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Alaska

Les moustiques, ce calvaire

29 novembre 2019

 Aujourd'hui, un rideau de pluie s'abat sur nous

«Je n'en peux plus de ces insectes! Cela fait une semaine que c'est infernal!» Xavier est dépité. Il a atteint un point de non retour. Nous nous sommes toujours amusés du fait que Xavier est notre anti-moustique pour la famille. Sa seule présence nous protège. Lui, subit inlassablement les piqures de ces êtres assoiffés de sang. Mais cette fois, je le sens proche de la rupture.

Pourtant ce matin nous étions long de nous douter du déroulement de la journée. A notre départ, un superbe lac à l'eau bleu roi s'étendait à l'est. Il créait des couleurs fantastiques au cœur de la forêt boréale. Un fort vent accentuait encore la sensation de froid de cette matinée. L'idée de nous y baigner ne nous a même pas traversé l'esprit. Nous avons poursuivi lentement, suivant les mouvements de la terre, qui créaient des monts ondulants aux descentes et montées abruptes. Quelques heures plus tard, le ciel devint inquiétant. De gros cumulonimbus avancèrent droit sur nous. Le tonnerre gronda et l'orage éclata. Le rideau de pluie s'approcha de plus en plus. Il nous balaya de plein fouet. La pluie dégoulinait le long de notre visage. Puis elle se transforma. Elle devint de plus en plus brutale sur notre peau, jusqu'à se transformer en gros grêlons. A force de s'intensifier, elle commença à faire mal. Il n'y avait aucune protection, aucun abri. Nous étions seuls dans la tempête. L'inquiétude se transforma en désarroi. Nous sentions chaque grêlon frapper violemment notre corps et notre visage. Un instant de panique s'effaça devant les mots que je ne cessais de murmurer: «Il faut qu'elle s’arrête! Il faut qu'elle s'arrête!»

 L’Alaska est un gigantesque marécage, paradis des moustiques

Le front a finalement passé, nous laissant détrempés. Mais à l'instant même où la pluie se calma, les moustiques eux sortirent de la forêt. Aussi rapidement que l'éclair, ils s’abattirent sur nous. Aucun échappatoire, nous grimpions lentement dans une montée. Trop lentement, ils semblent qu'ils avaient lancé l'appel. Ils étaient de plus en plus nombreux. Nous avons été obligés de mettre une protection sur le visage même en roulant. C'était infernal. Appelés par le dioxyde de carbone de chacune de nos expirations, ainsi que de l'acide lactique de notre sudation, ils étaient attirés comme des aimants.

Puis les filles ont eu faim, c'était le moment du repas de midi. Nous appréhendions cet instant. Si c'est infernal sur nos vélos, nous n'osons pas imaginés une fois que nous serons posés. Impossible de faire autrement, nous allons devoir monter la tente pour protéger les filles. La monter se révéla être un supplice.

Nous voilà les quatre à l'intérieure de la tente alors que des centaines de moustiques recouvre la toile. Les doutes nous submergent. Pourrons nous survivre à ce calvaire? Pourrons nous trouver du plaisir à traverser ces terres?

Céline

 

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