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Y aura-t-il un prochain grand réseau social?

27 novembre 2018

Depuis que Facebook règne sur le monde, c’est une habitude, on scrute l’horizon en essayant de repérer à l’avance celui qui arrivera à le détrôner. Un exercice de divination notamment très prisé par la presse écrite et ses observateurs attentifs, nous les premiers... On ne compte ainsi plus les articles aux titres prophétiques du genre «Untel, le tueur de Facebook», ou «Tel autre, le nouveau réseau social qui va remplacer Facebook», ayant garni les pages des médias au cours de la décennie. Autant le dire tout de suite: en la matière, on s’est pas mal fourvoyé.

Google+? Un raté toujours incompréhensible pour la firme de Mountain View, qui a lentement mais sûrement glissé vers les oubliettes au lieu d’enterrer le géant bleu. Et puis qui se souvient de Diaspora, Vine, Path, Ello, Wizu, Erodr, Whaller, Vero...? Tous des challengers motivés, aux débuts parfois très médiatisés, qui ont voulu s’attaquer à l’Everest en haut duquel se tient toujours Mark Zuckerberg pour les narguer tous. Avant de terminer dans les limbes, ou pire, l’indifférence des internautes. 

Mark et les haricots magiques

Mais si personne n’est encore parvenu à transformer Facebook en ringard total, certains projets ont clairement cassé son monopole et passent encore, soit pour des successeurs naturels, soit pour des alternatives crédibles. On pense par exemple au phénomène Pinterest, qui a très bien tiré son épingle du jeu dès 2012 et a survécu au duel avec Facebook, et surtout à Instagram, dont l’émergence spectaculaire dès 2011 a préparé l’avènement d’un nouveau boss planétaire du réseautage social. Malgré cette concurrence acharnée, parfois rachetée à coups de milliards de dollars, Facebook est pourtant toujours là. 

Puis, tous les yeux se sont tournés vers Snapchat en 2013. L’appli lancée par Evan Spiegel et Bonny Murphy, avec son orientation vidéo éphémère, a rapidement été vue comme celle qui allait révolutionner l’univers des réseaux sociaux. La société de Palo Alto a d’ailleurs tenté de s’en emparer, sans succès. Snapchat, sûr de lui, ivre de son succès, avait toutes les cartes en main pour changer le visage du social networking et s’imposer comme le nouveau roi du secteur. Ce qu’il a fait… en partie. 

Braquage entre malabars

Après avoir rapidement conquis les utilisateurs, de votre voisin de pallier aux stars de votre télé, s’imposant dans les mœurs 2.0, l’appli a fini par avouer quelques faiblesses au premier semestre 2018. En cause? Les Thénardier Facebook et Instagram, qui ont allègrement pillé et exploité les innovations proposées par Snapchat, menant la vie dure au petit nouveau. Profitant de leur vivier impressionnant d’utilisateurs (plusieurs centaines de millions) et de leur popularité acquise de longue date, les deux poids lourds ont réussi à ramener tous les atouts séduction de leur côté. 

Au point que l’appli d’Evan Spiegel est aujourd’hui en crise. Ce qui a faisait autrefois sa fortune est désormais ce qui pourrait causer sa perte: les jeunes. Ceux qui avaient massivement déserté Facebook pour une plateforme plus fun sont actuellement en train de faire le chemin inverse, réembarquant sur le navire Facebook (sans forcément le savoir) en ralliant la pop star du moment Instagram. Conséquence de cet exode, pour la première fois de son histoire, le petit fantôme blanc sur fond jaune a vu fondre les effectifs de ses fans, et ce dans toutes les régions du globe, à partir de janvier 2018. Deux millions d'utilisateurs au cours du seul troisième trimestre de cette année. 
L'avenir tourne en boucle

Et en dépit d'un chiffre d’affaires très confortable, la fuite des adeptes du snap met en danger l’entreprise, qui est déjà obligée de songer à une reconversion d’urgence au cas où. Le constat est sans appel. Désormais, aucun nouveau réseau social ne semble en mesure de mettre fin à la domination facebookienne. Depuis l’avènement de Snapchat, il y a cinq ans, on n’a pas vu croître de concurrent de taille. Ceux qui cartonnent aujourd’hui étant ceux qui cartonnaient déjà une demi-décennie auparavant, tels Twitter, WhatsApp ou VKontakte. 

On comprend pourquoi: dès qu’une initiative inédite pointe son nez sur la Toile, elle est vite gobée par les quelques mastodontes du milieu, parmi lesquels l'ultra fortuné empire Facebook, au moindre signe de vigueur menaçante. Faut-il dès lors penser que le social networking en ligne sera condamné à s’éteindre avec les dinosaures qui l’ont fait émerger? Si l’approche des réseaux sociaux n’évolue pas ou peu, c’est bien probable. Après Facebook, le déluge.

Et quelques liens:

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