Dans les montagnes du Nordet | Coopération
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Québec, Octobre 2020

Dans les montagnes du Nordet

29 décembre 2020

Vue sur les forêts et le Mont Tremblant. Octobre 2020

Notre première idée était de voyager au Québec sur une des nombreuses pistes cyclables, les routes vertes, afin que Fibie puisse profiter de rouler toute seule sur son vélo. Nous imaginions prendre le temps, de petites journées de vélo dans la chaleur de l’été indien. Pourtant, notre vie est l’illustration que tout est changement. Déjà lors de notre traversée de l’Ontario avec Rick, il plante les graines d’un itinéraire qui nous emmènerait vers le mont Tremblant. Tout l’univers semble s’aligner pour que nous y passions. De la piste cyclable plate que nous imaginions, des petites journées ensoleillées, nous voilà dans les montagnes du Mont tremblant avec des montées aux pentes très raides. Les températures sont de plus en plus froides et nous roulons maintenant avec des mitaines. Aujourd’hui, la journée est longue et les montées intenses.

Nayla est heureuse d’avoir atteint le premier col. Octobre 2020

Nous essayons de trouver l’équilibre entre les moments où Fibie peut rouler et le bien-être de tous. Ce n’est pas toujours simple. Nous cherchons de l’eau, le dernier petit restaurant nous en a refusé à cause des nouvelles directives pour le covid. Finalement, une femme remplit nos vaches à eau de 10 litres. Après encore 45 min de route, nous trouvons un petit coin pour planter notre tente. Au petit matin, l’air est glacial. Il fait -6°C. Nos bouteilles d’eau ne sont qu’un gros glaçon. Le froid est intense et la brise mordante. Même l’intérieur de la tente est gelé. C’est à ces moments que nous sentons notre expérience, nos 10 ans sur la route.

Vue sur la route du Nordet. Octobre 2020

Aujourd’hui pourtant nous allons rouler sur le Nordet. C’est à nouveau l’univers qui nous y a guidés. Nous ne savons même pas que cette route est réputée pour le cyclisme. Une des routes mythiques du Québec. C’est d’ailleurs aujourd’hui que de nombreux cyclistes s’élancent dans un défi sur cette route de 88 km. Elle passe au travers des montagnes de Lanaudière, et cumule les montées abruptes avec des pentes de plus de 10%. Finalement, c’est agréable de voir des gens souffrir autant que nous. Non pas que nous y trouvions plaisir, mais nous avons la sensation de partager l’effort. Habituellement, ce sont des voitures qui passent à toute allure à côté de nous, sans même sentir que la pente augmente.

Nayla et Céline montent le deuxième col, poursuivit d’un cycliste participant au défi. Octobre 2020


Les participants du défi nous dépassent, la majorité sont concentrés sur la route, ils n’ont même pas le temps de dire bonjour ou de sourire, "eux font une course! » D’autres s’exclament et nous encouragent tout autant que nous les encourageons. Ils crieront surtout des « lâche pas! » qui nous surprennent! Xavier murmure: « Mais qu’est ce que tu veux que je lâche! » Et je pense: « il n’y a pas de risque, cela fait déjà 10 ans que nous sommes sur les routes ». Ce qui nous étonne c’est surtout cette formule d’encouragement dans une négation. Toujours est-il que nous les motivons avec des « Courage » ou « Bravo ». Avec nos vélos chargés et Nayla sur le tandem, certain nous demande si vous avons des moteurs! Puis une femme s’exclamera: « Vous êtes incroyables, c’est la route la plus difficile au Québec. » Une partie de moi se demande pourquoi nous nous trouvons toujours sur ce type de route, mais j’ai déjà la réponse. Le paysage est absolument grandiose. Les montagnes rondes se dessinent tout autour de nous. Elles sont tapissées de forêts de feuillus qui sont en pleine transformation. Elles se parent de leurs plus belles couleurs. Ces feuilles créent des tableaux lumineux aux couleurs vives. Nous nous sentons portés par la magie de ce lieu. Au sommet des cols, après l’intensité de l’effort, la terre nous offre ces plus belles images.

Céline

Descente dans les couleurs d’automne. Octobre 2020

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