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Canada

L'infinitude de cette terre

24 mai 2020

Les sommets se suivent à l'infini

L’infinitude qui nous entoure dépasse notre imaginaire. Nous pouvons dilater notre énergie au-delà des vastes plaines, par-dessus les vallées et larges rivières, plus loin que les lacs, au-delà des montagnes... Il n’y a aucune limite à ces espaces sauvages. Nous faisons partie d’un gigantesque tout qui s’étend au-delà de notre entendement. Le Yukon en hiver est un peu comme une île, par moment il peut être coupé de tout lien extérieur et plongé dans sa terre des extrêmes. Les milliers de montagnes que nous avons survolées, les gigantesques espaces vierges qui se sont déployés sous nos yeux lorsque nous avons pris l’avion pour retourner dans le Grand Nord étaient sans aucun doute le premier plongeon dans cette infinie vastitude. Encore aujourd’hui, à chaque instant, cette terre nous permet de respirer plus profondément, comme si elle était une invitation à réveiller chaque parcelle d’étoile en nous. Elle est une terre de transformation. Chaque pas nous offre les puissantes vibrations de ces espaces sauvages, et chaque regard nous nourrit de sa beauté, sublime, austère. Elle invite à l’élévation et pourtant elle ne pardonne pas, seul le respect en la puissance de cette nature ainsi qu’une profonde connaissance de soi permet de l’explorer sans passer la limite, cette fine ligne de la vie... Le basculement peut intervenir en quelques secondes.

 Cette terre impose le respect

Le pica à collier peut en témoigner. Minuscule, ce petit mammifère fait partie de la famille des lièvres, imaginez un lapin nain de la taille du poing. Vu qu’il n’hiberne pas, il occupe la plus grande partie de son été à remplir son garde-manger de végétaux. Certains picas à collier, une petite minorité, vit aux cœurs des champs de glace, dans un environnement naturel extrême. Aucun autre vertébré ne vit à longueur d’année sur des nunataks isolés, un petit piton rocheux au cœur de la glace. Au cœur d’une vastitude infinie de blanc, il est seul. Pour trouver un autre endroit où vivre et s’abriter ou un partenaire pour s’accoupler, il doit alors traverser une dizaine de kilomètres sur ces champs de glace.

Céline

 

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