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Chine

Constamment entourés

31 janvier 2019

Plat de Baozi

«Arrêtons-nous pour manger des baozi!» s’exclame Nayla.
Elle vient d’apercevoir la vapeur sortant des zhenglong, les paniers de bambou. À l’intérieur, des pains farcis cuisent. Nous aimons manger cette nourriture de rue, qui fait partie d’un petit déjeuner traditionnel dans cette région. Arrêtés au centre d’un carrefour, l’animation du matin est déjà présente. De nombreux chauffeurs attendent sur leurs motos, des hommes et femmes reviennent du marché, d’autres partent avec leur hotte pour s’occuper des champs.

Nous sommes constamment entourés

Mais à cet instant, nous sommes devenus l’attraction principale. Les premiers s’arrêtent, et tous se rapprochent. Une cinquantaine de passants nous observent manger. Assis sur une petite table à la vue de tous, nous nous sentons épiés, scrutés. Puis un homme entre, il se place à un mètre de nous et commence à nous photographier. Sans un mot, un sourire, juste avec son téléphone entre lui et nous. Évidemment, il n’en faut qu’un pour que tous se déplacent dans notre direction. C’est déroutant. Faut-il en rire? Oui, bien sûr. Sauf que c’est intrusif. La sensation qu’on ressent d’être dévisagés ainsi sans espace pour se retrouver seul est troublante, agaçante, stressante. D’autant qu’il est impossible de nourrir Fibie et Nayla. Alors nous sourions, du moins extérieurement. Mais cela se poursuit. Plus de monde, plus près, plus de photos. Nous arrivons lentement à saturation, et essayons de demander un peu d’espace, sans grande réussite. Nous terminons notre repas et enfourchons nos vélos pour pouvoir souffler. 

Si une personne approche, tous viennent nous observer

En nous, il y a une inquiétude. Nous sommes abasourdis de la densité de population. Depuis Dahzou, nous avons été constamment entourés, entourés de maisons, de villages, de villes, de monde. Sans espace, à chaque pause. La sensation d’être les animaux d’un zoo est totalement déroutante. Nous sommes devenus des oiseaux rares à photographier. Ici, si une personne approche, tout le monde vient. Plus d’espace, pas de communication ou peu. Seule compte les photos qui seront partagées à des milliers via les réseaux sociaux. Après les grandes steppes sauvages de la Mongolie, la transition est déconcertante.

Céline

 

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