Une lutte pour exister | Coopération
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Québec, Hiver 2020

Une lutte pour exister

28 février 2021

Sous les couleurs du Québec 

  • «T’as-tu ta tuque?» (Est-ce que tu as ton bonnet?)
  • «Mon chum n’est pas là aujourd’hui.» (Mon partenaire est absent)
  • «Oui oui, ma blonde arrive, là, là.» (Oui, ma femme arrive)
  • «C’est niéseux!» (C’est dommage!)
  • «C’est écoeurant!» (C’est super!)
  • «C’était ben fun de jaser avec toi» (c’était sympa de parler avec toi)
  • «Tu cognes des clous!» (tu piques du nez)
  • «Se pogner le bacon» (glander)

Ici au Québec, la liqueur c’est une boisson pétillante et la limonade du jus de fruit, les gosses c’est les testicules et «faire la queue» c’est l’organe reproducteur masculin. Les débarbouillettes sont les gants de toilette, achaler, veut dire importuner et un maringuouin est un moustique. Évidemment, nous sommes ravis de rire avec les mots, et de se rendre compte que nous aussi venant de Suisse, nous avons nos expressions à nous. Pourtant, si nous sommes enchantés de plonger dans ces différences qui créent le Québec, il n’en reste pas moins un point de susceptibilité. Le français au Québec n’est pas un sujet à prendre à la légère. D’autant plus qu’au Canada, il est vraiment important de conserver un consensus. Il est très rare qu’une personne dise non. Elle préférera éviter par tous les moyens d’entrer en opposition, quitte à simplement ne plus donner signe de vie. Toute forme de critique est perçue comme une sorte de confrontation. Ainsi, même à l’école, toute remarque est enrobée d’un commentaire positif.

Fibie est vêtue de sa tuque.

La menace de l'Anglais a été perçue par les Québécois comme une forme d’oppression. Au niveau de la langue, cette sensation d’oppression est encore bien réelle. Le Québec se sent opprimés dans un coin de l’Amérique du Nord, comme si son existence était liée à cette bataille.

Caroline, rencontrée le long de la route, avait même la sensation que le Québec s’apparentait à un adolescent qui a besoin de s’affirmer, par rapport au reste du Canada, de la France, et du monde. C’est ainsi que les Québécois font un point d’honneur à utiliser les mots « arrêt » sur les signalisations routières, ils vont magasiner, ils partent en fin de semaine, il font du ballon-panier, du vélo aux pneus surdimensionnés et vont mettre la voiture sur le stationnement. Ils sont ainsi surpris lorsque d’autres francophones parlent de stop, de shopping, de week-end, de basketball, de fatbike ou de parking. Ils prennent alors grand plaisir à signaler ces expressions anglophones. Pourtant, nous remarquons que d’autres mots se sont glissés dans la langue, tels que les jokes, le bacon, c’est le fun, checker, les wipers (les essuie-glaces), je te catche la semaine prochaine! Pour, nous ce sont simplement des expressions, pour eux c’est une nécessité, pour se protéger et exister.

Au Québec, c’est le signe « arrêt » que l’on peut lire sur les routes.

C’est ainsi qu’entre le Canada francophone et anglophone, ils ne sont pas d’accord sur le premier explorateur qui a découvert le Canada. Dans les manuels scolaires d’histoire en français c’est Jacques Cartier qui explora le golfe du Saint-Laurent en 1535 dans ceux en anglais John Cabot avec la découverte de Terre-Neuve.

Céline

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