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Yukon Canada, mai 2020

La vie des castors

24 juillet 2020

Un castor nage paisiblement dans la rivière Dezedeash. Mai 2020

La rivière Dezadeash coule face aux somptueuses montagnes de Kluane. Nous nous arrêtons vers son rivage. Instantanément, quelque chose nous surprend, quelque chose de différent qui réveille en nous une joie indescriptible. Cela fait des mois que nous vivons dans le monde tapissé de la neige, blanc à perte de vue. Mais là, c’est différent, nous percevons le ruissellement de l’eau et nous entendons son chant. La rivière s’est libérée des glaces, de ce carcan qui étouffait chaque son. Elle a repris sa fougue et sa mélodie. Elle a revêtu sa robe bleu saphir. Notre corps semble encore plus réjoui que le sourire qui se dessine immédiatement sur notre visage. Une puissante énergie semble le traverser, une énergie de vie. Le printemps renaît et nous le vivons avec l’intensité qui a marqué les longs mois d’hiver.

Vol de migration des colverts. Mai 2020

Le panorama nous offre lui aussi une profonde sensation d’émerveillement. On dirait que la nature compose le cliché parfait de l’image du Grand Nord. Les sapins fongiformes créent des pointes face aux méandres de la rivière. Leur vert foncé contraste avec les montagnes enneigées. Le paysage insuffle une sensation de liberté et de nature sauvage. Nous sentons l’énergie du Nord souligner chaque détail. L’air frais pénètre dans nos narines avant de révéler l’odeur boisée des épinettes noires. La gratitude commence à me traverser le corps lorsque Nayla crie: «Les castors sont là!»

Un porc-épic part se cacher dans les buissons. Mai 2020

Nous nous asseyons au bord de la rive et observons. Après quelques minutes, voilà qu’ils font des aller-retour face à nous. Ils nagent vers les berges, puis reviennent vers leur hutte. Nayla et Fibie essaient de repérer leur longue queue plate, mais aussi leur petite frimousse. Elles ont appris que les incisives des castors ne cessent jamais de grandir et elles espèrent pouvoir les distinguer. Leur silence fait parfois place à des exclamations et de petits rires étouffés.

Un lagopède se promène dans les rochers. Juin 2020

Puis elles observent le barrage et la hutte. Les castors sont de grands ingénieurs, construisant et aménageant leur habitat et entretenant les zones humides. Nayla aimerait distinguer les tunnels permettant d’entrer à l’intérieur de la hutte. Elle est déçue d’apprendre qu’un tunnel souterrain et immergé permet l’accès. Puis elle se souvient qu’il doit y avoir une cheminée d’aération permettant aux castors de respirer sous la neige et la glace. Mais là aussi, c’est impossible à distinguer depuis notre position. Alors elle espère repérer un petit castor, peut-être un qui nage sur le dos de sa maman. Silence. Nous sommes tous à observer le comportement du castor quand «splash», il plonge à nouveau sous l’eau avec un frappement de sa queue. Cette fois, ils ne vont plus ressortir pendant un moment. Fibie part alors explorer la forêt et découvre les arbres abattus. Nayla lui montre les traces de dents dans le bois. «Ce sont ceux des castors» lui explique-t-elle. Mais le vent froid qui s’est levé limite leur exploration, nous reprenons le chemin du retour avec les récits animés des découvertes de Fibie et de Nayla.

Céline

 

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