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Canada

Le Grand Nord? En hiver?

06 mai 2020

Vue sur les contreforts du parc Kluane

«Vous allez passer un hiver dans le Yukon? Dans le Grand Nord avec des températures extrêmes?» nous demande-t-on à Calgary. Certaines personnes nous regardent d’un air perplexe.

Intérieurement, nous aussi, nous nous questionnons. Nous allons retourner dans les vastes espaces du Yukon. Certes, nous sommes attirés par cette nature sauvage, par la pureté d’un hiver cristallin. Cette idée n’est pas apparue de nulle part. Cela fait longtemps que cette envie est présente, un mélange de rêve, une intuition grandissante qu’un jour nous serions en hivernation quelque part dans le monde. Notre retraite en silence dans le Monastère de Marmusma en Syrie en avait dessiné les contours. En 2011, notre choix de rejoindre la Mongolie pour y passer un hiver ne s’était pas matérialisé. Nous n’avions obtenu qu’un visa de 2 mois. Nous étions invités à poursuivre le mouvement. En 2018, nos cœurs pouvaient s’imaginer passer l’hiver en Sibérie dans la vallée de la Tounka. Mais ce n’était pas le moment. Cette fois tout se dessine pour que nous puissions vivre ce rêve, expérimenter une retraite hivernale dans le Grand Nord.

 En janvier 2011, dans le silence du désert Syrien

Pourtant, aussi romantique que cela peut paraître, c’est aussi de plonger dans la longue nuit noire de l’hiver. Et nous savons que cela peut exacerber nos peurs intérieures. Cette fois, il n’y aura aucune fuite possible. Nous serons isolés, dans un climat hostile, et pourtant l’accueil que nous avons reçu cet été à Whitehorse nous rassure. Nous y avons déjà des amitiés et sentons que ce lien de cœur pourra aussi nous aider.

En décembre 2011, nous traversions la Mongolie en hiver

Nous nous questionnons sur le futur, sur cette hivernation: sera-t-elle une hibernation? Allons-nous trouver un équilibre? Allons-nous expérimenter ce que les Canadiens appellent «cabin fever»? Cette sensation d’enfermement, lorsque confinés trop longtemps dans un espace limité et isolé?

En 2018, dans la vallée de la Tounka en Sibérie

Surtout en famille, cela augmente encore les questionnements. Ce ne sera pas uniquement notre équilibre, mais aussi celui des filles et de notre quatuor. Nos doutes sont bien réels, pourtant une sensation de confiance nous habite, nous sentons que c’est le moment.

Céline, Xavier, Nayla et Fibie

 

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