Une immensité de glace | Coopération
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Québec, hiver 2020-2021

Une immensité de glace

10 mars 2021

Fresque éphémère

Le lac de Saint-Jean est complètement gelé, un véritable désert de glace de plus de 1’000 km2. De jour en jour, la glace s’épaissit. Par endroit, elle est si limpide qu’elle permet d’imaginer son épaisseur. Ici au Québec, les recommandations sont claires. Une glace bleue et transparente est la plus résistante. Lorsqu’elle est opaque, c’est qu’elle contient un pourcentage élevé d’air ce qui diminue sa résistance, la glace grise est considérée comme dangereuse puisqu’elle contient de l’eau, souvent à cause d’un dégel. En dessous de 7 cm, il ne faut pas s’aventurer sur la glace, à partir de 10cm la pratique de la pêche sur glace est sécuritaire, à 12 cm une motoneige ou un fatbike peut circuler sur la glace et entre 20 et 30 cm une automobile peut rouler sur le lac. Pourtant les courants amincissent le dessous de la glace, c’est ainsi que la population nous a mis en garde de ne pas nous diriger vers le secteur de la Grande Décharge, là où la rivière Saguenay s’écoule et où la glace est dangereuse. Ce lieu a d’ailleurs été celui d’une tragédie l’hiver passé pour un groupe des monotneigistes. Et malgré les températures en dessous de zéro depuis plusieurs semaines, le petit canal qui rejoint un marais juste à l’arrière de notre maison, possède une fine couche de glace qui s’est fendue sous le poids de Xavier. Etant donné que nous longions la rive, les seules conséquences ont été des bottes détrempées et un retour rapide au chaud.

Camping sur l’eau

Ce lac gelé est notre terrain de jeux. Nous profitons alors de patiner sur cette gigantesque étendue qui s’est transformée en superbe patinoire. Au début de l’hiver, les vents violents avaient créé une large barrière de glace enchevêtrée. La pluie et des températures très froides ont ensuite lissé la glace.

Une immensité de glace face à nous

Normalement le lac est rapidement recouvert de neige, surtout dans cette région qui est régulièrement frappée par les intempéries. Mais cette année, les jet-streams se sont déplacés plus au sud et les précipitations ne touchent par la région. Ainsi, ce début d’hiver est très sec et la neige peu abondante. Cela nous permet de profiter de la glace qui continue d’être lissée par le vent. Nous prenons alors les patins et montons la tente sur cette glace limpide, parfois noir. À ces endroits appelé le « Graal » de la glaciation, nous avons l’impression de marcher sur le néant. Nous plongeons alors notre regard pour tenter de voir l’épaisseur de la glace, mais nous avons la sensation de regarder l’infini, qui par moment nous emmène à la limite du vertige.

Un coucher de soleil sur la glace

Céline

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