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14 millions de messages privés publiés, vraiment?

15 juin 2018

Des gens qui connaissent mal Facebook + un réseau social aux pratiques opaques… Il n'en faut pas plus pour que les légendes urbaines pullulent autour de l'entreprise de Mark Zuckerberg. La dernière en date concerne ainsi cette histoire de millions de messages privés que Facebook, par erreur, aurait rendus consultables par n'importe qui. A lire nombre de titres d'articles parus ces derniers jours, Facebook a donc «rendu public» voire carrément «publié» près de 14 millions de «messages privés» de ses utilisateurs. Présenté comme ça, c'est une sacrée bombe. Mais désolé de vous décevoir, la réalité est bien moins sensationnelle.

Commençons par examiner ces fameux «messages privés»… qui en fait n'en sont pas. L'incident a touché les posts apparaissant sur le fil d'actualité de l'utilisateur, et non les contenus rédigés dans le cadre de la messagerie instantanée Messenger. Non seulement la transmutation magique de «post en mode privé» en «message privé» révèle une volonté un peu forcenée de traduire à tout prix en français un mot, certes anglophone, mais pourtant bien compréhensible et précis dans le vocabulaire facebookien, mais elle est également tendancieuse. Dire que Facebook a laissé fuité des messages intimes plutôt que des publications sur le temps qu'il fait est évidemment un brin plus tapageur en tête d'article.

Enième affaire pour le réseau

Ce qu'il s'est passé, alors? Un bug logiciel resté inaperçu entre le 18 et le 27 mai, effet secondaire de tests menés par l'équipe informatique. Pendant une dizaine de jours, reconnaît Facebook dans un communiqué, certains utilisateurs désirant poster quelque chose dans leur newsfeed se sont vus uniquement proposer par défaut le «mode public» avant de valider la manip, le sélecteur d'audience étant pour eux resté bloqué, alors qu'en principe c'est le mode privé qui s'enclenche si aucun choix préalable n'est opéré.

Bien sûr la bourde est fâcheuse. Surtout en cette délicate ère post-Cambridge Analytica, où le réseau social aimerait désespérément pouvoir remettre un coup de polish sur son image froissée par maints scandales. Reste que le mal, s'il existe, est probablement moindre que celui présenté par les articles à clic.

Même lorsqu'ils sont publiés en mode privés, les posts sont généralement lisibles par 50 à 500 personnes, fourchette moyenne de l'effectif des listes de contacts des utilisateurs en 2018. Or on publie rarement sur son fil d'actualité des choses délicates quand on sait qu'au bas mot une centaine de personnes, amis, collègues, famille, peuvent y accéder. Et si on le fait, mieux vaut changer ses habitudes car il y a danger. On sait par exemple depuis des années qu'au regard de la jurisprudence, le fil Facebook est légalement un espace public, même lorsque les publications ne s'adressent qu'aux amis…

Et quelques liens

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