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Comment les fesses sont devenues la nouvelle obsession d'Internet

04 mars 2019


Vous pensiez que les chats étaient les stars des réseaux sociaux? Certes. Mais ils ne sont plus tout à fait les seuls. Depuis plusieurs mois, les fils d’actualité de Facebook, Snapchat et surtout d’Instagram et de Tik Tok sont littéralement envahis par les fesses. Oui, des postérieurs, des culs, des séants, des popotins à profusion, en majorité féminins. Une partie du corps humain qui semble être la plus expressive et la plus esthétique du moment. 

On ne compte ainsi plus les photos de globe-trotters posant le fessier à l’air sur un site remarquable. Ou encore les selfies d’utilisatrices qui s’immortalisent dans une posture mettant particulièrement en valeur la région la plus rebondie de leur anatomie. C’est d’ailleurs devenu un exercice particulièrement populaire sur Instagram, qui a même plusieurs sobriquets, tels que «wedgie» ou «belfie». Entendez le fait de mettre en avant sa croupe en se photographiant depuis derrière, de profil, en contre-plongée… 

Au centre des attentions

Tous les effets de style sont bons pour rendre ses fesses saillantes. Même si certains accessoires vestimentaires aident aussi à réussir la prise de vue: un jean, un jogging ou un maillot de bain taille haute, ou alors un short moulant, de préférence ultracourt. Des codes qui semblent avoir émergé il y a quelques années grâce aux performances onlines d’influenceuses comme Kylie et Kendall Jenner, Kim Kardashian, Beyoncé ou Emily Ratajkowski. 

Ce sont en effet elles qui lancèrent la mode du #BambiPose, qui consiste à se prendre en photo à genoux, les cuisses légèrement décollées des mollets, avec le dos cambré, afin de donner toute sa majesté à son arrière-train (on n’a pas dû voir le même Disney). On pense également au buzz suscité par Pippa Middleton dont le postérieur, avantageusement souligné par la coupe de sa robe, avait quasi monopolisé les regards lors du mariage de sa sœur Kate et du Prince William en 2011. 

La marque Levis elle-même a rapidement suivi la tendance en proposant des coupes près du corps mais plus hautes qu’auparavant, histoire de répondre à ce nouvel engouement fessier. Mais dites, pourquoi donc les internautes sont-ils devenus des callipyges exhibitionnistes et/ou des appréciateurs de popotins en puissance? 

Sur les plages de Rio

Une première partie de la réponse est probablement à trouver du côté des codes esthétiques féminins valorisés en Amérique du Sud et qui ont déferlé sur les USA et l’Europe à partir du début des années 2010. Est-ce dû à la surreprésentation des mannequins brésiliens à la fin de la décennie précédente? Gisele Bündchen, Adriana Lima, Alessandra Ambrosio, Isabeli Fontana ou encore Izabel Goulart, aux courbes omniprésentes à l’époque sur les podiums et dans les magazines, ont effectivement créé une rupture avec l’esthétique antérieure qui valorisait d’abord l’allure longiligne et sèche à la Kate Moss. 

Le fitness, qui aujourd’hui influence l’idéal plastique du corps moderne, a en outre beaucoup contribué à mettre en avant le derrière, avec des hommes et des femmes pratiquant volontiers des exercices qui renforcent et amplifient les courbes du fessier. Sans oublier les très commentées prestations de la chanteuse Miley Cyrus, qui «twerkait» sans modération sur les scènes de 2013 et 2014. 

Contourner la censure

Mais il y a peut-être une autre raison, plus politique, à cette multiplication des postérieurs à l’écran: c’est l’un des rares régions «sexualisées» du corps qui échappent plus ou moins encore à la censure des géants d’Internet. Facebook, Apple ou Google ont tellement fait la guerre, pendant des années, aux seins féminins et aux organes génitaux dénudés, que les internautes n’imaginent pas une seconde essayer de se rendre désirables en les montrant en ligne. 

La censure des tétons ou des pubis trop audacieux est en effet presque immédiate et dommageable pour son compte – suspension, voire suppression de son profil par les modérateurs au motif qu’on a enfreint les règles de la communauté. Et ce, malgré les mouvements de contestations, comme le célèbre #FreeTheNipple lancé en 2012 puis repris de manière très médiatisée par les Islandaises quelques temps plus tard. Bref, pour jouer avec le soufre sur internet et émoustiller le chaland sans être ostracisé, il ne reste logiquement… que son popotin. 

On n'en peut plus

Et c’est bien ce que semblent actuellement faire les utilisateurs des réseaux sociaux lorsqu’ils veulent se représenter en mode sexy. Nul besoin, d’ailleurs, de trop en faire dans le registre naturiste: mettre en avant ses hanches et ses fesses suffit à «resexualiser» ce corps que les réseaux sociaux ont longtemps caché derrière les voiles de la pudibonderie anglo-saxonne.

Certains internautes commencent même à faire dans la surenchère pour sortir du lot et faire monter la température, avec tous les risques de dégringoler du côté du mauvais goût plutôt que de la gentille sensualité. Des popotins toujours plus visibles, toujours plus gros. La dernière mode sur Instagram est d’utiliser l’outil Boomerang et sa mise en boucle d’une courte vidéo pour mettre soudain en mouvement son derrière... Avouons que là, on en vient à regretter que Facebook et consorts ne s'acharnent que sur les poitrines.


Et quelques liens


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