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Chine

Interminable Gobi

06 janvier 2019

Interminable désert

Le désert de Gobi nous éprouve sur la distance. Le passage de la frontière nous a tant réjouis et pourtant même si nous avons changé de monde, le paysage, lui, reste similaire. Il est cette étendue désertique à perte de vue. Le défi n’était pas de rejoindre la Chine mais les premiers arbres, les premiers signes de végétation dans cet univers hostile. La terre que nous traversons est toujours nue, par endroit elle se transforme en dunes de sable. Inculte, elle est ses grains si fins, comme de la poussière d’étoiles. 

 Champs d'éoliennes au milieu des grands espaces

Si vastes, nous entrons dans une lenteur qui est presque pénible. Les paysages sont interminables, durs, vides. Par moment ce sont les nuages qui sont les témoins de la distance. Ils sont ces bandes de mouton blanc qui se suivent jusqu’à la ligne d’horizon. Ici ce sont les champs d’éoliennes, par groupe d’une centaine, qui dictent la distance. Elles apparaissent à l’horizon et restent présentes comme des sentinelles durant presque deux heures. Inlassablement dressées, alors que nous avons la sensation de ne pas avancer, d’être immobiles dans ce tableau pastel. Les gigantesques poteaux des lignes électriques transforment aussi ce monde de liberté. Ces lignes pourtant infimes dans le panorama sont les marques d’une présence humaine qui était alors absente. Les espaces purs et sauvages semblent avoir fui.  

Fibie sort de la tente

Nous sommes reconnaissants envers la terre de nous avoir laissé passer, reconnaissants à Fibie et Nayla pour le chemin parcouru où se mêlent sans discontinuité la liberté des espaces à l’hostilité du désert, de l’euphorie aux douleurs des épines dans les pieds. Maintenant au désert s’ajoute une nouvelle difficulté. Le vent était déjà hurlant, maintenant il est glacial. Les températures ont chuté radicalement au-dessous du zéro degré, et elles ne vont plus remonter avant des mois. 

Il fait froid, -5 °C alors que cette sensation est renforcée par le puissant souffle du Nord. Nous avons de la peine à maintenir les filles au chaud. Nayla ne va plus sur le tandem et maintenant, même les pauses sont compliquées. Nous créons un par-vent avec une légère bâche entre nos vélos, mais l’espace gigantesque qui nous entoure est réduit à quelques mètres, souvent même les filles restent sur nos genoux pour venir y trouver un peu de chaleur et de réconfort. La nuit, mon sommeil est troublé par le froid mordant. Fibie n’a qu’une année. Je me réveille constamment pour vérifier qu’elles ont bien chaud. Ce Gobi semble maintenant interminable. 

Céline