Le Mont Sainte-Anne | Coopération
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Québec, Novembre 2020

Le Mont Sainte-Anne

15 février 2021

Vue sur la station de ski du Mont St-Anne


L’été indien n’est jamais venu cette année. Nous l’avons attendu pourtant nous avons dû faire face à une pluie battante et glaciale. Nous la regardons tomber désespérément en espérant que le soleil fasse son apparition. Les bourrasques ont amené les vents froids du Nord, plongeant la terre dans des températures négatives que la brume a intensifiées. Même la pâle lueur d'une bougie n'arrivait pas à libérer l'humidité qui se déposait dans la tente, sur nos sacs de couchage alors détrempés. Les températures ont chuté sans jamais remonter, la neige a même recouvert le paysage de son manteau blanc. Nous sommes maintenant à Saint-Féréol des neiges, au pied d’une des stations de ski réputées au Québec. Nous profitons alors de découvrir les nombreux sentiers qui parcourent la montagne. Nayla et Fibie s’amusent à rouler sur une piste de vélo tout terrain pour enfant. Fibie réussira même à faire le parcours seule malgré les bosses et les virages serrés.

Fibie roule sur la petite piste de vélo tout terrain

Nous irons explorer une seconde piste, en partie détruite par les puissants vents qui ont fait basculer les arbres. Les filles sont excitées de partir à la découverte des petites surprises le long du parcours. Des pierres peintes en thèmes parfois rigolos, comme les slips ou les superhéros, parfois touchants comme un pingouin et des coccinelles. C’est aussi ici dans une petite piscine privée que Fibie nage pour la première fois. Elle vient juste de comprendre comment reprendre sa respiration, elle qui passe déjà des heures sous l’eau uniquement en apnée. Elle est vraiment fière d’elle et nage maintenant de plus en plus loin et de plus en plus profond. Les filles aiment surtout faire des courses assises à califourchon sur des frites colorées.

Les forêts se déploie à l’infini en direction du nord

Finalement, alors que nous ne l’attendons plus, alors que tout était blanc, une petite vague de chaleur est apparue quatre jours durant. Nous profitons ainsi de rejoindre le sommet du Mont Sainte-Anne. De là, nous avons une vue somptueuse sur les gigantesques forêts du Nord. Elle se déploie à perte de vue et rappelle les espaces sauvages du Canada. Au sud, le fleuve Saint- Laurent apparaît. Il réverbère la lumière de l’aurore sur ses eaux lisses. Assise au sommet, je n’arrive pourtant pas à me relier à la terre. Elle semble figée, insensible comme soumise à trop de contraintes, à trop de perturbations.

Vue depuis le sommet du mont St-Anne

Je vois alors le fleuve se dérouler dans le paysage. Il semble déverser les flots d’émotions soulevés par le confinement et la covid. Toutes ses émotions de peur et d’incertitudes qui explosent dans les villes. C’est un peu comme si la terre avait donné à l’eau cette mystérieuse mission de libérer la population de ses tempêtes du coeur pour les offrir à l’Océan Atlantique qui lui les transformera.

Céline

 

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