Paysages steppiques | Coopération
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Alberta - Canada, Juillet 2020

Paysages steppiques

13 octobre 2020

 

Sur les petites routes, nous sommes seuls. Aucun trafic, des routes asphaltées au cœur des vastes espaces. C’est enivrant. Fibie roule sur son vélo avec le système tandem, heureuse d’être avec nous et de faire comme nous. Elle est déterminée, rit, s’émerveille et parfois se plaint. Pourtant, elle refuse d’entrer dans sa charrette malgré sa fatigue. Elle a cette incroyable énergie pour traverser à 3 ans les prairies canadiennes. Nayla roule seule. C’est impressionnant de voir sa motivation à reprendre la route chaque jour, son enthousiasme à partir à l’aventure à vélo.

Nous choisissons les petites routes asphaltées au centre des prairies. Août 2020

Ici, le ciel est spectaculaire, les nuages sont des formations mouvantes qui composent des tableaux par moment insolites. De longs coups de pinceau blancs dessinent le ciel, de gros cumulus se développent comparables aux plantes de coton, des regards ou animaux se dévoilent subitement comme des images fantômes.

Fibie court et joue dans ces vastes espaces. Août 2020

Les odeurs sont aussi particulières. Nous sommes dans de gigantesques steppes. L’eau semble peu abondante dans cette région, donnant des paysages semblables aux grandes plaines de l’Asie Centrale ou de la Mongolie. Nous sommes transportés par ces étendues et surtout leur forte odeur de sauge. Lorsque nous nous arrêtons, chaque pas soulève les senteurs des plantes aromatiques, parfois suaves, douces, délicates, exquises ou veloutées.

Nous dormons seuls, au milieu de cette nature. Août 2020

Le vent nous pousse et nous sommes exaltés par la beauté du lieu, par la puissance du vent qui nous emporte au cœur de ses paysages. Et c’est à ce moment que nous découvrons cette ombre qui court à nos côtés. Ce n’est pas le cerf hémione, que nous avons déjà observé. Il s’arrête ! Cette fois, c’est sûr, nous venons de voir une antilope pronghorn. Rencontre magique ! Deux jours plus tard, c’est deux adultes et deux petits qui nous regardent passer, en alerte prêts à s’enfuir. C’est le plus rapide mammifère de l’hémisphère nord. Il peut courir à 50 km/h durant une demi-heure et avoir des accélérations à 110 km/h pour 3 à 4 minutes. Il a champ de vision de 300 degré et peut détecter du mouvement à 6,5 km de distance. Nous sommes émerveillés d’avoir pu observer cet animal si particulier et rare.

Coucher de soleil sur la tente. Août 2020

Nous plantons notre tente au cœur de ces vastes steppes. Humble devant la puissance de cette incroyable nature. Une magie nous relie à cette terre, peut-être le souffle de vent qui murmure à nos oreilles, les senteurs qui embaument l’atmosphère ou le ciel qui se parent d’étoiles. Pourtant, dernière surprise de la journée, nous découvrons des cactus sous la toile de tente. De longues épines transpercent la tente. Après les avoir recouverts avec des bouses sèches, je m’occupe des pieds à Fibie. Comme chaque soir, plusieurs échardes y sont plantées. Alors qu’elle dort déjà, je les enlève à la lampe frontale avant de m’étendre dans mon sac de couchage à l’écoute des sons de la nature. Les crickets chantent, un hibou hulule, puis je m’endors bercée par cette douce symphonie.

Nous découvrons l’animal le plus rapide de l’Amérique du Nord, une antilope. Août 2020

 

Céline