L'appel des prairies Canadiennes | Coopération
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Yukon Canada, Juillet 2020

L'appel des prairies Canadiennes

20 septembre 2020

Pendant longtemps, nous n’avons vécu que des hésitations. Comment pouvoir se projeter dans le futur avec la situation mondiale actuelle et le covid. Impossible, impossible de planifier, nous devons vivre le moment présent. Notre billet d’avion pour Calgary, là où nous avons laissé nos vélos durant l’hiver, ne fait que de s’annuler. Impossible de sortir du Yukon. La première frustration laisse place à l’ouverture. Après 3 annulations, nous décidons que c’est un signe. Nous devons certainement rester dans le Yukon, pour expérimenter les joies du printemps et de l’été dans cette région sauvage et pour le moment isolée du monde, puisque seuls les résidents du Yukon peuvent entrer sur le territoire depuis mars. Puis en juillet, tout se modifie.

Nous sommes à nouveau en train de regarder nos options. Après avoir recherché les informations, les possibilités et les faits, il nous faut sentir ce qui est juste pour nous en ce moment. Nous décidons alors de redonner le tout à l’univers. En trois jours, toutes les portes du Yukon se referment et voilà que les prairies canadiennes nous appellent. Dix jours plus tard, nous prenons l’avion pour Calgary.

Dans l’avion, nous devons porter des masques et certaines personnes ont des combinaisons entières. « Le monde est étrange, il a changé », nous dit Nayla. Calgary est la ville la plus touchée de l’Ouest canadien, pourtant lorsque nous y arrivons les gens sont relativement détendus. Les parcs et places de jeux ont maintenant rouvert ainsi que les campings. La majorité des provinces de l’Ouest sont aussi ouvertes à des voyageurs d’autres provinces et le mot d’ordre n’est pas l’isolation à la maison. Nous remarquons pourtant que les limites sont très personnelles. Certains imposent une large distance et n’entre dans aucune maison, d’autres prennent la chose avec plus de légèreté et se retrouvent entre amis pour partager un repas. Nous ne sommes pas très inquiets concernant le covid, lorsque nous sommes sur nos vélos. Dans le Canada, nous sommes pratiquement tout le temps en isolation, vu que nous dormons sous tente dans des lieux reculés. Par contre, nous nous interrogeons sur l’accueil que nous allons recevoir, surtout dans les petites communautés, parce qu’à Haines Junction il y avait beaucoup de peur et peu de ressources médicales. Pour le moment, l’accueil est positif et nous nous réjouissons de reprendre la route. Mais avant, il est nécessaire de remettre nos vélos en états, refaire nos bagages, s’alléger pour n’emporter que l’essentiel. Les filles sont remarquables. Ce n’a pas été un problème pour Nayla de choisir le minimum, Fibie doit encore apprendre, mais l’attitude de sa soeur l’a vraiment aidée à choisir ce qu’elle voulait vraiment garder. Le plus difficile pour elles a été de quitter le Yukon et surtout leurs amies. C’est un processus qui passe par des moments de tristesse alternés avec l’excitation de partir en exploration sur leur vélo. Et puis Fibie a aussi reçu son nouveau vélo! Hier, elle a roulé 25 km avec le système tandem, tellement heureuse et fière d’être sur son vélo avec nous!

Caglary, Juillet 2020. Nous retrouvons notre équipement et Fibie reçoit son premier vélo. Juillet 2020

Calgary nous accueille avec sa douce énergie et sa chaleur. Cela nous fait du bien, ne serait-ce que de profiter de manger dehors au soleil sans moustique. Nous réalisons alors la puissance un peu brutale du Yukon. Ici tout paraît plus facile. Nous avons été mis en contact avec Evan et Jane qui nous parle de l’association Cycling Without Age. Ils utilisent des trickshaws pour emmener des personnes âgées ou à mobilité réduite pour prendre l’air, faire un tour dans les parcs ou aller manger une glace. Nous rencontrons aussi Andrew et Monica qui nous ont invités à faire une présentation pour leurs amis. Incroyable rencontre avec de riches personnalités. Tous sont repartis touchés et inspirés par notre vie de nomade en famille, par notre manière de vivre la parentalité, mais surtout par notre confiance en la Vie. Notre vie se vit au moment présent. Il nous est impossible de nous projeter après le prochain virage. Le fait que nous puissions le vivre dans la confiance apporte beaucoup de réconfort et un exemple dans cette période d’incertitude.

Céline, Xavier, Nayla et Fibie

 

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