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Explorer le Yukon en hiver

03 juin 2020

Fibie tenait absolument à faire du vélo par moins 40°C

Fibie et Nayla hurlent! Nous sommes au milieu d’un lac gelé et les deux crient et pleurent de froid. Pourtant, ce matin, nous étions si contents parce qu’il faisait uniquement -17°C et l’impression de froid était largement supportable. La réalité est tout de même présente. Le froid s’insère partout, dans tout notre corps. Nous sommes sur Pine Lake en train de faire du ski de fond. 15 minutes après notre départ, sans aucun signe préalable, Fibie et Nayla se plaignent du froid au point de pleurer. Le froid est devenu insupportable! C’est la plus grande des difficultés avec les enfants. Les filles n’ont pas une échelle sur laquelle nous puissions nous tabler, pas de baromètre. Tout va bien, puis c’est la chute, rien ne va plus. En quelques secondes, les rires passent aux larmes. Le froid est déjà installé dans tout leur corps. À cet instant, il nous faire un feu ou rejoindre un lieu chauffé le plus rapidement possible. Aujourd’hui, Fibie et Nayla continueront de hurler alors que lentement leur pied et main se réchauffent. Pas si simple d’emmener les enfants pour explorer le Grand Nord.

Nayla toujours motivée à jouer dans la neige, même par des températures glaciales

Tout l’hiver, nous allons découvrir le Yukon grâce à divers modes, parfois pour une dizaine de minutes parfois pour quelques heures. Le patin nous permet d’aller sur les lacs gelés. Les ski de fond ou nordique nous emmène le long des chemins dans la forêt boréale ou lors des traversées des lacs gelés. Le fatbike nous permet de faire des explorations un peu plus longues ou en solo. Mais surtout nous sommes contents d’avoir la charrette en mode hiver. Nous avons deux longues barres pour la tirer et des skis pour qu’elle puisse glisser sur la neige. Nous avons donc toujours un abri pour y mettre les filles.

Xavier tire la charrette dans un brouillard épais

Mais la réalité de cette terre, c’est surtout son hostilité. D’abord, il y a la noirceur de ses journées d’hiver, qui rétrécissent à vue d’œil. La nuit est simplement interminable. À 10 heures, le jour n’est pas encore levé. Et dans quelques jours, le soleil dépassera à peine les montagnes, nous offrant uniquement quelques minutes de sa clarté, pour plonger nouveau derrière des sommets. Les températures sont aussi extrêmes. Avec ce froid, l’humidité est quasiment inexistante. C’est extraordinairement sec, ce qui aide à supporter les températures. Pourtant, le moindre vent sur la peau découverte crée des engelures à une vitesse phénoménale. La peau devient blanche et insensible. Ce qui peut être dramatique, si on ne s’en rendre compte. Évidemment les extrémités sont particulièrement difficiles à garder au chaud. C’est ainsi que de nombreuses personnes utilisent les peaux des animaux. Ils insèrent de la fourrure de castor dans les gants et autour des capuchons des poils de loup, de glouton ou de coyote. Cela permet de protéger le visage du vent.

 Céline tire Fibie en direction de la montagne de Décoeli

Parfois ce sont les tempêtes qui s’installent lors de nos sorties, avec des chutes de neige abondante, une visibilité limitée, voire nul ou des bourrasques. Nous naviguons alors dans une immensité blanche sans aucun point de repère.

Céline, Xavier, Nayla et Fibie

 

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