirons les chocolats, non pas pour amadouer un personnage hostile mais bien pour remercier un homme au grand cœur.


Un samovar permet d’obtenir de l’eau chaude et nous pouvons ainsi avoir de l’eau potable et surtout boire du thé, à l’image de tous les passagers du wagon. Les Russes ne s’hydratent qu’au thé. 


Trois jours, c’est long, surtout au vu des petites nuits des filles, et leur incapacité à rester calme. Tout est mouvement, agitation, rencontre avec les autres passagers. Ainsi nous profitons pour nous baigner dans la langue russe et rapidement les mots déjà appris reviennent à nous. Nous sommes incroyablement surpris de notre vocabulaire, même s’il n’est pas suffisant pour avoir une discussion. Notre vie de nomades questionne et de nouvelles interrogations affluent chaque jour. 


Bien sûr, notre regard est tourné vers les grands espaces qui se déploient derrière la vitre. Les larges rivières qui traversent des paysages dont la dimension est gigantesque. Les forêts rythment la traversée. Et lorsque les espaces s’ouvrent, c’est comme une large respiration, une ouverture sur des lieux somptueux et vierges que les fleurs sauvages parent de leurs couleurs vives. Ces panoramas nous appellent. Les petits villages de maisons en bois et aux volets colorés sont aussi une invitation à découvrir leur âme. Finalement, cette zone si terrible que certains nous ont décrite nous apparaît idyllique. Bien sûr nous savons que le train ne met que trois jours, à vélo il nous aurait fallu 3 mois. Cela change complètement la perspective. Toujours est-il que ces panoramas sont pour nous enivrants de liberté.


Céline