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Canada

La Route Yellowhead

18 mars 2020

Sur la route de Yellowhead

Suivant la route Yellowhead, nous arrivons à Terrace. Cette fois, nous restons médusés par ce qui se joue face à nous. Alors que nous profitons de la place de jeux et de jets d’eau, nous vivons le fossé qui sépare les peuples, qui sépare les Premières Nations et les «Occidentaux». Le clivage que nous ressentons est gigantesque. Nous en sommes surpris, désabusés. Il y a une réelle fracture. Nous apprenons aussi que nous voyageons le long de l’«Highway of Tears», la route des pleurs. Depuis les années 70, de nombreuses disparitions et meurtres n’ont jamais été élucidés sur la route Yellowhead entre Prince Rupert et Prince George, la plupart sont des femmes indigènes. Nous pouvons observer des panneaux qui rappellent ses tragédies et les souffrances des familles. J’ai des frissons qui me traversent tout le corps rien qu’en me reliant à ces énergies. Elles sont teintées d’une grande violence, et comme un souffle glacial, elles se répandent le long de notre chemin. C’est encore si présent, cette ombre, cette peur, les larmes qui n’ont jamais pu effacer la douleur. C’est terrifiant. Elle dessine aussi d’autres réalités comme la pauvreté, l’abus de drogue, le racisme systémique et la violence domestique.

Pourtant, nous sommes invités chez Cheryl et Sandy. Lors de la soirée, les tambours résonnent, fabriqué selon les traditions ancestrales Haïda, les voix s’élèvent dans des chants mélodieux. Sarah s’efforce de chanter pour amener chaque personne à entrer en contact avec la beauté et la grandeur de son âme. Elle chante pour inviter les personnes à se reconnaître dans leur unicité et amener à la guérison du passé. Nayla et Fibie enfilent leur tutu et commencent à danser au centre du cercle, augmentant encore l’allégresse du groupe. Elles ont apporté par leur danse cette parfaite innocence, spontanéité et joie qui ont permis de transformer la soirée. À notre départ, ils ont les larmes aux yeux.

Céline