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Canada

Camper par -35 °C

10 juin 2020

Je monte la tente avant la nuit

Il est quatre heures du matin. Je suis emmitouflé dans mon sac de couchage et pourtant j’ai froid. Une intense sensation de froid. Je prends ma montre altimètre et le thermomètre indique -35 °C. Je m’enfonce encore plus profondément dans le sac, espérant trouver un peu plus de chaleur. Rien n’y fait, je suis éveillé jusqu’à ce que le soleil se lève. Il apporte un peu de réconfort et pourtant la température est toujours la même.

Sortir du sac de couchage reste le plus difficile. Les transitions sont toujours délicates. Je prends mon petit déjeuner en espérant qu’il me donne l’énergie suffisante pour que mon corps se réchauffe. Mais je sais que c’est surtout ma mise en mouvement qui va me procurer le plus de chaleur.

Une soirée magnifique à contempler les étoiles

À cette température, chaque geste compte. Je suis heureux d’avoir monté et plié cette tente des milliers de fois. Je pourrais même le faire les yeux bandés. Et voilà la tente est démontée. Je profite de contempler une fois encore le paysage, pour quelques secondes. De hautes montagnes lacérées s’élèvent face à moi. C’est majestueux.

Hier soir, j’ai contemplé le paysage longtemps. J’ai admiré le coucher du soleil. Puis j’ai attendu les aurores boréales. J’ai alors regardé les constellations apparaître dans un ciel si noir et étoilé que j’avais la sensation d’en percevoir sa profondeur. Des heures à contempler le ciel et d'un coup, une ligne verte est apparue, faible en intensité. Puis elle s'est agrandie, à envelopper les montagnes et à commencer à bouger. Une aurore boréale, magie!

Cette nuit, les aurores boréales sont calmes,
mais elles illuminent tout de même le ciel

Je suis parti en solo pour une aventure en fatbike, ces vélos aux pneus surdimensionnés. Ici au Yukon, ils sont très répandus. Ils permettent de rouler facilement sur de la neige à condition qu’elle soit tassée ou peu profonde. Une sensation extraordinaire. À Whitehorse, une grande partie de la population se déplace toute l’année à vélo. Certains enfants vont aussi à l’école avec ce moyen de transport, comme Joséphine. Elle rejoint tous les jours son école à vélo, sauf si la température est inférieure à -20 °C.

La neige est si légère que j’utilise les chemins tassés par les motoneiges pour pouvoir explorer cette région avec mon fatbike. Je suis parti en exploration, une sensation de liberté et d’aventure me nourrit, malgré les températures. J’ai l’occasion de voir un lynx se faufiler dans la nuit et des traces de gloutons. Au milieu de ces superbes paysages glacés, je me sens si vivant.

Xavier

 

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