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La sédentarité va-t-elle de soi ?

09 mai 2020

Nayla

La sédentarité va-t-elle de soi? Pour Xavier et moi, la sédentarité fait partie de nous, nous l'a connaissons bien. Pour Fibie et Nayla, elles qui ont été nomades depuis leur naissance, cela ne va pas de soi. Il faut l'apprivoiser. Mais c'est surtout la nouvelle dynamique en famille qui se met en place, qu'il faut harmoniser. Oui la sédentarité n'est aussi pas si simple. Cette phrase étonne certainement, autant qu'elle rassure.

Fibie

Les premiers aspects de la sédentarité sont pourtant délicieux: la magie de l'eau courante, de l’électricité, d'un toit lors des intempéries, le repos d'être à l'intérieur, la sécurité des murs. Sommes-nous capables de vivre cette gratitude à chaque instant? Être nomade demande une énergie phénoménale, ne serait-ce que pour vivre: avoir de l'eau et de la nourriture en abondance, mais surtout c'est plonger dans un inconnu total qui ne peut se permettre d'être dans la peur. Seule la confiance peut régner, c'est un puissant état de conscience que nous devons constamment alimenter. La force de vie qui nous fait vibrer pour vivre nomade est majestueuse, le confort de la sédentarité nous offre une pause. «Nous savons où nous allons dormir ce soir.» Évidemment, ce simple fait change tout. Nous avons ainsi envie de faire d’autres choses qui ont été laissées de côté, souvent de nouveaux apprentissages, des sujets à approfondir, des intérêts propres à chacun d'entre nous. Xavier et moi plongeons dans nos envies du moment, et sentons ce besoin d'indépendance monter en nous. Nous souhaitons du temps, du temps pour nous et dans une légère impatience. Au même moment, nous avons un besoin d'organiser, comme si nous devions déjà poser les bases d'une planification plus stricte de notre temps et de nos activités, y compris de l'école à Nayla.

Xavier

Nayla et Fibie n'y comprennent rien. Ce besoin d'indépendance exacerbé se confronte à leur besoin de tendresse et de douceur. Enfin un cocon pour se poser et se reposer, pourquoi ne pas prendre le temps de faire les choses ensemble? Elles sont dans l'«être  ensemble et nous vibrons l'indépendance. En plus, Xavier et moi, nous nous préparons mentalement à un moment de pause, alors c'est un peu comme si tout notre être et notre corps cherchaient l'activité, «encore quelques jours avant l'hiver!», dans une forme de boulimie pour ne pas s'arrêter. Alors que les filles sont en lien avec l'énergie du moment, le repos. À la fin de cette traversée Alaska-Canada, nous sommes fatigués, exténués. Les exigences de la route et des gigantesques distances faisaient place à des exigences sociales nous laissant peu de temps pour reprendre notre souffle. Nous n'avons pas eu de pause. Ce premier moment de pause s'offre à elles comme la nécessité d'un doux répit. Nayla surtout est fatiguée, une grosse fatigue et peu d'envie. Un besoin d'intégration. Alors évidemment notre volonté organisationnelle explose, non sans quelques tensions et frustrations. Il nous faut lâcher, et laisser être.

Céline

La sédentarité est donc pour nous un nouvel équilibre à mettre en place dans le respect de chacun et dans la nécessité de prendre le temps du changement, d'être à l'écoute de ce qui se joue et des besoins de chacun.

Céline

 

 

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