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Russie

Retour au lac Baïkal

07 octobre 2018

Les nombreux camions roulent à nos côtés

Retour aux abords du lac Baïkal, la circulation est dense. Aujourd’hui, c’est le week-end. Nous subissons le brouhaha du trafic, les voitures qui nous lèchent, les camions qui passent. Nous rejoignons la petite ville de Slioudianka et tombons dans la mélancolie des villes soviétiques. Elles sont affligeantes, un peu mortes, comme le regard de certains passants. Certaines de ces villes ont quelque chose de terrifiant, comme si elle regardait passer la vie, peut-être jusqu’à la prochaine révolution. Quelques personnes viennent vendre leur récolte de fraises, elles nous ont toujours impressionnées par leur patience sans fin. Elles pourraient lire, tricoter, créer, mais elles ont cette incroyable faculté de rester immobiles, sans rien faire, sans s’ennuyer, sans l’ombre d’une impatience. Et puis, nous entrons dans un magasin, et déjà nous commençons à être lassé par les éternelles graines de sarrasin, la kacha (la semoule), les tomates, concombres et choux qui finalement constituent les uniques légumes que nous dénichons le long du chemin.

La mélancolie des villes soviétiques​​​​​​

Le lac aussi est lassé... Le Grand-Papa Baïkal commence à montrer des signes de fatigue. Le niveau de l’eau baisse, sa composition change, il se peuple d’algues et de bactéries... ce qui inquiète la communauté scientifique. Mais comment trouver l’équilibre. La population près du lac vit dans des conditions difficiles. Le sol est pauvre, ainsi les pommes de terre et le poisson sont la base de la nourriture. La pêche étant le principal revenu, notamment l’esturgeon pour le caviar et surtout l’omoul fumé. Ce poisson endémique du lac Baïkal fait partie des traditions culinaires ancestrales. Il est d’ailleurs surnommé le «pain du Baïkal». Pourtant début octobre 2017, le gouvernement a interdit la pêche commerciale de cette espèce. Les quelques pêcheurs sur le lac sont donc des braconniers, alors que nombreux habitants de la région se demandent de quoi ils vont désormais vivre.

Xavier

Au centre de la petite ville de Slioudianka

 

 Pêcheur d'omoul à la tombée du jour sur le lac Baikal