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Alaska

La piste se transforme en sable

27 décembre 2019

Céline arrive avec l'eau qu'elle est allée chercher quelques kilomètres avant

Ce matin, il fait à nouveau 10°C et le ciel est couvert. Les montées et descentes sur cette piste en terre sont de plus en plus abruptes, elles en deviennent presque violentes pour le corps. Je dois m’arrêter prendre de l’eau vers un torrent et les moustiques prennent l'assaut. En quelques minutes, ils m’infligent une vingtaine de piqûres, alors que je sautille. Xavier est déjà loin devant. Je suis seule. Et pour la première fois depuis longtemps, je me sens seule, perdue au milieu de la grandeur de cette terre. Je viens de plonger à nouveau dans la taïga, et j’ai l’impression d’être prise au piège. Je regrette déjà les vastes espaces de la toundra, ici je me sens enfermée, frustrée de rouler dans un lieu magique et de n’y voir que les éternelles épinettes noires. Ces impressions sont pourtant balayées d’un coup avec le prochain défi qui se présente déjà. La piste en terre est devenue une piste en sable. Pour refaire la route, ils ont déposé du sable qu’ils vont légèrement tasser. En voiture, ce n’est pas un problème, mais pour nous, c’est l’enfer. Je roule péniblement à 7km/h sur un terrain plat. Le vélo glisse, et avec son poids, l’énergie nécessaire à maintenir l’équilibre est colossale. Surtout, j’ai la sensation de faire de l’équilibrisme. Mais cette dépense d’énergie n’est pas le plus grand de mes soucis. Après plusieurs kilomètres, je commence à m’inquiéter. Et si la piste est dans cet état jusqu’à rejoindre la prochaine route. Nous n’aurons jamais assez de nourriture!

 Nous rejoignons la rivière Nenana

Je retrouve Xavier arrêté au bord de la route, lui aussi dépité par l’état de la piste. Il a commencé à faire à manger alors que les filles se sont mises en costume de bain pour profiter des rayons de soleil. Pour la première fois depuis longtemps, nous avons retrouvé un peu de chaleur. Comme à chaque fois, nous acceptons la situation de ce qui est et verrons ce qui viendra pour le futur. Intimement, nous espérons juste que ce calvaire se terminera bientôt.

Ce qui est le cas, après quelques heures et un col. Soulagés, nous poursuivons dans la descente périlleuse qui nous emmène à la gigantesque rivière Nenana. Elle est splendide et sauvage! Par endroit, elle a créé des petits lacs à l’eau transparente et cristalline, couleur de l’aigue-marine. Une eau d’une pure beauté. Il nous reste maintenant à trouver un lieu où camper. Mais aujourd’hui, nous sommes poussés à poursuivre le long de la plaine de Nenana.

Céline

 

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