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Russie

Vallée steppique de la Tounka

29 septembre 2018

Nettoyer la vaisselle au bord des rivières

A Kultuk, nous bifurquons et longeons la Reka Irkut. Cette large rivière nous emmène dans le parc national de la Tounka, dans la Bouriatie. Les Bouriates sont nés d'un métissage de populations entre des nomades mongoles et des populations chamanistes indigènes et créèrent ainsi une culture unique. Ils ont les traits de la génétique mongole, avec leur visage ovoïde et les yeux légèrement bridés. Nous laissons derrière nous les derniers reflets du lac Baikal et pénétrons à nouveau au coeur de la Taïga. Hors du souffle et de la fraîcheur de cette «mer sacrée», la température augmente et sur le bitume, nous roulons en plein soleil à plus de 40°C. Dorénavant, nous ne trouvons plus de puits, nous sommes obligés de filtrer l'eau des rivières et de transporter des quantités suffisantes pour pouvoir s'arrêter un peu n'importe où, si nécessaire. 

La route nous emmène dans la vallée de la Tounka

D'un coup, la vallée s'élargit. Elle est composée d'une vaste steppe d'herbe verte, alors que les conifères recouvre les collines environnantes. Au loin se dessinent les hauts sommets des montagnes des Sayanes. La rivière méandre sur le territoire. Elle porte l'énergie du grand Nord avec ses vieux sapins longiformes qui l'entourent. D'un coup, nous avons changé d'énergie. De la dernière église orthodoxe, nous sommes entrés en Bouratie et les stupas du bouddhisme tibétain ponctue le paysage. Plus encore que la religion, plus encore que les arbres sanctifiés de lambeaux de tissus colorés, c'est l'entrée dans un autre monde. Tout d’abord par les paysages qui nous offrent une ouverture, l'esprit d'aventure, d'évasion, de liberté. Les sommets enneigés sont une invitation à l'élévation. Et puis, le poids de l'histoire russe s'évanouit parce que nous entrons dans une autre résonance, nous sommes reliés aux mondes des esprits, celui de la rivière, des arbres et des montagnes par les traditions chamaniques de ce peuple. Toute la terre ici vibre à une intensité différente. Nous sommes portés par sa magie. Toujours est-il que le contraste est saisissant lorsque sort de sa voiture une femme en bikini pour aller faire le plein d'essence. Retour en Russie.

Campement entouré des mouches et des insectes

Près d'un village, nous rejoignons la Reka Irkut pour nous baigner et monter le camp. L'endroit est idyllique. Des hommes et enfants jouent déjà dans l'eau. Celle-ci est brune, terreuse. Pourtant cela nous fait du bien de plonger dans le courant. Nous n'avons cependant pas le temps de nous installer qu'un troupeau de bétail d'une centaine de têtes débarque, traverse la rivière et vient pâturer tout autour de nous. Les locaux nous expliquent que nous sommes dans leur territoire et que nous ferions mieux de camper un peu plus loin. Nous filtrons alors une dizaine de litre d'eau dans la rivière brune, chargeons tout sur nos vélos afin de trouver un nouveau lieu où dormir. Cette fois nous montons au-dessus du village, sur une colline aux abords d'une forêt de pins. Epuisés mais satisfaits d'avoir trouver ce lieu paisible, nous montons le camp. Quelques minutes plus tard, nous sommes assaillis par des hordes de petits insectes, mouches et moustiques. Nous sommes obligés d'installer une moustiquaire autour de nous. Soudain, le poids de la journée nous accable, nous avons retrouvé les grands espaces mais nous sommes enfermés dans la moustiquaire. Fibie et Nayla ne peuvent même pas profiter de gambader dans l'herbe, et la chaleur est si intense que nous dégoulinons. Le soleil, que nous subissons en cet instant, ne va pas se cacher avant trois heures, avant 22 heures. La soirée sera longue. 

Céline, Xavier, Nayla et Fibie

Maison traditonnelle de la Sibérie