Le Lac St-Jean | Coopération
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Québec, Hiver 2020

Le Lac St-Jean

19 février 2021

Le souffle du vent nous a portés à Québec. Nous avons exploré cette province sur plus de 1’000 km. Pourtant la suite du chemin semble s’esquiver sous nos pas. Cette fois nous sommes en pleine pandémie et aux portes de l’hiver. Après les nombreuses incertitudes et questionnements, nous avions décidé d’ouvrir grandes les portes du monde pour nous laisser guider vers notre prochaine destination.

Notre prochaine destination, le lac St-Jean

Finalement, c’est au lac Saint-Jean que nous sommes appelés. Nous n’avons aucune idée de ce qui nous y attend, mais nous avons trouvé une petite maison dans le village de Saint-Gédéon au bord du lac. Nous faisons confiance à l’univers. Nous allons à nouveau expérimenter l’hiver canadien, cette fois au Québec.

Non loin du fjord du Saguenay, nous avions imaginé des montagnes entourant le lac, pourtant c’est une vaste plaine, les campagnes de la région d’Alma qui nous ouvrent ses portes. Le lac est majestueux. Nous sommes heureux de nous retrouver sur sa rive. Nous avions imaginé nous baigner pourtant la couleur sombre ainsi que le puissant vent glacial qui tourmente les eaux ne sont pas une invitation. À pleine ai-je sorti ma main de l’eau noir qu’elle me brûle, le froid étant accentué par le souffle du vent. Peut-être que nous n’aurons pas le courage de faire un trou dans la glace et de nous y baigner cet hiver, comme nous l’avions imaginé. Même si cela reste une idée en suspens.

Vue sur le lac St-Jean

Pour le moment, les tempêtes semblent se suivre. Chaque jour, le vent est de plus en plus violent, formant de grosses vagues sur le lac qui prend des couleurs ténébreuses. Les éléments se déchaînent et semblent être en phase avec l’intensité de la peur qui ne cesse d’augmenter. Par moment, j’aimerais que le vent se calme, que l’eau s’apaise, mais non, le lac semble prendre toutes les émotions de la population, comme une éponge qui aspirerait le surplus électrique des tensions internes à chacun. L’eau a une mémoire, elle capte les informations qui l’entourent. Là, il me semble qu’elle capte tellement d’énergie de désespoir qu’elle ne peut plus les purifier. Son canal de lumière se réduit, il ne reste que la force impétueuse d’un vent de tourment.

Nayla saute face au coucher de soleil

Les tempêtes s’alignent sur la situation actuelle. La région dans laquelle nous nous trouvons est la pire dans tout le Québec, en fait c’est la pire dans tout le Canada. La pandémie fait rage et les consignes sont de plus en plus strictes. Interdiction d’accueillir qui que ce soit à l’intérieur de sa maison, interdit de se rassembler à l’extérieur, seules les écoles et les entreprises sont encore ouvertes. Alors que le monde entre à nouveau dans un mouvement au ralenti, nous sentons que nous aussi nous sommes invités à ralentir. Finalement, le lac Saint- Jean nous invite à une retraite, une hibernation hors du monde. Nous choisissons alors de nourrir chaque instant de conscience, de choisir l’harmonie et l’équilibre, la douceur et l’amour.

Céline

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