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Au cœur de la Taïga

26 octobre 2019

 Au coeur de la Taïga

Nous perdons de l’altitude et la végétation reprend ses droits. Nous passons des pentes enneigées à la taïga. Par endroit, nous nous retrouvons dans des forêts principalement composées d’épinettes noires, l’espèce la plus résistante au climat de l’arctique. Elle peut pousser sur des sols acides et sablonneux aussi bien qu’humides ou tourbeux. Parfois, elle est petite et touffue, parfois allongée, parfois noire, lorsque l’arbre dépérit par l’acidité du sol.

 Nous poursuivons pour trouver un endroit hors des arbres pour y passer la nuit

Nous campons au cœur de ses espaces sauvages. Les principales ouvertures dans ces forêts denses sont des étendues en gravier utilisées pour la construction de l’oléoduc trans-Alaska que nous suivons. Ces places nous offrent un peu d’ouverture sur les paysages majestueux qui nous entourent.

«Peux-tu placer les vélos un peu plus loin? Je me sentirais plus à l’aise!» je demande à Xavier.
Pourtant, il n’entend pas. Ou si, il entend, mais il est agacé par mon inquiétude ou devrais-je dire ma peur des ours. Nous avons résolument laissé tomber la lutte et les acrobaties pour pendre notre nourriture aux arbres. Clairement, les schémas utilisent des arbres qui n’existent pas dans cette partie du globe. Les larges branches qui doivent permettre de pendre notre nourriture à plus d’un mètre du tronc sont inexistantes. Pas un seul arbre ne peut prétendre au poste, et les branches sont bien trop cassantes pour soutenir le poids que nous transportons, à savoir cinq jours de nourriture pour quatre personnes. Finalement, nous décidons de déposer les aliments qui sentent le plus dans les contenants résistants aux ours, le reste dans nos sacoches sur nos vélos. Les vélos sont placés à quelques dizaines de mètres de nous, c’est l’espace maximum dont nous disposons. Xavier est parfaitement à l’aise avec cet emplacement, pourtant nos vélos me semblent toujours un peu trop prêts, ce qui par moment alimente les tensions.

 Nous mettons le maximum de nourriture dans deux boîtes résistantes aux ours

Cette nuit encore, je suis complètement à l’écoute des bruits extérieurs. Mettant toute mon attention sur ce qui m’entoure. Une partie de moi ne dort pas, elle est alerte. Je sursaute à chaque ronflement que Xavier laisse filer. Parfois son sommeil est ponctué par quelques grognements qui me réveillent en torpeur.

Céline

 

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