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Québec, Printemps 2021

Je me souviens

07 juin 2021

Sur toutes les plaques d’immatriculation québécoise, il y a la phrase : « Je me souviens ». C’est l’emblème de la province. Je n’arrête pas de voir cette devise qui apparaît sur chacune des voitures qui passent.

Plaque d’immatriculation québécoise

« Je me souviens » pour ne pas oublier cette lutte qui finalement a permis au Québec d’exister, pour ne pas oublier ceux qui se sont battus, et que parler français au Canada est une victoire et un combat. Pourtant, je n’arrive pas à m’y habituer. Cette phrase me choque. J’entends dans le « je me souviens », tout le poids de ce qui ne peut être oublié, des normes sociétales, des croyances qui doivent perdurer, de toutes les guerres qui ont éclatés. Je sens un énorme poids m’écraser de tous ces souvenirs que l’on doit glorifier et célébrer, de ce passé qu’on ne peut laisser partir, comme si on était éternellement tourné vers ce qui était. Bien sûr, les nations se bâtissent sur leur fondement et leur histoire, mais les traditions ne sont-elles pas là pour être réinventées à chaque génération ? Les rites de passage sont-ils des célébrations figées ou des initiations qui font du sens pour la génération qui les vit ?

Extrait du livre de An Antane Kapesh dans« Je suis une maudite sauvage ». La page degauche est écrite dans sa langue natale.

Au-delà de ce poids qui m’oppresse, je ressens une grande tristesse. Dans « Je me souviens », la part d’histoire qui touche les peuples autochtones est plongée dans l’amnésie. Comment imaginé que les mêmes formes de colonisation aient perdurer à l’aube du XXI siècles, comme l’explique si bien An Antane Kapesh dans « Je suis une maudite sauvage ». Les mêmes actes ont été perpétués sur des peuples qui avaient alors été isolés jusque-là. Les enfants ont été retirés des familles et placés en internats. L’éducation devient une arme politique. Comment n’avons nous pas à ce moment-là trouvé d’autres manières de faire ou simplement d’être ? Rien qu’en regardant la terre, je ressens. Je ressens les vibrations de peur lorsque les colons sont venus faire la guerre. J’ai la sensation de vivre dans chacune de mes cellules cette torpeur. La terre, elle, se souvient...

S’il était temps de révéler la magie qui vit en nous?

« Je me souviens »

Et s’il était temps de se souvenir non plus du passé, mais de qui nous sommes? S’il était temps de révéler la magie qui vit en nous? De nous révéler, non pas en lien aux blessures du passé, mais de vivre en conscience sur l’écoute de la mélodie de notre coeur. Une reconnexion à soi, à qui je suis.

Céline

 

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