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Alaska

Au cœur de la politique

20 janvier 2020

Tout au long de notre découverte de l’Alaska, le Président, M. Trump a été un sujet d’évitement. Pour certains, il est un roi qui enfin permet de libérer les langues, plus besoin de faire attention à parler politiquement correcte. En plus, il est un grand chef d’entreprise, un exemple de réussite. Donc sa réussite financière rend le reste invisible. Il est pardonné de tout. Pour d’autres, leur regard marque la désapprobation, souvent ils s’excusent d’avoir un tel chef d’État. Ils sont réellement mal à l’aise. Ils nous parlent alors des arrêts aléatoires, des camps à la frontière mexicaine, des enfants embarqués dont ils ne savent plus qui sont les parents. Ils parlent des années qu’il faudra pour pouvoir rétablir une véritable politique. Ils ont peur de ce qui est en train de se jouer actuellement. La réalité nous ont-ils dit, c’est qu’aujourd’hui, les familles se disputent, se séparent. Il n’y a plus aucune communication possible. On est pour ou contre, mais on ne peut plus être au milieu, parce que les discussions sont trop extrêmes. Ainsi certains y voient le chaos.

Voilà que nous apprenons aussi la vérité sur l’ESTA. En fait, ce visa électronique nous inquiète. Pour pouvoir l’obtenir, chaque demandeur doit accepter de renoncer à tous ces droits. Une simple case à cocher dans un processus administratif, mais une implication énorme. En cas de problème, les ambassades ne peuvent rien faire, nous sommes seuls dans le système juridique américain sans protection de nos droits. Et aujourd’hui, des milliers de touristes et d’hommes d’affaires voyagent avec ce visa électronique.

En Alaska, la situation est aussi compliquée, le gouverneur Mike Dunleavy vient de décider de couper une énorme partie du budget accepté par la chambre des représentants. En fait, l’Alaska a établi en 1976 le fond permanent. Ce fond, obtenu par 25 % des revenus du pétrole et du gaz, avait pour but de faire bénéficier à vie toutes les générations avec l’argent de ses ressources naturelles. Placée en investissement, le fond n’est jamais touché, juste les intérêts, ce qui permet de redistribuer à chaque résident de plus de 5 ans un revenu annuel. Généralement l’allocation est de 1 000 à 2 000 USD. Mike Dunleavy a été élu grâce à sa campagne pour monter le revenu du fond permanent à 3 000 USD par personne, soit disant le montant d’origine. Il est aussi intéressant de savoir que l’Alaska est le seul état sans taxe.

La population, surtout ceux qui viennent d’arriver, est portée par «l’Alaskan dream». Comme plongée dans la ruée vers l’or de leurs ancêtres, ils souhaitent venir au Nord pour faire fortune, pour vivre la vie dont ils rêvent, pensant qu’ici tout est possible.

Pourtant ce qu’une partie de la population reçoit comme un cadeau du gouvernement à équilibré avec le budget de l’état, d’autres le perçoivent comme un dû. Lorsque Mike Dunleavy a choisi de couper une grande partie de la subvention pour augmenter le revenu du fond permanent, beaucoup ne se sont pas rendu compte des implications. Il a ainsi coupé les subventions pour les ferries, le seul moyen de se déplacer en Alaska du Sud-est, il a aussi touché les radios et les communautés artistiques, les aides sociales pour les personnes âgées ainsi que les abris pour les violences faites aux femmes et aux enfants. Et il a surtout coupé près de 40 % du budget des universités du jour au lendemain. Comment une institution peut-elle tourner avec une diminution si drastique et 2 mois de notification? Les résidents de l’Alaska vont recevoir 3 000 USD cette année, mais une grande partie va perdre leur emploi. Et le plus incroyable c’est que ceux qui en ont réellement besoin vont le dépenser en quelques jours, augmentant d’ailleurs dans la semaine de réception du chèque les problèmes de violences conjugales, d’alcoolisme et de drogue.

Céline

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