Un pic-nique par -20°C | Coopération
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Québec, Hiver 2021

Un pic-nique par -20°C

24 mars 2021

Sortie sur le lac par -20°C

Cette fois, le lac est recouvert de neige. Nous dénichons d’anciens skis de fond pour partir explorer le lac. Fibie a de petits skis alpins. Elle est triée par une corde attachée à la charrette Thule que Xavier déplace. Nous l’avons adaptée pour l’hiver en remplaçant les roues par des skis. Nayla, elle, fait du ski de fond avec nous. Nous sommes alors les quatre alignés sur les traces du premier. Nous partons ainsi face à cette gigantesque étendue blanche. Des lignes de crêtes causées par le vent forment des sastrugi. J’aime prononcer ce mot, il m’emmène directement sur les terres sauvages de la Sibérie, étant donné qu’il est un emprunt du russe. Sur le lac, il n’y a aucune barrière naturelle. Le vent transforme ainsi la neige et la sculpte. Il peut être violent, tempétueux. Il transforme ainsi ce paradis blanc en un labyrinthe à la visibilité nulle en moins d’une heure. La neige se soulève alors en de petits cristaux qui balayent et fouettent le visage. Ces vents puissants font aussi chuter les températures ainsi que la température ressentie qui approchent alors des -35°C. Dans de telles conditions, le lac peut rapidement se transformer en un lieu hostile et dangereux.

Une pause dans la tente à l’abri du vent

Aujourd’hui, il y a juste une brise et un soleil radieux. Cela fait longtemps qu’il n’était pas au rendez-vous. Des nuages gris ont tapissé le ciel durant quelques semaines. Ce sont des conditions parfaites pour explorer. Nous partons alors en direction du Nord. Face à nous, il n’y a aucun repère visuel, seule cette étendue blanche qui rejoint l’horizon. Cet horizon nous attire et nous avons envie de poursuivre, mais les filles ont besoin d’une pause. Nous décidons de nous arrêter pour pic-niquer. Il fait -20°C. Nous montons alors la tente pour être à l’abri du vent. Les filles sont surexcitées d’entrer dans leur maison. Elles jouent pendant que nous préparons le repas. Puis nous mangeons à l’intérieur de la tente chauffée par les rayons du soleil.

Nayla bouge pour garder sa chaleur

Nous profitons de déguster un petit thé face à la lumière étincelante que la neige reflète. Pourtant à ces températures, il est nécessaire de bouger constamment. Nayla et Fibie partent faire des dessins dans la neige. Nous replions le camp et rentrons sur nos skis à l’écoute de tous les craquements et bruissements de la neige.

Céline

Un espace infini s’offre à nous


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