Le retour des ours | Coopération
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Yukon Canada, juin 2020

Le retour des ours

07 août 2020

Un grizzly mange paisiblement des fleurs. Juin 2020

Un soulagement m’avait envahi à l’idée d’avoir traversé les zones où la concentration d’ours est la plus élevée. Au printemps, nous devions reprendre nos vélos pour nous diriger dans les prairies canadiennes. Pourtant, impossible de quitter le Yukon vu la nouvelle situation mondiale. Nous y sommes coincés, l’avion qui doit nous emmener à Calgary pour récupérer nos vélos est constamment annulé. On nous a souvent raconté que les gens viennent ici pour deux semaines ou six mois et ne repartent jamais. Un peu comme si le Yukon avait la faculté d’aimanter les personnes. Nous en avons beaucoup ri cet hiver, accompagnés par les nombreux récits. Cette fois nous sentons que le Yukon ne nous laisse plus repartir... du moins à sa manière.

Ours noir. Juin 2020

Du coup, nous vivons l’arrivée des ours, la sortie de leur hibernation. Pourtant, en moi, je sens que cette sensation de peur panique a été pacifiée. Non pas que je ne fasse plus attention, ici ils font partie de la vie. Mais la peur est devenue à mon échelle et je sens maintenant un profond respect pour les ours.

Toujours est-il que nous sommes dans une région largement peuplée par des grizzly et ours noirs. Juste après l’hibernation, la population locale nous conseille de ne pas camper avec les enfants, pour éviter les problèmes, jusqu’à ce que la végétation soit un peu plus abondante.

Aujourd’hui, nous les savons présents autour ou parfois dans le village. À cette période, les mâles repoussent souvent les femelles dans les zones de plaines. Elles se retrouvent alors avec les bébés, parfois deux petits oursons d’une année. À cet âge, ils ont déjà quasiment atteint leur taille d’adulte, ce qui peut rendre la rencontre très impressionnante.

Grizzly. Juin 2020

Nous avons déjà pu en apercevoir à une vingtaine de mètres. Et nous nous réjouissons de pouvoir en observer d’autres dans de bonnes conditions. Pourtant, il existe aussi des problèmes de cohabitations avec ces animaux, particulièrement lorsque ceux-ci entrent dans les communautés ou commence à chercher de la nourriture dans les composts. Ils sont alors trappés vivants puis déplacés. Un ours noir peut être placé à 65 km, mais pour un grizzly il faut un minimum de 200 kilomètres pour que la distance soit considérée comme sécuritaire et qu’il ne revienne pas. Quelques ours ont déjà été déplacés cette année, mais le plus grand risque pour la population locale est les personnes peu informées qui leur donnent de la nourriture. Associant la nourriture à l’homme, la problématique peut être grave.

Céline

 

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