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La violence du vent

TEXTE
18 juin 2018

Depuis l'île d'Amami, nous prenons le dernier ferry qui nous emmène vers une des quatre îles principales du Japon, Kyushu. Nous changeons radicalement d'ambiance. Ces petites îles ont l'âme d'un village, où nous sommes accueillis avec beaucoup de légèreté et d'enthousiasme. Là, nous entrons dans la ville, dans un Japon traditionnel où les conventions et règles dominent la scène. Les maisons traditionnelles sont certes somptueuses, mais l'hospitalité de la population est froide, par moment le ton sec. Bien sûr, il y a des exceptions, mais la sensation est pesante. Elle est accentuée par la circulation dense, sur de petites routes sans bas-côtés où les camions nous frôlent, trop pressés pour ralentir.

Puis c'est au tour du vent. Il souffle tempétueusement et l'océan est déchaîné. Les vagues se creusent, elles forment des rouleaux titanesques qui s'échouent tumultueusement. Cette nuit, les rafales sont si violentes, que même les palmiers chantent une complainte. Associée à celle de l'océan, nous sommes constamment réveillés, perturbés dans notre sommeil. La tente plie et nous ne fermons pas l'œil de la nuit.

La violence des éléments

«Regarde la mer, l'orage arrive» je m'exclame. Les bateaux chahutés par les vagues disparaissent derrière un écran, alors que le ciel devient ténébreux. Le vent est si violent que nous n'arrivons plus à avancer. Nous nous attendons au pire. Il commence à pleuvoir à verse, puis trente secondes plus tard, le ciel est bleu-saphir. L'orage est passé par-dessus nous. Nous sommes bluffés. Jamais nous n'avons vu le temps changer aussi rapidement.

Entrée du temple shintoïste

Nous avons passé à côté du premier orage, mais pas des suivants. Nous sommes détrempés et avec la même rapidité, la température chute. Puis il nous faut trouver un endroit où dormir. Le parc que nous avons découvert est parfait. C'est un petit sanctuaire dans les arbres. Mais malheur, il y a des frelons géants japonais. Ils viennent se nourrir de la sève présente sur les arbres. Lorsque nous montrons l'insecte à un marcheur local, il s'alarmera et nous demandera de partir. Ils volent la nuit et sont particulièrement agressifs. C'est trop dangereux. Nous repartons épuiser et il nous faut encore une dizaine de kilomètres avant de dénicher un petit temple shintoïste pour y passer la nuit sous tente. 

Arrivés à Kumamoto l'ambiance change. Un soir, une femme et ses deux enfants viennent nous apporter le thé. Le lendemain matin, elle se joindra à son mari pour nous offrir de petits ballons de pains frais, qu'elle vient de cuire. Elle y ajoutera des présents: des feuilles d'origami pour Nayla, quelques biscuits, un rouleau de papier de toilette et des sparadraps. Des idées éclairées pour une famille de nomades à vélo. Nous sommes touchés par ses attentions.  


Xavier


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