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Sur Facebook, nous sommes maintenant tous des Adam et Eve

12 décembre 2018


Dans le (prude) monde selon Facebook, voilà bien longtemps que la nudité des êtres humains n’existe pas. Elle n’est qu’une rumeur ou, au mieux, une anomalie, qu’il faut rapidement corriger. Et ça ne va pas aller en s’arrangeant. Dans le monde selon Facebook, millésime 2019 cette fois, les êtres humains n’ont pas non plus de relations charnelles. Ce sont les nouveaux standards de communauté qui l'affirment.

Le réseau social vient en effet d’ajouter un article assez controversé à sa charte destinée aux utilisateurs. Dans ce texte approuvé par tous les inscrits, un ajout datant de quelques semaines stipule désormais que les «sollicitations sexuelles» sont interdites sur la plateforme. Vous vous dites, certes, que ceci vise à protéger les personnes mineures des prédateurs 2.0 de toutes sortes, et que la mesure est alors plutôt sensée. Mais pas seulement. 

Rien à déclarer, ou presque

A regarder l’article d’un peu plus près, on découvre qu’est rigoureusement proscrit tout contenu qui «facilite, encourage ou coordonne les rencontres sexuelles entre adultes». Hum. Des adultes, libre, majeurs et consentants, qui ne peuvent plus ni draguer, ni parler de sexe, ni organiser leurs coups d’un soir. Facebook bannit notamment la simple mention «de rôles sexuels, de positions, de scénarios fétichistes». 

Ce qui reste autorisé? Communiquer son orientation sexuelle sur un mode purement administratif, façon carte d’identité. Hétéro. Gay. Bi. Pansexuel. Pas intéressé… Une réduction sévère de liberté qui, évidemment, a fait hurler de nombreux observateurs de la Toile. Un rédacteur du site Techdirt regrette notamment qu’Internet soit «en train de perdre ce qui faisait de lui un endroit spécial: quelque part où l'on pouvait se renseigner sur tout un tas de sujets, rencontrer des personnes différentes et apprendre des idées nouvelles». 

Une conception plutôt religieuse de l'amour

Le réseau social, déjà réputé pour son puritanisme légendaire et sa chasse impitoyable aux parties génitales et tétons (féminins exclusivement, les tétons), ressemble de plus en plus à un jardin d’Eden numérique. On n’y circule pas nu, on n’y croque pas non plus de pommes, au risque de se voir banni de ce paradis bleu. Facebook, au-delà des considérations judéo-chrétiennes omniprésentes outre-Atlantique, cherche peut-être aussi à aiguiller les utilisateurs vers son nouveau service Date, dédié aux rencontres amoureuses. 

Mais avant même le lancement de celui-ci, l’entreprise de Mark Zuckerberg s’empressait de préciser que cet outil de dating n’était pas pensé pour trouver des coups d’un soir, et serait donc différent d’un Tinder par exemple. Faisant comprendre au passage sa vision dogmatique du couple, où aucune histoire d’amour réelle ne peut naître du sexe sans sentiments. Ce qui nous fait dire que les têtes pensantes de Facebook feraient bien de suivre, un jour, des cours de psychologie de base.


Et quelques liens

Facebook - Standards de la communauté

After Getting FOSTA Turned Into Law, Facebook Tells Its Users To Stop Using Naughty Words

Facebook lance son site de rencontres dating