Un confinement qui marque | Coopération
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Québec, Printemps 2021

Un confinement qui marque

17 mai 2021

Les cicatrices douloureuses du confinement

Ce matin, nous venons de recevoir un email d’un couple d’amis vivant en Australie. Il est accompagné d’une photo. Un groupe de cyclistes face à une forêt verte luisante. Dès que mon regard se pose sur l’image, je suis interloquée. Il me faut un moment pour comprendre ce qui m’attire et me bouleverse à la fois. J’intègre rapidement que les couleurs lumineuses m’interpellent. Cela fait quelques mois maintenant que nous sommes baignés dans un monde de blanc, d’autant plus que face à nous se déploie le lac Saint-Jean complètement gelé. Notre horizon ressemble ainsi à une vaste étendue blanche. Les arbres et leurs feuilles vertes sont donc un appel pour moi, comme totalement opposé à ce que je vis actuellement. Un sourire se dessine sur mes lèvres pour souligner cette différence, même si je n’ai pas encore envie que l’hiver se termine. Je continue à observer, et là je réalise soudain pourquoi cette photographie m’ébranle. Un groupe de cyclistes... Ce n’est pas tant le vélo qui me manque, bien sûr nous nous réjouissons d’être à nouveau nomades, mais c’est le groupe. Au Québec, il est interdit de se retrouver en groupe depuis des semaines. Seules quelques activités à l’extérieur sont autorisées. Les contacts sont réduits au minimum, personne ne peut entrer dans les maisons. Nous ne nous sentons pas affectés par la situation parce que réellement, nous avons l’habitude d’être ensemble et dans des lieux reculés. Et malgré cela, malgré que nous ne nous soyons jamais consciemment sentis isolés, je peux soudain ressentir ce confinement. Je comprends alors à quel point l’épisode covid aura un impact sur toutes les générations. Nous sommes des êtres fondamentalement sociaux, or cette coupure restera imprégnée. Même Nayla qui avait l’habitude de sauter dans les bras des gens à oublier. Avec les restrictions au Québec, certaines personnes sont restées coupées du monde extérieur depuis plusieurs mois, sans contact physique.

Alors que les régions les plus touchées doivent vivre l’enfer selon les statistiques présentées, ils n’empêchent qu’ici au Québec, les gens sont lassés. Et dans les régions les moins touchées, la peur est viscérale. Les réactions et mesures gouvernementales sont importantes pour des cas isolés, comme en Australie de l’Ouest. Pourtant au même moment, nous apprenons qu’un Québécois part dans une semaine avec une expédition organisée pour gravir l’Everest. Réalités diverses et variées.

Les peurs sont le reflet de ces vagues d’incertitudes

Chacun est touché, ébranlé dans ses propres croyances et dans ses fondements. Finalement, cette pandémie vient plus encore mettre en éveil notre conception de la Vie. Elle vient la bousculer, la questionner, elle vient nous positionner. Les peurs sont le reflet de ces vagues d’incertitudes, des sentiments d’impuissances, de sa relation à la mort, finalement de sa relation à la Vie, à sa vie.

Céline

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