Quand cesserons-nous de faire la guerre au vivant? | Coopération
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Québec, Hiver 2020-2021

Quand cesserons-nous de faire la guerre au vivant?

06 mars 2021

La magie de notre Terre

Au Québec, les mesures de confinement sont de plus en plus strictes. La peur et les incertitudes sont pesantes, alors que la solution miracle du vaccin qui devait transformer la société d’un coup de baguette magique n’est pas assez rapide pour l’impatience qui ne cesse de croître. La pandémie et une prise de conscience sur les scénarios catastrophes des effets du réchauffement climatique perturbent les esprits, écrasés sous un sentiment d’impuissance. Lors de nos conférences webinaires, ces préoccupations sont souvent présentes. « Que pensez-vous de l’état de la planète? » « Après avoir vu les baleines sauter, après avoir plongé notre regard dans celui d’un loup, après avoir dormi tant de nuits sous tente bercés par les vibrations de la terre, nous avons la sensation que la terre, elle, va bien. C’est nous qui allons mal, et qui mettons ainsi de nombreuses espèces en danger. »

Comment peut-on encore imaginer que nous devons être responsables de la terre, comme si elle nous appartenait? Comme si elle était une enfant? Comme si elle était inférieure? Tant que nous nous sentirons séparés de la terre, nos décisions seront l’illustration de cette séparation et de cette lutte. La terre est en nous, autant que nous faisons partie de la terre. Prendre soin de la terre et la protéger fait partie de notre bien-être. Tant que nous ne célébrons pas l’interconnectivité, nous ne pourrons imaginer de chemin. Tant que nous nous sentirons séparés de la terre, nous nous éloignerons d’elle et du vivant.

Une harmonie entre nous et la Terre

En vivant sous tente, nous remercions chaque rivière qui nous apporte de l’eau, chaque arbre qui nous offre de l’ombre, chaque souffle qui nous propulse sur notre chemin. Et plus encore, nous sommes à l’écoute du vivant et de l’Invisible, dans les messages que nous recevons quotidiennement. Nayla et Fibie prennent les arbres dans leur bras et demandent lorsqu’elles utilisent une de leur branche. Je n’arrive ainsi pas à comprendre cet acharnement à faire la guerre contre le vivant, à vouloir à tout prix éradiquer les maladies et les combattre. Notre corps, que nous considérons comme la base de notre identité, est constitué de milliards de cellules dont la moitié sont des bactéries et des virus qui nous permettent de vivre. Tant que nous ferons la guerre au vivant, nous ferons la guerre à nous- mêmes. Quand serons-nous capables de choisir le cessez-le-feu? Quand serons-nous capables d’être reconnaissants et émerveillés de tous ces êtres vivants qui nous permettent de vivre et faire l’expérience de l’incarnation?

Fibie et Nayla en paix avec la Nature

L’harmonie n’existe pas, me direz-vous. La loi du plus fort domine les lois naturelles. Cette vision sociétale permet de baser tous les rapports humains sur les jeux de pouvoir et la compétition. Et pourtant, le loup et le corbeau s’entraident durant l’hiver pour trouver de la nourriture. Même les arbres ont compris que la force d’une forêt ne dépend pas des arbres les plus forts, mais du soutien les uns aux autres. Si les plus faibles disparaissent, tous en subissent les conséquences. Les arbres en ont la connaissance intuitive, c’est ainsi qu’ils s’entraident sans condition. Selon Peter Wohlleben dans « La vie secrète des arbres », les arbres communiquent entre eux par des signaux. Ils communiquent olfactivement et chimiquement, mais aussi visuellement et électriquement par les racines, peut-être même par des sons. Les champignons créent des réseaux fongiques qui permettent la circulation d’informations entre de nombreuses espèces végétales et animales. Il y a ainsi un rééquilibrage entre les êtres vivants et les ressources disponibles. Il est peut-être temps de voir la nature avec un nouveau regard, d’une vision plus holistique et harmonieuse de la Vie.

Céline

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