The Narrows, détroit du Grand Esprit | Coopération
X

Recherches fréquentes

Manitoba - Canada, septembre 2020

The Narrows, détroit du Grand Esprit

01 décembre 2020

 

Depuis Sainte Rose, nous emprunté la petite route qui nous mène au Narrows. Là, nous traversons des zones humides, des prairies, quelques troupeaux de bovins, mais surtout de nombreuses forêts. Nous sommes seuls sur la route et le paysage semble nous appartenir. Par contre, le souffle du vent est brutal et nous nous battons contre cet élément qui s’est transformé en ennemi pour le moment. Les températures ont aussi chuté et la rosée matinale est presque gelée. Parfois, une brume froide nous encercle. Les moustiques ont laissé la place aux guêpes qui par moment arrivent en grands nombres lors de nos repas. Nous sommes à nouveau dans des lieux plus sauvages. Il n’y a que quelques habitations sur les 200 kilomètres qui rejoignent la prochaine ville. La nuit, les coyotes hurlent. Nous entendons les meutes se déplacer non loin de la tente.

La brume matinale rend le lieu mystique. Septembre 2020

Arrivés au détroit du lac Manitoba, le soleil fait miroiter l’eau qui ressemble à une mer. Quelque chose de cristallin émane du paysage, peut-être est-ce son énergie. Selon les mythes, le son unique des vagues qui écument sur les roches calcaires est la présence du Manito-bau, le Grand Esprit en langue ojibwée. La légende s’est aujourd’hui transformée dans le nom de la province, le Manitoba. Mais peut-être que sa présence illumine encore les paysages aujourd’hui?

L’heure pour l’école dans la nature. Septembre 2020

Une autre légende raconte qu’un monstre, à l’image du Loch Ness, y vit. Ce gigantesque serpent marin, nommé Manipogo, aurait été observé à plusieurs reprises depuis 1908 cependant il reste un mystère.

Nous traversons les Narrows, un pont nous permet d’aller sur la rive est du lac Manitoba. Septembre 2020

Alors que nous poursuivons notre route pour rejoindre Eriksdale, nous longeons plusieurs lacs. Cette fois, d’étranges oiseaux apparaissent dans l’un d’entre eux. Lorsque nous arrivons à leur hauteur, nous découvrons une trentaine de pélicans. Au même moment, ils prennent leur envol, majestueux. L’amplitude de leurs ailes est incroyable. Ils s’élancent en groupe pour rejoindre les thermiques puis planent en prenant de l’altitude dans une spirale que chacun d’entre eux dessine. C’est magique. La puissance qui émane de ce spectacle nous donne des ailes. Nous nous sentons vivants du spectacle qui nous est offert, de la légèreté de cette chorégraphie aérienne.

Nayla aide Fibie à mettre ses chaussures avant de repartir à vélo. Septembre 2020

Puis ce sont les arbres qui nous intriguent. L’un d’entre eux a des feuilles beaucoup plus foncées. Il apparait par ici et par là, et nous interroge. Pourtant, nous sommes trop loin pour pouvoir l’identifier. Arrivés à Eriksdale, nous plantons la tente sous l’un d’entre eux. C’est alors que nous comprenons, ce sont des chênes! Et tout autour, des glands sont tombés pour le plus grand bonheur des filles qui instantanément commencent un nouveau jeu. Mais pour nous, c’est bien plus. Cela fait des années que nous n’avons pas vu de chêne. Nous ne nous souvenons même plus du dernier chêne que nous avons côtoyé. Il s’élève majestueux. Il représente la communication entre ciel et terre. C’est surtout un arbre spirituel à l’esprit puissant et considéré comme sacré dans de nombreuses traditions.

Céline

 

Retour au blog