Des champs à perte de vue | Coopération
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Alberta - Canada, Juillet 2020

Des champs à perte de vue

28 septembre 2020

Des champs à perte de vue, nous voilà dans les grandes prairies du Canada. Une large partie des récoltes du pays se font sur ces grandes plaines. Gigantesques étendues qui s’étendent à l’horizon. Le ciel domine alors le paysage. Ce sont ces bleus, chaque jour différents qui imprègnent la terre. Les nuages forment des aquarelles, parfois des tableaux dramatiques. Surtout, ils semblent être les témoins des distances, les témoins de ces vastes plaines. La nuit alors, seuls les hurlements des coyotes troublent la paix de la voûte céleste. Dans ce ciel infini, nous nous sentons minuscules, face cette danse d’étoiles et au passage de la comète Noewise. Cet astre de poussière et de glace à la queue luminescente ne passe que périodiquement tous les 6’800 ans et ce soir nous pouvons l’observer. Telle une muse, elle donne l’inspiration de cette grandeur infinie qui nous entoure.

Les routes des prairies, des champs à perte de vue. Juillet 2020

Dans ce ciel si vaste virevoltent une incroyable variété d’oiseaux, les faucons des prairies, des buses de Swainson, le Dickissel d’Amérique, le Bruant de Braid, le Passerai Indigo avec son plumage bleu irisé, la Quiscale de Brewer, le Tyran de l’ouest et même le Moucherolle Phébi au nom de Fibie. Nous avons l’occasion de les observer virevolter, chanter, ou planer à la recherche de leur prochaine proie. Le cri perçant des buses a questionné Fibie, alors que Nayla était émerveillée par trois larges hiboux blancs et gris, des Grand-duc d’Amérique qui se sont envolées à notre passage dans la magie du moment.

Xavier roule le long d’un champ de colza. Juillet 2020 

Ces terres étaient autrefois de larges prairies habitées par les troupeaux de bisons. Les peuples autochtones Pikuni, Kainai, Sikisika, Tsuu T’ina, Cree des plaines, Saulteaux, Stoney et Assiniboine, font partie de 4 confédérations: les Pied-noirs, les Cree, les Ojibwa et les Sioux. Ils vivaient principalement de la chasse aux bisons. Avec de l’arrivée des Européens, les paysages ont été transformés. Pourtant, ces terres sont précieuses. La culture intensive et le pâturage excessif avaient enlevé une telle partie de l’ouverture végétale que dans les années 1930, quelques années de sécheresse ainsi que des tempêtes de poussière ont créé la catastrophe écologique du Dust Bowl. Dans la même période, la Grande Dépression touche le Canada de plein fouet. Après les États-Unis, il reste le pays le plus touché par cette crise économique mondiale. Aujourd’hui encore, la sécheresse reste un des dangers majeurs pour l’agriculture de cette région. Pourtant, une meilleure compréhension de l’écologie de ces grandes plaines a permis de montrer l’importance des herbes indigènes qui possèdent des racines profondes et qui emprisonnent le sol et l'humidité même pendant les périodes de sécheresse et de grands vents.

Aujourd’hui, « les récoltes » était le sujet de l’école à la tente. Juillet 2020

Nous traversons les champs de blé encore vert, les champs d’orge avec leurs épis aux longues barbes, les champs de lentille, ceux de moutarde, mais surtout les champs de colza. Les fleurs de canola jaune vive créent des tableaux exceptionnels dans ce patchwork de couleur. Elles ravissent le regard et embaument aussi l’air de leur senteur douceâtre et chaleureuse.

Céline, Xavier, Nayla et Fibie