Un garage humanitaire | Coopération
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Québec, Octobre 2020

Un garage humanitaire

25 janvier 2021

Nous poursuivons notre chemin dans l’Estrie sous une journée pluvieuse.

Alors que nous roulons dans la région de l’Estrie, nous rencontrons Samuel, Judith et leurs deux enfants Ethan et Lucas. Ils ont quitté la Suisse et ont décidé de réaliser leur rêve: ouvrir un garage humanitaire pour les personnes défavorisées au sud de Montréal. Les deux sont passionnés de mécanique et voulaient réaliser une action concrète pour aider leurs prochains. Ce rêve a lentement mûri avant de se concrétiser en 2018. Tout n’a pas été simple et lorsque nous les rencontrons, Samuel vient de recevoir une réponse du gouvernement du Québec. Sa formation de mécanicien est finalement reconnue. Ils sont euphoriques. Judith est aussi contente de rencontrer d’autres enfants avec Ethan et Lucas. Éloignés d’une place de jeux et avec la situation mondiale actuelle, ce n’est pas toujours simple de créer des liens.

Céline et Nayla roulent au pied du Mont Rougemont.

L’ambiance est ainsi chaleureuse. Et c’est avec grand plaisir que nous les écoutons parler de leurs aspirations et leurs projets. Ils ont réellement concrétisé leur rêve et en sont fiers. Judith est Québécoise et elle est aussi ravie de nous expliquer certains aspects de sa province natale.

Elle nous parlera de son arrivée en Suisse et de toutes les règles implicites qui régissent la société et de nombreuses normes qu’elle a transgressées tout en voulant bien faire. Puis nous parlons des sacres au Québec. Nous ne nous en étions même pas rendu compte, pourtant ces jurons sont pour la plupart en lien avec la religion catholique, une forme d’opposition au contrôle de la société par l’élite ecclésiastique dans l’histoire de la province. À partir des années 60, les blasphèmes religieux sont considérés par une majeure partie de la société comme des jurons. Pas forcément acceptés, ils ne sont cependant plus considérés comme une atteinte à la religion. D’ailleurs, de nombreuses personnes ne font plus nécessairement le lien avec l’origine des noms qu’ils utilisent. Toujours est-il que dans la langue parlée certaines expressions ou mots se transforment pour devenir des chapelets d’injures. Souvent, elles seront en lien aux objets de culte, comme l’hostie, le pain sans levain qui est consacré durant le culte pour la célébration de l’eucharistie; le ciboire, le vase sacré qui contient les hosties; le tabernacle, une petite armoire destinée à conserver les hosties consacrées; ou le saint-chrême, un mélange d’huile végétale utilisée lors des onctions pour les sacrements chrétiens.

La récolte tardive des champs de blé contraste avec la couleur des arbres.

Et certaines sont devenues si courantes dans la langue parlée qu’elles sont alors utilisées pour souligner l’intensité d’une émotion négative, positive ou d’une surprise, tel que « Tabarnak; Je m’en câlisse!; Tu me niaises-tu, câlice?; Tu m’énerves, tabarnak! » On peut ajouter aussi « maudit » pour accentuer le tout. Et si on est vraiment fâché: « Hostie de criss de câlice de tabarnak! » Évidemment cela reste un langage perçu comme inapproprié, et pour certain encore blasphématoire.

Alors quelques sacres ont été modifiés et leurs dérivés sont ainsi considérés comme des versions plus douces et acceptables, comme tanernouche ou câline. Ou encore pour exprimer qu’il fait vraiment froid: « Ostie qu’y fait frette! »

Pour nous, c’est toujours un plaisir que d’entendre de nouvelles expressions, simplement parce qu’elles sont un des signes qui marquent le voyage, le plongeon dans la diversité culturelle, et les lumières d’ailleurs.

Céline

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