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Mongolie

Ovoo, pour honorer les esprits

23 novembre 2018

Ce matin, nous nous sommes levés seuls au milieu des steppes. À peine nous ouvrons la tente, qu’une délicieuse odeur pénètre. C’est l’absinthe et l’armoise qui poussent dans ces terres arides. Elles survivent dans ces régions semi-désertiques soumises à des températures variant d’un extrême à l’autre, et peuvent par moment être privées d’eau. Leurs senteurs sont puissantes et revigorantes. 

Nous découvrons un deracantha onos, une espèce d’énorme sauterelle brune, qui nous surprend par sa taille. Puis c’est les vibrations d’un troupeau de chevaux au galop qui nous font sortir de notre tente. Merveilleux réveil! 
Pourtant, ce matin, notre corps souffre. Nos muscles hurlent. Nos lèvres sont ouvertes et craquelles. Cela fait plusieurs jours que nous luttons contre un vent de face. Les faux plats descendants qui nous avaient apporté tant de félicité sont maintenant devenus interminables. Le mental est parfois poussé à bout. La vie en Mongolie est intense, elle est rude. L’allégresse qui nous a habités dès les premiers jours avait éludé cette facette. Les steppes n’offrent aucun refuge. En plus, les rivières sont brunes et sablonneuses, presque boueuses. Nous sommes ainsi obligés de la filtrer deux fois, d’abord avec un tissu puis avec notre filtre à céramique. 

En Mongolie, les éléments sont maîtres. C’est pour cela qu’à chaque col, au sommet des montagnes, parfois des collines se trouvent des ovoo, des cairns ou tas de pierres pour honorer les esprits des Montagnes et du Ciel. Les Mongols sont animistes, pour eux chaque élément possède un esprit. Ainsi ils prient et font des offrandes au ciel, à l’esprit des montagnes, des rivières ou de la terre. Parfois ils offrent des produits laitiers, de la vodka, des petits gâteaux, parfois ce sont des cérémonies chamanistes qui sont faites en leur honneur. Ainsi les ovoo sont des lieux sacrés, et traditionnellement tous devaient s’arrêter pour faire une offrande et ajouter une pierre. Nous le comprenons bien, nous aussi nous vivons la gratitude aux éléments. Nous aussi nous remercions le vent, les montagnes, les rivières. 

Céline, Xavier, Nayla er Fibie