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Une nouvelle manière d'éduquer?

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Durant la période de Noel, les filles dessinaient
dans leur charrette - Décembre 2020

L’école sous la tente, pas si simple d’être pleinement responsable de l’éducation de ses enfants. Nous ne pouvons pas déléguer la tâche à l’école, non, il n’y en a pas qui sont nomades. Bien sûr il existe de nombreuses options à distance qui sont utilisées par exemple au Canada ou en Australie, dans les régions reculées. Mais lorsqu’on est confronté à être face à l’éducation de son enfant, on commence par se poser la question, «mais qu’est ce que j’ai envie d’enseigner à mon enfant?», «qu’est-ce qui est important?» Vous me direz, c’est simple! Mais l’est-ce vraiment? Est-ce que je souhaite que mon enfant ait une brillante carrière? Que mon enfant s’insère facilement dans la société? Qu’il ait les bases pour pouvoir choisir sa voie? Finalement, qu’est-ce qui est nécessaire? De savoir faire des intégrales et d’avoir lu des classiques tels que Germinal d’Émile Zola?

L’école à côté de la tente - Septembre 2019

Plus j’avançais dans mon cheminement, plus je sentais qu’il fallait intégrer une routine, une discipline, une rigueur. Pour pouvoir apprendre à lire, il en faut. Alors j’ai commencé à mettre des horaires, des fiches d’exercices, des calculs. Là, j’ai la sensation d’enseigner, de lui donner les bases qui l’aideront par la suite.

Mais la réalité est bien autre. Parfois, ce n’est pas le moment, parfois c’est inintéressant, parfois Nayla bâille, n’arrive pas à se concentrer. Parfois, elle s’énerve, s’agite et fait exploser le tout. Cela se finit donc par des longues tirades et morales de ma part et un désintérêt total de Nayla.

Je sens mon besoin de cadrer, de me percuter contre les besoins de Nayla. Cela ne peut quand même pas être cela l’école? Est-ce réellement imposer à l’autre son savoir? Est-ce que Nayla apprend ce que moi je lui enseigne? Pas nécessairement....

Je choisis alors de la laisser décider du moment. Souvent, c’est tard le soir, évidemment, juste avant d’aller au lit. Pourtant quelque chose m’intrigue. Sa manière d’apprendre est alors incroyable. Elle est motivée, enjouée, apprend et comprend facilement! Je reconnais alors qu’il est nécessaire qu’elle soit dans l’envie d’apprendre pour que cela soit agréable pour nous deux. Même si 21 heures n’est pas forcément un idéal pour moi.

Aujourd’hui, Nayla apprend la géométrie - Juin 2020

Finalement, je sens que je suis poussée malgré moi à aller explorer un peu plus loin, comme si j’étais invitée à une plus grande ouverture sur la notion d’école et d’éducation. Au même moment de ces puissantes inspirations, j’ai des peurs encore plus grandes qui me soufflent à l’oreille «mais il faudrait tout de même que Nayla sache lire et écrire». Je sens tout le poids sociétal de se devoir d’aller à l’école, de cette chance d’être éduqué, de cette nécessité de passer par là! Mais ça, c’est les autres, ce n’est pas ce que je vis.

Viens alors le jour où Nayla reçoit un livre pour apprendre à lire en anglais. J’ai toujours dit que c’était trop dur d’apprendre à lire en français et en anglais en même temps. Mais là, devant mes yeux Nayla commence à lire en anglais. Elle alterne les lectures en français et en anglais et finit rapidement son livre «Splat the cat and the duck with no quack»! Et si c’était moi qui mettais des limites à son apprentissage?

Céline

 

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