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2018, annus horribilis pour Facebook

31 décembre 2018

 

Comme beaucoup d'utilisateurs Facebook en cette fin d'année, vous avez sans doute vu apparaître une rétrospective personnalisée de 2018 dans votre fil d'actualité. Le réseau social, ou plutôt l'un de ses algorithmes, pioche dans vos photos et vos posts pour concocter une vidéo censée vous remémorer les événements marquants du millésime écoulé. Le journal britannique The Guardian, lui, a eu la petite mesquinerie d'en faire une sur... l'année 2018 vécue par Facebook. 

Car ces douze mois n'ont pas été de tout repos pour la firme de Menlo Park, qui a enchaîné frasques et boulettes à un rythme effréné. Accusations du procureur Robert Mueller dans l'ingérence russe lors de la campagne de Trump, en février. Scandale Cambridge Analytica en mars. Audition tendue de Mark Zuckerberg devant le congrès américain en avril. Perte d'un quart de la valeur de l'action Facebook avant l'été. Une cinquantaine de comptes piratés en septembre. 

Jusqu'à la révélation des accords secrets avec Spotify et Netflix en décembre, qui permettent à ces géants du streaming d'aller consulter en toute discrétion les messages privés des utilisateurs de la plateforme. Une nouvelle affaire bien embarrassante surgie par hasard juste avant les fêtes, alors que le parlement britannique venait de saisir 250 pages de documents internes de l'entreprise, et que le New York Times enquêtait en profondeur sur les pratiques douteuses de celle-ci. 

Paroles, paroles et paroles...

Comme d'habitude, avec son air d'adolescent qui relativise tout, Zuckerberg s'est fendu d'un message de fin d'année aussi angélique qu'agaçant. «J'ai beaucoup appris en me concentrant à résoudre ces problèmes et il y a encore énormément de travail qui nous attend. (...) Je suis fier des progrès que nous avons réalisés en 2018 et reconnaissant envers toutes les personnes nous ayant permis d'avancer jusqu'ici.» 

A le lire, on garde toujours cette impression que le boss de Facebook découvre les erreurs de sa société en même temps que la planète entière. Qu'il se rend soudain compte à quel point certains de ses choix étaient «inappropriés», à l'image de ces tonnes de contenus censurés par les logiciels du réseau social. Alors qu'ils étaient carrément irrespectueux, dangereux ou guidés par une cupidité sans limites. Bref, malgré ses casseroles, Facebook aime encore et toujours s'ériger en victime. Il faudra sans doute un peu plus que cette rengaine usée pour convaincre l'utilisateur 2019 de rester. 


Et quelques liens

Publication Facebook de The Gardian

Facebook: comprendre le scandale Cambridge Analytica

Zuckerberg «fier des progrès réalisés» par Facebook après une année difficile