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Alaska

Anchorage

18 août 2019

 Nous quittons rapidement Anchorage, et plongeons dans les somptueux paysages de l’Alaska

Quelques jours à Anchorage nous permettent de trouver un semblant de rythme. Pourtant, nous avons de la peine à mettre notre corps au diapason avec l’heure locale. Pour les filles, c’est encore pire. Il fait déjà pratiquement jour toute la nuit. La pénombre ne s’installe que pour quelques heures de minuit à 4 heures.

Les paysages sauvages et vastes sont une invitation à l’exploration, ils nous appellent. Il nous faut pourtant encore un peu temps pour entrer dans l’énergie du pays.

Un ami, Kevin Krein, se trouve en ville pour la semaine. C’est le directeur du Outdoor Programme dans l’Alaska du Sud-est, à Juneau. Une université dans laquelle j’ai étudié durant une année l’anthropologie. Le lien avec l’Alaska que je connais semble se mettre en place directement, comme si j’étais à nouveau accueillie sur cette Terre qui pour moi a été synonyme de maison. L’Alaska m’a toujours attirée, cette terre m’a accueillie, et elle reste pour toujours une partie de moi. Nous passons la soirée avec cet homme qui a exploré tant d’endroits reculés, surtout les skis aux pieds. Les récits s'alternent entre souvenirs et dernières expéditions.

 Nous roulons avec deux boîtes résistantes aux ours, pour y garder la nourriture

Nous profitons de lui parler des précautions à observer quant aux ours. Il nous emmène ainsi pour acheter des boîtes résistantes pour y déposer notre nourriture. Cela fait longtemps que cette peur vibre en moi. Elle s’aligne sur ma culpabilité et ma peur de ne pas pouvoir protéger mes enfants. Et pourtant, dans chaque berceau, dans chaque main d’enfant, un ours a été le symbole de douceur, de protection, d’amour et de sécurité! Comment est-il possible qu’il y ait un tel décalage entre ma peur de ses animaux et les milliers d’oursons qui bercent nos enfants?

Je perçois à quel point les ours ont été source de méconnaissance, de terreur, à quel point ils peuvent représenter le danger. En même temps, selon les statistiques, nous avons plus de chance d’être touchés par la foudre que d’être attaqué par un ours. Et pourtant, tous ceux qui ont pénétré dans les bois de l’Alaska savent que la présence des ours est bien réelle. J’apprends ainsi à marcher main dans la main avec cette peur. J’apprends à la rendre humaine en me positionnant dans la justesse. J’ai demandé à l’esprit de l’ours de nous accompagner, de nous laisser passer, de nous protéger. J’ai demandé à la terre de nous montrer le chemin.

Céline

 

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