Des pommes acidulées au Québec | Coopération
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Québec, Octobre 2020

Des pommes acidulées au Québec

26 décembre 2020

La rivière des Outaouais nous sépare maintenant de la province de Québec. Nayla est surexcitée. C’est la première fois que nous roulons dans un lieu où la langue maternelle de la population locale est le français. Et cela l’a rend euphorique. Elle se réjouit de communiquer dans cette langue. Nous prenons alors un traversier qui nous emmène à travers les flots du fleuve.

Fibie et Céline sur les premières pistes cyclables du Québec. Octobre 2020


-« On est à Québec! On est à Québec! » chante Nayla en refrain.

Rien n’a changé et pourtant tout a changé. Nous ressentons ce passage comme celui d’une véritable frontière. Nous avons toujours dit que les frontières des pays correspondent à une réelle transition. Une fois encore, nous avons cette sensation, même si cette fois ce n’est qu’un changement de province. Nous sommes sortis d’une manière de faire et de penser pour entrer dans un autre système, un autre moule. Il est indescriptible et pourtant si présent. Nous nous réjouissons d’enlever les couches, comme des pelures d’oignon qui nous fera toucher le coeur de cette Terre.

Eglise au centre de Saint-André Avellin. Octobre 2020

Les premières manifestations d’un nouveau monde sont les nombreuses petites villes. Elles possèdent presque toutes des commerçants locaux et des dépanneurs, le mot québécois pour les épiceries, boulangeries ou boucheries. Pour nous, c’est un réel changement. Il y a encore quelques mois, le premier supermarché était à 200 km. Pourtant, notre première rencontre restera une anecdote gravée dans la mémoire de Nayla, un monsieur d’un certain âge responsable de faire passer les écoliers sur les passages piétons. Nous voyant arriver avec nos vélos chargés, il s’exclame dans un jargon incompréhensible et tente de faire de l’humour. Nayla qui se réjouissait de parler en français se tourne vers Xavier. Elle a les yeux globuleux d’un poisson et s’exclame à haute voix: -« Mais on n’a rien compris de ce qu’il a dit! J’ai cru qu’ils parlaient français! » Xavier éclate de rire, lui non plus n’a rien compris. Je tends l’oreille et arrive à répondre à l’homme qui communique avec nous malgré son fort accent.

Nayla est encore toute retournée, elle n’arrive pas à y croire. Une demi-heure plus tard, une personne nous accoste et Nayla est finalement rassurée. Ici, on parle bien le français!

Pause de midi au coeur des forêts. Octobre 2020


Nous longeons alors la rivière des Outaouais. Les températures ont chuté ces derniers jours et nous sommes déjà proches des gelées matinales. Les nuits sous tente se révèlent être glaciales. L’humidité ambiante fait pénétrer le froid dans nos corps. Dans le fond de la vallée, proche d’une grande rivière, l’air est gorgé d’eau. Tous les matins, le dessus de nos sacs de couchage est détrempé, tout comme notre tente. À chaque pause de midi, nous devons ainsi tout sortir, étaler notre matériel afin de le faire sécher. Avec nos sacs de couchage en plumes, c’est une nécessité afin de garantir leur isolation thermique. Puis nous entrons dans les premières collines en direction du Nord. Là sur les petites routes qui ondulent au coeur des forêts, nous découvrons de nombreux pommiers sauvages. Leurs petites pommes acidulées nous réconfortent le long des montées. Nayla est ravie de sauter de son vélo pour aller en cueillir. Elle sélectionne la plus belle, parfois fait plusieurs bonds pour l’attraper, puis en prend une deuxième pour sa soeur Fibie, qui se repose dans la charrette.

Céline


Pause de midi au coeur des forêts. Octobre 2020

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