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Artiste, comment gagner sa vie grâce aux réseaux sociaux?

14 novembre 2018


Plantons le décor. Vous êtes artiste et vous désirez faire la promotion de vos œuvres grâce aux plateformes sociales sur le web. Super. Surtout, tout travail méritant salaire à vos yeux, vous aimeriez que votre génie créatif puisse vous rapporter de l'argent. Encore mieux. Quelles sont alors les options qui s'ouvrent à vous? En la matière, deux paradigmes semblent dominer sur le Net: mettre gratuitement à disposition son art mais se faire rémunérer par des annonceurs, ou être payé directement par les amateurs de ses créations afin qu'ils y aient accès et en profitent. Sacré dilemme n'est-ce pas. 

Bien qu'elle paraisse plus compliquée, la première solution s'avère être la plus répandue à notre époque. C'est le modèle de Facebook, Instagram, Snapchat et surtout YouTube. Vous postez vos vidéos, vos images, vos fichiers audio sur un support à la fois gratuit pour vous et pour les autres. Tout le monde peut jouir de vos chefs-d’œuvre, la subtilité se jouant autour de ces derniers: des entreprises paient, elles, pour faire figurer leurs publicités et leurs produits dans le décor. Un peu comme si l'on collait des affiches publicitaires entre les tableaux d'une galerie d'art. Etrange concept a priori, pourtant ça marche. 

Des artistes, influenceurs mode ou encore photo, gagnent confortablement leur vie sur Instagram ou Snapchat en intégrant sur mandat rémunéré des produits de clients. Ou en suivant certaines consignes de mise en scène. Certes, cette création parfois "orientée" ou disons "suggérée" est soumise à certaines contraintes, or les artistes rêvent généralement de liberté totale pour créer. Pourtant, l'œuvre la plus célèbre de Maurice Ravel, et l'une des musiques les plus iconiques du répertoire classique, le Boléro, n'était-elle pas à la base une partition composée sur commande d'un tiers? 

Les amateurs vous financent

Si malgré ces arguments vous préférez conserver vos pleins moyens créatifs et vous affranchir des directives, il reste en rayon l'autre paradigme: laisser libre cours à votre imagination et être directement rétribué par les destinataires de vos œuvres. C'est par exemple le concept de la plateforme Patreon, lancée en 2013, et qui connaît un succès grandissant. L'artiste y poste en effet ses créations contre investissement des clients. Ceux-ci peuvent financer ponctuellement une œuvre pour qu'elle soit réalisée et/ou visible, ou alors verser une somme sur base régulière, comme on octroie un salaire. Les avantages sont évidents pour les créateurs, qui n'ont pas à s'encombrer des directives finalement peu concernées par l'art des annonceurs. 

En outre, contrairement au modèle YouTube qui requiert d’être très populaire pour gagner un revenu convenable (sinon les publicitaires ne vous voient même pas), le modèle Patreon permet à un artiste un peu plus confidentiel de survivre, tant qu’une base de mécènes est constituée. Bémol global toutefois: la plupart des plateformes étant américaines, les règles qui s’y appliquent peuvent s’avérer incompatibles avec certains registres artistiques. Si vos créations manient la nudité, les représentations trash ou l’humour très noir, le mécénat 2.0 contemporain pourrait ne pas être un long surf tranquille.


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